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Apocalyptica : Quand Prokofiev rencontre Maiden

C’est assez triste à dire, mais depuis un an que j’y suis, force est de me rendre à l’évidence : les vrais connaisseurs du genre Metal sont rares dans notre bel IEP. Si certains avouent parfois écouter timidement quelques morceaux d’Iron Maiden ou reconnaissent comme on confesse un péché vénérien, qu’il leur arrive d’écouter Rammstein, la réaction de base de la trop immense majorité des Pipoteux face au Metal reste « Pff. C’est du bruit nan ? ». Ce manque criant de culture musicale doit cesser : non, mesdames, messieurs, le Metal, ce n’est pas (que) des chevelus hirsutes en noir qui vomissent des décibels dans le micro.

Oui, le Metal peut être agréable à entendre et musical, et ce, même pour des tympans abreuvés de Christophe Maé et nourris de Lady Gaga. A l’occasion du passage dans notre belle ville de l’excellent groupe Apocalyptica, le 14 avril, à l’Aéronef, je me propose de te fournir, à toi, petit pipoteux lecteur de l’Apostrophe, un éclairage différent sur la merveilleuse musique Metal et ses multiples curiosités. Apocalyptica, justement, parlons-en. Il s’agit d’un groupe de Cello-Metal2, ou Metal Classique, venu de Finlande, et dont la principale particularité est son line-up original : point de bassistes, point de guitare crachant la mort, non, seulement trois violoncellistes, Eicca Toppinen, Paavo Lötjönen, et Perttu Kivilaakso, ainsi qu’un batteur, puisqu’il en faut bien un. S’étant fait connaître par d’excellentes reprises de grands titres de Metal dans son premier album, Plays Metallica by four cellos (1996), le groupe a depuis développé ses propres chansons, et surtout une identité bien personnelle, très marquée heavy metal, puisque l’on va retrouver des lignes de basses splendide, d’excellentes distorsions, qui démontrent vraiment une maîtrise exceptionnelle de l’instrument, le groupe atteignant à mon sens sa pleine maturité musicale à partir de Cult (2000), prédestiné peut-être… Un développement en termes de musique, géniale absolument, mais aussi de voix : à l’ origine, les chansons étaient sans texte bien que la ligne de chant soit présente. Désormais, à mesure que sa popularité s’accroit, le groupe collabore (dans d’autres genres on écrirait : FEAT. PUZZ DADDY) régulièrement avec de grandes voix de la musique, venues tant de la musique classique que du metal. De cette multiplicité de voix, il ressort un charme unique de chaque album : on sait que celui-ci sera vraiment unique, et que le suivant lui sera à la fois proche et différent, tout en ayant la continuité musicale. Collaboration pour le chant, mais aussi sur la batterie, assurée sur la galette de Reflexions (2003) par Dave Lombardo, de Slayer, monument du Trash Metal. Alors qu’avec un groupe au-demeurant génial comme Grave Digger, on sait que la voix éraillée de Chris Boltendahl nous suivra de 1986 à nos jours.

Et, si en concert nos finnois ne sont pas des bêtes de scène à la Airbourne, c’est également un argument en leur faveur : ils délivrent une musique puissante, magnifique, avec des accents parfois très proche de Rostropovitch, Prokofiev, c’est poignant, ces accords qui s’enchaînent doucement sous les archets de ces virtuoses pareils, les leitmotivs, les thèmes qui s’échappent, évanescents, qui dégagent une émotion. Il y a là une vraie grandeur, une grandeur musicale, incomparable, et puis, soudain, le rythme s’accélère, les violoncelles rugissent dans les basses tandis que la batterie s’emballe ! Car le Metal c’est encore, c’est toujours de la surenchère, ce sont les sentiments exacerbés, les plaies morales à vif, en vérité, il s’agit d’une vraie catharsis au sens primordiale du terme ! Enfin, ne craignez rien, et n’allez pas quand même imaginer un pogo3 géant dans la salle de l’Aéronef.

Chez Apocalyptica, je l’ai dit, ce n’est est pas comme chez Airbourne. Non, la musique se savoure, se vit intensément, et en cela, on est clairement dans le Metal, mais cela reste sage, apaisé, jouant plus les sentiments et les émotions dans l’âme du spectateur que sur une surenchère de gros décibels bien crades. Et attention, oui, c’est une belle musique, sensible, et c’est bien du Metal, mais il ne faut pas en conclure pour autant qu’il s’agit d’un repère de gothiques lotitas de 15 ans pseudo suicidaires sur skyblog. On laisse ça à Nightwish, merci. Enfin Apocalyptica est un groupe qui représente certes une certaine idée du Metal, mais aussi, pour ceux qui s’y connaissent en patinage artistique, le programme de Brian Joubert en 2007 : Nothing Else Matters, Creeping Death, The Unforgive. Il a été champion d’Europe et du Monde, cette année-là, et je veux croire qu’Apocalyptica n’y fut pas pour rien.

Enfin, le mieux est encore l’expérience, je ne peux donc que vous conseiller de prendre votre courage à deux mains, et d’aller voir de quoi ça a l’air ici, par curiosité malsaine :

C’est beau, non ? Et là, un peu plus rapide :

Pourquoi pas ? ça pourrait même vous plaire… Evilement vôtre,

Axel Devaux.

1 Ou alors « aah oui comme Metallica hein ? ». Franchement, on se demande ce qui est le pire…

2 L’une des principales caractéristiques du genre est la profusion anarchique et réjouissante des sous-genres aux noms les plus variés, du genre true scottish viking pirate metal, plus connu sous le nom Alestorm

3 Pogo (nom neutre). Tout le monde saute sur place en poussant des cris de joie et en faisant le signe des cornes. Oui, bon, en boite de nuit, ça n’est pas tellement plus digne non plus hein.l

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