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De gaulle, hier et aujourd’hui

Le 18 juin 2010, Dominique de Villepin, ancien Premier Ministre de Jacques Chirac, lançait un nouveau parti politique, République Solidaire, autour des valeurs gaullistes et républicaines, signe évocateur de l’attrait et du prestige qu’exerce encore aujourd’hui le gaullisme dans la vie politique française.

Mais qu’est-ce-que le gaullisme ? Valeur de la droite bonapartiste ralliée à la République (René Rémon), ou bien plutôt mouvement plébiscitaire voué à fédérer la droite « à la hussarde », au delà de ses clivages traditionnels et autour d’une « certaine idée de la France », celle de la Grandeur (JP Roux) ? Pratique pragmatique du pouvoir faite d’improvisations, de crises, de reculs, d’échecs, mais aussi de réussites, et le tout décidé par un seul homme, ou bien, tout simplement, mouvement intrinsèquement révolutionnaire, en rupture profonde avec les habitudes politiques de son temps, basé à la fois sur l’ordre et le progrès social ?

En d’autres termes, si le gaullisme, de par l’éclatement et la multiplicité des personnalités et des partis politiques qui s’en revendiquent, demeure aujourd’hui une notion extrêmement floue et difficile à définir, c’est parce que la question sur son héritage (dont se réclament la droite comme la gauche) reste posée : n’est-ce qu’un avatar de cette droite immobiliste et autoritaire, dénoncée dès 1968 par un Daniel Cohn Bendit à travers « la France de Tante Yvonne » et son triptyque « école-caserne-usine » ? Ou bien être gaulliste, n’est-ce pas plutôt « être révolutionnaire », comme le revendiquait un certain Nicolas Sarkozy, un après-midi de juin 1975 ?

De Gaulle, malgré l’image de « droitier autoritaire » qu’on lui a parfois -et non sans raisons- prêté, n’avait-il pas raison en prophétisant à l’écrivain David Rousset , au cœur des événements de mai 1968 que « la gauche se réclamera[it] de [lui] après [s]a mort » ?

En fait, pour résumer, et comme le remarquait justement Dominique Perben, « il y a autant de définitions du gaullisme que de gaullistes », aussi les discours politiciens actuels s’en revendiquant comme d’une globalité relèvent-ils de la pure démagogie.

Un fait demeure, seul, incontestable : le gaullisme exerce une influence comme nul autre pareil sur le régime pour lequel il a été fondé. De par, certes, l’esprit et la place qu’il a donné à nos Institutions, mais également et surtout sur le fond, de par les orientations politiques poursuivies par nos dirigeants actuels.

Commençons par le plus éclatant, avec ce qui reste l’héritage gaulliste le plus valorisé : la conception d’une « certaine idée » du rôle de la France dans le monde, reprise par la quasi-totalité de la classe politique française, passée comme actuelle. En ce sens, cette dernière a fait sienne la fameuse phrase du Général selon laquelle « la France ne peut être la France sans la grandeur ». Ainsi, quel homme politique français remettrait aujourd’hui sérieusement en cause l’indépendance militaire et la stratégie nucléaire « du faible au fort » ( même si cette dernière a été depuis complétée par celle « du fort au fou »), décidées par le Général, et qui guident aujourd’hui encore l’ensemble de notre doctrine de défense ? Quel homme d’Etat, n’a pas repris -tout du moins dans ses discours- la diplomatie de grandeur du Général lorsque celui-ci, se prononçant sur les grands événements de son temps, condamna l’intervention américaine au Vietnam, à Phnom Pehn, le 1er septembre 1966, ou s’enthousiasma pour le Québec francophone (« Vive le Québec Libre! Vive le Canada Français! Et vive la France! ») à Montréal le 23 juillet 1967 ? Tous ont tenté d’imiter ce véritable « magicien du verbe »(J-M Gaillard) que fut le Général. L’exemple le plus marquant est peut-être le retentissant discours à l’ONU de Dominique De Villepin, le 14 février 2003, sur le refus français d’avaliser une intervention militaire en Irak, discours d’ailleurs applaudi par l’ensemble de la classe politique française, signe d’un profond consensus.

Autre legs, mais beaucoup plus condamnable celui-là, à tel point qu’aucun homme politique n’ose aujourd’hui s’en réclamer ouvertement, c’est, bien sûr, la « Françafrique »

Paradoxalement, cette notion naît là encore de cette « certaine idée » du Général De Gaulle du rôle de la France, idée qui nécessitait à ses yeux l’indépendance énergétique et une certaine influence, politique, économique, et culturelle en Afrique Noire, destinée à rester, de facto, le « pré carré » français. C’est pourquoi, dès l’accès à l’indépendance de cette région, lors du démantèlement des Empires coloniaux, se met un place un réseau informel et occulte entre la France et les anciennes colonies, pour la plupart françaises, mais également belges (Rwanda, République Démocratique du Congo) et même non-francophones (Guinée Equatoriale, Angola), dans le but de défendre nos intérêts stratégiques (permanences des bases militaires françaises) ou économiques (accès préférentiels des multinationales françaises aux ressources de ces pays), et cela selon des procédés parfois peu glorieux : détournements d’armes, assassinats politiques, soutien aux dictateurs en place (assistance financière et militaires aux sécessionnistes du Biafra 1967-1968, et aux régimes gabonais, en 1964, et tchadien, en 1968.)

Malheureusement, la vie politique française d’aujourd’hui n’a pas rompu avec ces vieux démons. Nicolas Sarkozy n’a t-il pas été le premier chef d’Etat non-africain à recevoir Ali Bongo, le successeur – très contesté- de son feu père Omar, dès le 20 novembre 2009, après l’avoir aidé à consolider son pouvoir face à l’opposition démocratique et aux critiques l’ONU? Certains diront que là résidait l’intérêt supérieur de la France. Sans doute ont-ils raison. Mais on ne peut nier que la Françafrique, déjà condamnable par les moyens qu’elle emploie, a été manipulée par ceux-là même qui prétendaient l’utiliser au nom de la France, et cela pour des fins uniquement partisanes ou personnelles. Que dire ainsi d’un Charles Pasqua, condamné en première instance pour son rôle dans l’ « Angolagate », cette affaire de vente d’armes au gouvernement angolais du Président Dos Santos, en 1994, alors que le pays était plongé dans une violente et meurtrière guerre civile qui a fait près d’un million de morts majoritairement civils ? Là encore les plus machiavéliques y verront l’intérêt de la Nation. Soit. Mais comment justifier le versement de commissions à l’ex-Ministre de la République, commissions notamment utilisées pour le financement de son propre parti d’alors, le Mouvement pour la France ? Comment ne pas y voir un stratagème partisan ignoble, et précisément, sans grandeur ?

Cette relation occulte et discrète a en outre dépassé les simples cercles gouvernementaux, pour s’étendre à l’ensemble de la classe politique : comment en effet qualifier les relations ambigües qu’entretiennent certains ténors socialistes de l’époque mitterrandienne, comme par exemple ceux qui ont longtemps cherché à excuser d’un Laurent Gbagbo, l’actuel, et illégitime président de Côte d’Ivoire, cela même après les élections usurpées de décembre 2010? Que dire ainsi d’un Jack Lang qui a longtemps plaidé pour son « ami » Gbagbo, avant de s’en éloigner très tardivement ? Que dire aussi d’un Roland Dumas offrant ses « bons offices » de médiation, initiative à peine voilée pour permettre une sortie digne au même Président-dictateur ? Dans le reste de l’opposition, que dire enfin des rencontres-passées sous silence- entre François Bayrou et Jean-Marie Le Pen avec Omar Bongo lors de la campagne présidentielle de 2007 ?

Enfin, toujours au sein de ces liens sulfureux, comment différencier les différents responsables de la « cellule Afrique » de l’Elysée (Jean-Christophe Mitterrand et Claude Guéant en tête), de Jacques Foccart, le premier d’entre eux (sous les présidences De Gaulle, Pompidou, et Chirac), ce même homme dont de Gaulle disait sans pudeur que, « quand c’est moi qui pète, c’est lui qui pue » ?

Retournons enfin sur l’un des héritages les plus ambigus du gaullisme : la construction politique d’une l’Europe communautaire. On présente souvent De Gaulle, comme une sorte d’ «  irréductible Gaulois », défendant tout azimut la souveraineté de la France, avec, pour exemple, le fameux Compromis de Luxembourg (30 janvier 1966), où il imposa un vote à l’unanimité des Etats membres sur les questions portant atteinte « aux intérêts vitaux » de ceux-ci. En somme, dans un suprême élan de nostalgie, il s’agit, pour les plus conservateurs, d’opposer la très franchouillarde conception gaulliste de la Nation face à l’idée d’une « l’Europe transnationale » inconnue, impersonnelle et lointaine, qui paraît l’avoir précédé, et succédé.

Mais la réalité apparaît éminemment plus complexe : d’une part, de Gaulle, en dépit de ses virulentes critiques et manifestations de désaccord, a, dès le début, accepté le principe d’une Europe politiquement unie. Ainsi, il n’a jamais remis en cause le Traité de Rome du 25 mars 1957, ou encore n’a jamais cherché à sortir d’une quelconque institution communautaire. Mieux, c’est pendant la période gaullienne qu’à été adopté le premier des élargissements institutionnels des Communautés Européennes, dit Traité de Fusion des Exécutifs, le 8 avril 1965.

En revanche, il a tenté d’en modifier les règles et la méthode d’élaboration. À l’idée profondément novatrice, égalitaire et démocratique de fédéralisme, prônée tout au long de la IVème République, il a imposé, celle, beaucoup plus réactionnaire, d’un directoire des Etats, et, plus particulièrement des plus grands d’entre eux. Aussi, sa conception d’une « Europe des Nations » doit être interprétée comme celle d’« une Europe des Grandes Nations ». C’est pourquoi il s’est employé, très tôt, dès 1961, à convaincre l’autre grand Etat de l’Europe des Six, la RFA, de s’associer en un« binôme franco-allemand moteur ». A cette fin, il achève la réconciliation franco-germanique, le 22 janvier 1963, avec la signature du fameux « Traité de l’Elysée ».

Cette technique sera, dans les faits, reprise par l’ensemble de ses successeurs qui se rallieront, sans exception, à cette notion de « directoire des Grands ». Ainsi en est-il du fameux « couple franco-allemand » immortalisé par des images fortes : l’hommage de Verdun aux soldats de la Grande Guerre, main dans la main, entre Kohl et Mitterrand, les bières partagées par Chirac et Schröder à Strasbourg, ou encore les Conseils des Ministres franco-allemands, institués à partir de 1998. On retrouve par ailleurs cette conception de « directoire » avec l’idée d’un couple franco-britannique pour la défense, émise à l’occasion du sommet de Saint-Malo (3 et 4 décembre 1998).

De même en est-il du consensus des dirigeants et des partis de gouvernement actuels (à entendre comme les partis qui comptent sur l’échiquier et les décisions politiques, pas ceux qui, pour parodier Jean-Luc Mélenchon, «depuis qu’ils existent, n’ont strictement jamais servis à rien »). En effet, tantôt par conviction, tantôt par raison, ils se sont tous ralliés à cette vision de l’Europe, ce qui en fait, à ce titre, des «enfants» du Gaullisme.

Néanmoins, il serait malhonnête de ne pas dissocier l’apport des successeurs du Général à la construction européenne. En effet, de par leur grand pragmatisme (on se souvient par exemple du refus obstiné du Général à l’entrée du Royaume-Uni, « cheval de Troie des Etats-Unis en Europe »), ou de par leur moindre gouaille « chauviniste » (avec la fameuse phrase « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !… mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien » du 14 décembre 1965), ils ont non seulement débloqué, mais également relancé, de facto, un processus interrompu par le « règne » gaullien.

Mais, comprenons-le bien, cette différence se situe beaucoup plus sur le style que sur la ligne de conduite générale.

Une Europe communautaire dominée par un directoire des grands Etats, la Françafrique, et l’affirmation d’une volonté de jouer un rôle de premier plan dans les affaires du Monde, tels sont aujourd’hui, dans une société qui a profondément évolué, les principaux héritages, du Gaullisme sur la scène politique française. Ceci s’explique par la grande continuité des intérêts de la France dans le Monde, qui n’ont guère changé depuis le Général, et par l’opinion publique, qui, très cocardière, reste très attachée au rayonnement apparent de ses dirigeants. Pour preuve, ce sont les seuls aspects politiques sur lesquels les principaux partis de gouvernement, même en période de cohabitation, ont toujours trouvé -et trouvent encore actuellement, même s’ils jurent le contraire- un point d’entente. Néanmoins, ces héritages, surtout exercés par le Président de la République dans le cadre de son « Domaine Réservé » (Chaban-Delmas, 1959), peuvent être considérés comme les seules survivances du Gaullisme aujourd’hui.

En effet, la société et l’économie françaises ont, elles, profondément évolué : ainsi, quel rapport existe-t-il entre, d’une part une société -encore- marquée par l’essor industriel, luttant pour le partage des profits de la croissance, et découvrant le baby-boom ; et d’autre part une société marquée par les nouvelles technologies, la volonté de préserver l’environnement au détriment même de la croissance (c’est l’idée de décroissance d’Eva Joly), ou encore le papy-boom ?

Dans ce contexte, comment parler d’une survivance ou d’une pertinence des réponses gaullistes à ce contexte socio-économique qui est aujourd’hui –quoiqu’on en dise- dépassé ?

Enfin, abordons l’héritage constitutionnel, car s’il semble fondamental, il a été, de facto, intégralement dénué de sa signification initiale.

Certes, De Gaulle nous a légué notre actuelle Constitution et sa conception, semi-populaire, de la démocratie, dont l’évènement central demeure encore aujourd’hui l’élection du Président de la République au suffrage universel direct, ce qui n’a guère changé depuis 1962.

Mais cette conception semi-populaire de la démocratie, indissoluble de la lecture de la Constitution, a été pervertie par ses successeurs, comme d’ailleurs l’ensemble de la classe politique.

En effet, pour De Gaulle, l’appui sur le suffrage universel direct doit fonder la légitimité présidentielle au sommet de l’Etat. Mais, simultanément, l’institution du referendum présidentiel, (qui permet au Président de s’appuyer là encore directement sur le peuple, au delà du Parlement et des partis), doit servir, en cours de mandat, à s’assurer -et si possible à renforcer- cette légitimité. Aussi fixe-t-il à cet exercice du referendum une réciproque morale implicite, à savoir l’acceptation de la sanction : en cas d’échec de la vision présidentielle lors d’une consultation référendaire, le Chef de l’Etat doit se retirer, conclusion qu’il tire pour lui-même le 28 avril 1969, après le refus populaire de la régionalisation et de la réforme du Sénat, et ce dans un communiqué laconique («  Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à minuit. » )

De la même manière, on peut difficilement imaginer le Général acceptant une situation de cohabitation politique avec une Assemblée Nationale nouvellement élue (donc plus légitime que lui) et qui lui serait défavorable. Aussi, on peut penser, que, dans un tel contexte, comme ce fut le cas en 1946, il eût démissionné.

Cependant, et a contrario, les cohabitations sous les présidences Mitterrand (1986-1988, et 1993-1995) et Chirac (1997-2002), ou le maintien de ce dernier à l’Elysée malgré l’échec du référendum sur le projet de Constitution européenne de 2005, prouvent que ce principe est aujourd’hui considéré, au sein de la classe politique française, comme obsolète. Contrepartie morale aux yeux du Général des exorbitants pouvoirs que la Constitution lui confiait, mais refusée par ses successeurs (et l’ensemble de la classe politique), elle explique en partie la désagréable sensation de « présidentialisation » du régime après sa mort, avec un président ne se sentant pas tenu -hors période électorale- au respect de la volonté populaire. En ce sens, ne peut-on pas dire que le Coup d’Etat Permanent découlant de la pratique gaullienne des Institutions (F. Mitterrand, 1964) s’est précisément produit après le départ de « l’Homme du 18 juin » ?

Absent des politiques socio-économiques du fait des profondes mutations qui l’ont suivi, absent de l’interprétation actuelle de notre Constitution, le gaullisme demeure donc exclusivement présent dans nos principales orientations -consensuelles- de politique étrangère, européenne et de défense.

Aussi, au-delà de ce consensus autour du « Domaine réservé », comment ne pas observer que la référence au gaullisme, largement utilisée dans des débats ou des thèmes de politique intérieure, n’est plus, dans ce cas, qu’un moyen de légitimation politique et électorale ?

En effet, quel meilleur exemple que les tentatives partisanes d’instrumentalisation de la Mémoire du Général, de la part des petits partis (c’est le cas du mouvement de Dominique de Villepin) comme des grands ? Deux de ces derniers, dits de gouvernement , l’ont d’ailleurs récemment prouvé à travers les déclarations de leurs leaders, lors du 40ème anniversaire sa mort, avec des hommages quasi-identiques sur la forme, mais contradictoires sur le fond, entre un Nicolas Sarkozy, d’une part, justifiant sa réforme des retraites (« Le devoir du président de la République, c’est de décider en fonction de l’intérêt général », le 9 novembre 2010), et une Martine Aubry, d’autre part , utilisant le même argument pour critiquer la même réforme, le même jour ( « [de Gaulle] a toujours défendu l’intérêt général comme devant primer en toutes circonstances sur l’intérêt particulier,[…] héritage qui est aujourd’hui mis à bas »)

Et Pourtant ! Charles de Gaulle, tout à sa volonté de se tailler une place exceptionnelle dans l’Histoire, a toujours refusé toute accaparation, toute manipulation, tout détournement de son héritage et de sa pensée. Aussi déclarait-il, dès le 19 mai 1958 « Je suis un homme qui n’appartient à personne et qui appartient à tout le monde », ou répétait-il inlassablement qu’il n’avait « pas de successeur », et que c’était « lui ou le chaos »

Tel est donc aujourd’hui le paradoxe du gaullisme : l’utilisation par des partis et mouvements politiques, dans le but d’assurer leur conquête -ou leur maintien- au pouvoir, de l’héritage et de la pensée d’un Homme ayant toujours refusé les divisions partisanes, qu’il espérait par ailleurs, au contraire, transcender.

Que dire alors de tels mouvements, dont République Solidaire est naturellement partie prenante, si ce n’est, qu’ils revendiquent, derrière une nostalgie calculée, un héritage qui n’est, au fond, qu’un lieu commun de toutes les politiques extérieures de ces 50 dernières années, et pour le reste, qu’un énième clivage partisan ?

Laissons le gaullisme reposer en paix. Certes, gardons cette idée de Grandeur, à laquelle l’opinion publique est aujourd’hui si attachée, même si elle n’a été, au demeurant, qu’essentiellement verbale, et, au fond, bien illusoire. Mais terminons-en avec cette idée de transcendance des clivages et des divisions partisanes, permise au Général par un contexte politique, et par une personnalité, à la fois historique et charismatique, qui étaient exceptionnels. Il n’y a en effet qu’à voir la faillite de « l’ouverture politique » sous la présidence actuelle pour se rendre compte qu’elle n’est plus ni réalisable, ni réalisée. Et tournons nous, enfin, vers l’avenir.

Hubert le Colbert

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