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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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STEVE JOBS 1955 – 2011


Visionnaire. Tyrannique. Génial. Junkie. Bienfaiteur. Big Brother. Autant de mots et de contradictions qui définissent pourtant un seul et même homme : Steve Jobs.

Né en 1955 d’une mère américaine et d’un père syrien, il est adopté par une famille qui s’installe dans une vallée, la future Silicon Valley. Sa jeunesse est assez turbulente. Ainsi, alors que ses parents adoptifs se saignèrent aux quatre veines pour l’envoyer à Reed College, il décide de quitter l’université pour se consacrer… au LSD, et à d’autres occupations fort en vogue parmi les hippies de sa génération. Il se trouve un job chez Atari, le mythique créateur de Pong, mais estime que partir en Inde à la recherche de l’Éveil, c’est bien plus enrichissant. Est-ce là qu’il vit, sous l’emprise d’on ne sait trop quelle substance glauque, apparaître le Macintosh dans son esprit ? Il finit en tout cas par rentrer aux États-Unis.

Pendant ce temps, Steve Wozniak, un de ses amis, participe au Homebrew Computer Club. Un club où des gens – un peu tarés – tentent d’inventer le Graal : un ordinateur personnel, utilisable chez soi. À l’époque des cartes perforées et des ordinateurs qui font la taille d’un étage, c’était un peu comme rêver d’avoir une bombe atomique à la maison.

Mais le pire, c’est que cet autre Steve parvint à inventer cette machine. Steve Jobs vend sa voiture, Steve Wozniak sa calculette (c’est que c’était cher ces choses à l’époque !) et ils lancent Apple Computer Inc. Dans un garage, comme le veut la légende. Et la tradition. Google, par exemple, n’a pas coupé à la phase « garage ».

Il est pas beau l'Apple 1?

Les projets s’enchaînent rapidement : Apple II, Apple III, Apple Lisa (du nom de la fille de Jobs), et en 1984 : le Macintosh. C’est lors du lancement du Macintosh qu’on découvre le vrai talent de Steve Jobs en marketing, pendant la conférence de lancement [1], mais aussi avec la légendaire publicité qui l’a précédé [2], Big Brother étant ici l’IBM PC, tournant sous MS DOS, qui dominait alors déjà le marché de l’informatique personnelle.

Mais les choses ne sont pas toutes roses. Steve Jobs, un perfectionniste, entre en conflit avec certains de ses collègues, et bientôt, il est mis dehors. Il fonde alors Next, une entreprise tout aussi visionnaire, connue pour le design des ordinateurs produits mais aussi parce que le premier serveur web, c’est-à-dire le premier ordinateur hébergeant un site Internet, était un ordinateur Next appartenant au CERN [3]. Steve Jobs achète également Pixar en 1986, entreprise qu’il revendra à Disney une vingtaine d’années plus tard, et qui produira entre autres films d’animation Toy Story.

Sans le génie de Jobs, l’entreprise Apple va mal, très mal, et en 1996, Jobs retourne travailler chez Apple. En 1997, il redevient PDG, et bientôt sort l’iMac, ces ordinateurs qui ne ressemblaient pas à des ordinateurs, avec leurs formes rondes, leurs couleurs flashy, leur facilité d’utilisation… Trois ans plus tard, Jobs lance une stratégie visionnaire en lançant le projet de l’iPod et de l’iTunes, commençant à faire d’Apple non seulement un fabricant d’ordinateurs, mais un fabricant de systèmes multimédias complets pour le grand-public. De plus, les talents de marketing de Jobs, alliés aux qualités des équipes de design, donnent à Apple une vraie image de marque innovante, jeune. Tout cela est loin des nuances de gris, éventuellement de noir, qui arboraient encore les ordinateurs d’entreprises aux marques aussi peu excitantes qu’IBM, HP ou Compaq. De plus, en osant une version Windows d’iTunes, Jobs attire de nombreux jeunes vers ses iPod et donc, vers sa marque. Apple renaissait.

Avec le succès vinrent cependant les polémiques. Apple est attaqué pour la dureté de ses verrous numériques (ou DRM) sur l’iPad [4]. Surtout, avec l’iPhone et l’iPad, et le business model de l’Apple Store, Apple est accusé de censure [5]. L’iPhone et l’iPad sont des systèmes fermés, offrant très peu de liberté d’utilisation à son utilisateur. Par exemple, on ne peut pas changer la batterie d’un iPhone [6], ou installer Flash. Le jailbreaking devient pour de nombreux utilisateurs une manœuvre incontournable. Enfin, Apple est accusé de maltraiter ses employés via ses sous- traitants chinois, et d’utiliser des usines très polluantes [7]. Et c’est ainsi qu’aux yeux de nombreuses personnes, Steve Jobs, le hippie, l’ex-rebelle contre le monopole naissant du trio Microsoft-Intel- IBM, devenait le Big Brother qu’il jurait d’abattre en 1984.

D’autres, au contraire, s’attarderont sur le fait que Steve Jobs est un PDG proche de ses clients, répondant parfois aux mails que des consommateurs lui envoient, acceptant de débattre avec ses détracteurs [8], ou de jouer le jeu de la transparence au sujet des conditions de fonctionnement de ses usines.

Mais pire, en tout cas pour Steve Jobs, sa santé se dégrade rapidement, il doit combattre un cancer du pancréas. Il se fait souvent remplacer. En août 2011, il finira par démissionner en cédant la place à Tim Cook. A peine deux mois plus tard, le 5 octobre 2011, Steve Jobs rendait l’âme.

Quoiqu’une figure très controversée du monde de l’informatique, Steve Jobs n’en était pas moins un visionnaire, un entrepreneur légendaire, l’homme qui a rendu l’informatique trendy, hype, sexy. Il fait partie de ces grands hommes, à la personnalité légendaire qui ont participé à changer la face du monde. Dans les grandes innovations technologiques et changements de nos habitudes, il fut présent : pensez d’abord aux Mac, à l’interface graphique, à la souris, mais aussi à Toy Story et à l’animation 3D, au premier serveur web, aux tablettes, en passant par la musique. Steve Jobs aura marqué son temps.

Julien Rossi

* Pour en savoir plus :

Biographie de Steve Jobs :

http://allaboutstevejobs.com/bio/long/01.html Bande Annonce du film Pirates of the Silicon Valley : http://www.youtube.com/watch? v=lEyrivrjAuU 

Discours de Steve Jobs à Stanford : http://www.youtube.com/watch?v=UF8uR6Z6KLc La vidéo de CNet rendant hommage à Steve Jobs : http://cnettv.cnet.com/steve-jobs-life- technology/9742-1_53-50110789.html?tag=content;feature-roto

[1] http://www.youtube.com/watch?v=G0FtgZNOD44

[2] http://www.youtube.com/watch?v=OYecfV3ubP8

[3] http://en.wikipedia.org/wiki/File:First_Web_Server.jpg (photo du premier serveur web)

[4] La situation a cependant évolué depuis

[5] http://gizmodo.com/5490310/its-time-to-declare-war-against-apples-censorship (un parmi de très nombreux articles sur le sujet)

[6] En tout cas, ce n’est pas à la portée de tout le monde : http://www.ifixit.com/Guide/Installing- iPhone-3G-Battery/577/1 (à comparer avec la simplicité de changer la batterie de n’importe quel autre portable)

[7] « Apple Admits Child Labour » : http://www.telegraph.co.uk/technology/apple/7330986/Apple- admits-using-child-labour.html ; « Apple’s factories are getting worse, not better » : http://blogs.telegraph.co.uk/news/malcolmmoore/100027849/apples-factories-are-getting-worse- not-better/

[8] http://thenextweb.com/apps/2010/05/15/steve-jobs-replies-to-an-email-this-time-its-personal/ Exemple d’un tel échange


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