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The Black Angels

“The Black Angels” : ça sonne comme un groupe d’ados pseudo-gothiques qui espèrent exorciser leurs souffrances (le hamster du bassiste est mort coincé derrière un radiateur) en secouant leurs pellicules en rythme avec les trois seuls accords qu’ils savent plaquer sur leur guitare -désaccordée, hein, sinon ça compte pas.
Rien de tout ça pourtant avec ce groupe de texans dont le nom vient en fait d’une chanson du Velvet Underground, et dont l’icône n’est autre que Nico, oui, la grande blonde qui s’est tapé tous les mecs (et filles ?) de La Factory d’Andy Warhol. S’y mêle des inspirations psychédéliques: Pink Floyd, Thirteenth Floor Elevator, shoegaze: Joy Division, The Jesus and Mary Chain, post-punk, et on retrouve même des petits airs de tubes garage 60’s : Question Mark and the Mysterians. Tous ces éléments font des Black Angels une flèche montante sur la scène foisonnante du rock psychédélique, aux côtés du Brian Jonestown Massacre, d’Interpol ou du Black Rebel Motorcycle Club.

 

The Black Angels, c’est six  -plus ou moins joyeux-  lurons qui sont parfois rangés dans la case « rock psychédélique ».  Je ne m’étendrai pas sur mon agacement envers ces étiquettes collées, du fait de la richesse et de la diversité musicale de ce groupe. Depuis leur formation en 2004, et malgré les mauvaises langues affirmant que tous les groupes « néo psychédéliques » se ressemblent , on ne peut nier l’ancrage progressif de leur style singulier, combinant  rythmes énergiques et voix léthargiques. Dès leur premier album, Passover,  les Black Angels donnent le ton : mur de guitares, batterie primitive et brute rappelant des rites tribaux, chœurs hypnotiques. L’ambiance particulièrement oppressante s’installe dès les premières notes, notamment grâce à l’usage singulier de la « drone machine », instrument bizarre assemblant harmonium et orgue, donnant une puissance sonique et originale aux morceaux.  Deux  années et une tournée plus tard sort Direction to See a Ghost , un peu moins abordable mais tout aussi planant. Les Black Angels s’affirment. L’album entier  est  chargé d’une énergie primaire, occulte, mis en orbite par des riffs a priori pas si impressionnants mais qui prennent au fil des morceaux une ampleur monstrueuse. Les Black Angels jouent désormais dans la cour des grands.
La suite arrive en Septembre 2010 avec un nouvel album et une tournée européenne. Phosphene Dream se découvre comme un cadeau de Noel longtemps attendu, qu’on déballe avec impatience et délice, et avec lequel on joue inlassablement pendant des jours –plutôt des nuits ici. Le néo psychédélisme y est toujours aussi ambiant, mais l’éloignement avec leur Texas natal, des collaborations musicales différentes, et l’influence de nouveaux courants californiens apportent une touche plus colorée, plus panachée à la musique des Black Angels. Les mélodies sont plus perceptibles et se teintent parfois de pop 60’s. Chaque musicien semble avoir trouvé sa juste place et les progrès du chanteur assurent une ambiance toujours aussi aérienne.
En concert, inutile de chercher à abuser du spliff pour se sentir planer. A Bordeaux, nous avions passé un moment hypnotique, effrayant, et… terriblement savoureux. Sur scène, toutes les distorsions et réverbérations se condensent , la puissance est décuplée lorsque Alex Mass – Fidel Castro version underground- lâche des hurlements suivis d’ explosions de guitares et de méchantes distorsions apocalyptiques. Les percussions , portées par  Stephanie Bailey  -qui joue inlassablement debout, comme pour mener une fanfare macabre- nous transportent  dans un rite tribal et primitif. La réalité dérive vers le néant, il devient difficile de garder son équilibre . Pour profiter de cette montée savoureuse, le 7 février à l’Aéronef, ouvrez vos oreilles et fermez les yeux.

 

The Black Angels à l’Aéronef, 168 avenue Willy Brandt (Euralille) 15/10 Euros, 20h.

 

Et pour découvrir un peu plus…

le site officiel, bien fourni, de quoi satisfaire les envies groupiesques.

  • http://www.deezer.com/fr/music/the-black-angels/phosphene-dream-639758#music/the-black-angels

Si vous êtes novice, je vous recommande de plonger doucement dans leur univers avec : You on the run, 18 Years, Bad Vibrations, River of Blood.

  • http://www.dailymotion.com/video/x6qkrh_the-black-angels-tracks-arte_music

Je mets cette vidéo uniquement parce que l’extrait du concert est chouette. Je trouve que le reste de la vidéo tombe un peu dans le cliché ‘rock star camé à lunettes noires’ , et dans le copiage vulgaire de ‘Dig!’ (documentaire génial sur le Brian Jonestown Massacre)

Cécile Gendreau, 1A FIFB

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