Skip to content
Slider

Carnet de 3A – Stagiaire en Argentine

Hits: 293

Maxime Rousseau a effectué un stage de six mois à Buenos Aires. Il raconte son quotidien en Argentine.

Qui es-tu, où es-tu, que fais-tu et comment as-tu trouvé ton stage ?

Alors mon ASV, c’est Maxime, et j’effectue un stage de six mois dans un journal à Buenos Aires. J’ai trouvé mon stage grâce à Mère Chance au bout du cinquantième courriel envoyé. À part le hasard, je pense qu’un CV et une lettre de motivation bétons font la différence. Par exemple, j’avais travaillé ces deux choses avec un journaliste de métier pendant plusieurs semaines. Eh oui, faute d’avoir déjà un bon réseau ou de profiter des relations parentales, il faut tout faire par soi-même pour trouver son stage. Sciences Po Lille ne vous aidera pas et ne vous encouragera pas non plus dans cette démarche, à tort.

Parle nous un peu de la ville dans laquelle tu te trouves.

Bof, Buenos Aires, la routine quoi ! Non sérieusement, il faut savoir que c’est la capitale de l’Argentine (j’espère que jusque là je ne vous apprends rien). C’est une ville tentaculaire. Wikipedia me souffle qu’elle contiendrait quinze millions d’habitants avec sa banlieue et qu’elle héberge quarante-huit quartiers. La ville n’est pas franchement à tomber à la renverse niveau architecture, mais son foisonnement culturel donne le tournis.

Quels sont les atouts et les inconvénients de ton stage et de ta vie d’expatrié ?

Je réalise mon stage dans un tout petit organisme, de là découlent des avantages et des inconvénients.

Commençons par le côté obscur : pas d’horaires de travail, pas vraiment de collègues, ni de structure qui encadre. Il faut être super autonome pour bien bosser dans ces conditions, ne pas avoir l’habitude de travailler bêtement pour la carotte ou afin d’éviter les coups. Ayez bien cela en tête si vous souhaitez faire un stage : pas de vie étudiante, pas de sociabilité facilitée par le BDI local, vous pouvez être seul, tremblez.

Si vous êtes débrouille, alors c’est tout bénef’ : pas de contrainte de stress (dans mon cas) et la cerise sur le gâteau : vous vous sentez utile. Car le stage, c’est toucher au concret, mettre en pratique les connaissances engrangées à l’IEP, travailler pour de vrai, comme des grands.

Pour ceux qui vont se rendre dans le pays où tu es, tu as des conseils pratiques à donner ?

Un conseil qui reste entre nous, n’essayez pas d’obtenir un visa de travail. C’est un enfer de paperasse, et surtout, c’est inutile ! Enfin, ça peut changer d’année en année donc renseignez-vous un peu de votre côté. J’ai pas envie de recevoir des menaces de mort parce que vous vous êtes fait refouler à la douane. Pour éviter cela, achetez au moins un billet d’avion retour.

Si vous souhaitez voyager, faites le plutôt en groupe pour éviter les déconvenues. On rêve tous d’aventure, mais restez dans les endroits touristiques, là où les policiers ne sont pas loin. À l’inverse, ne pas céder à la psychose qui gangrène les Argentins au sujet de la sécurité de leur pays. Pas besoin de se promener le couteau entre les dents en pleine journée dans un quartier sympa de la capitale.

Quels sont les endroits incontournables à visiter dans les environs ?

L’Argentine est un grand pays et je ne pense pas que les doigts des deux mains suffisent à répertorier les sites classés « patrimoines mondial de l’humanité » qu’il recèle. Vraiment proche de Buenos Aires, vous avez Colonia, en Uruguay, magnifique et charmant village à une heure en bateau et la ville de Tigre, à 40 minutes en train, super tranquille également. Au nord, les régions montagneuses de Salta et de Jujuy, plus à l’est, les chutes d’Iguazu qu’on se partage avec le Brésil et le Paraguay. Tout au sud, Ushuaïa, le glacier Perito Moreno, le mont Fitz Roy, Bariloche et les sept lacs. Puis en remontant vers la capitale, vous avez Puerto Madryn, où se rejoignent baleines, lions de mer et des milliers de pingouins ! Sinon, en direction du Chili, vous pouvez vous arrêter à Rosario, Cordoba et Mendoza. Après, je ne suis pas Monsieur Guide du Routard non plus, à vous de trouver d’autres coins chouettes.

La chose à bien savoir, c’est qu’on ne dirait pas sur la carte, mais c’est vraiment très grand et large comme pays. Si vous n’avez pas gagné à l’Euro Millions récemment, vous prendrez le bus et là, c’est rapidement plus de vingt heures de transport ! Mais les sièges sont ultra conforts, donc le jour, on profite des paysages grandioses et la nuit, si on est de nature détendue, on fait dodo. Les vols intérieurs ne sont pas donnés. Comptez plus de 400€ pour faire l’aller-retour Buenos Aires (centre-nord) – El Calafate (sud).

Tu as déjà un bon souvenir à nous raconter ?

Je ne dirais pas exactement bon, plutôt cocasse. J’étais chez un de mes colocs, dans la province de Buenos Aires, lors d’un week-end d’élections présidentielles et régionales. J’ai visité la station de radio de la bourgade et le présentateur, trop content d’avoir un Français, m’a dit de rester.

Au début de l’émission spéciale sur les résultats des élections, il m’a installé devant le micro et m’a fait passer un interrogatoire d’un quart d’heure sur la situation politique de la France et sur ma vision de la crise économique mondiale. Mon espagnol étant précaire à cette période, ça a donné quelque chose d’assez singulier.

Ensuite, il m’a pris en otage pendant les quatre heures d’émission et me posait parfois des questions sans prévenir du type : ” alors Maxime, que t’inspirent ces résultats pour le deuxième tour à Navarro ? ” Je ne connaissais pas un seul candidat de cette minuscule ville. Eh bien vous le croirez ou non, mais le pipeau qu’on apprend un peu à Sciences Po est parfois utile.

Tu as un blog ? Tu as quelques lignes pour nous donner envie de le visiter!

Tout a fait, j’ai créé un blog qui relate mes petites aventures à Buenos Aires et mes voyages, avec plein de photos. Vous trouverez aussi des articles sur tout ce qui frappe, comme par exemple l’interdiction de l’avortement dans un pays où le mariage homosexuel est toléré.

Bref, j’essaye de combiner articles divertissants et sujets plus sérieux, sans jamais parler en prophète. Le blog s’appelle Carnet de Sensations, merci d’y aller plusieurs fois par jour histoire de faire exploser mes statistiques ! Et si vous voulez en savoir plus sur le stage, le pays, n’hésitez pas à demander à l’équipe de la Manufacture mon adresse mail !

Suerte !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *