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Carnet de 3A – Université de Turku en Finlande

Guillaume Bruna a passé un an à l’université de Turku. Il raconte son quotidien en Finlande.

Qui es-tu, où es-tu, que fais-tu?

Bonjour ! Je m’appelle Guillaume, étudiant en échange à l’Université de Turku (Turun Yliopisto) au Sud-Ouest de la Finlande. Non comptant d’être la ville de Finlande au climat le plus « doux », elle dispose également d’un des plus grands archipels du monde avec près de 50.000 îles.

Pourquoi avoir choisi cette université. Parle-nous un peu de la vie de Campus …

Mon choix de pays à été assez rythmé et plein de surprises. Le fait d’être un 2A en entrée directe m’a grandement pénalisé et ne m’a pas permis d’avoir une place enviable. Je me suis retrouvé au final avec peu de choix (mais pas rien non plus). J’avais envie de dépaysement, de découvrir un pays que je ne connaissais pas du tout de préférence. J’étais très intéressé par l’Asie, notamment le Japon, mais je ne parle pas un mot de japonais. Ça aurait été difficile sur l’archipel du soleil levant. Je me suis alors tourné vers l’Europe du Nord, notamment le Danemark, la Suède et la Finlande et je me suis rendu compte que ces pays m’étaient vraiment inconnus, sans parler des langues et des différences culturelles.

La Finlande a été retenue pour plusieurs raisons. La première, c’est découvrir un pays que je ne connaissais que par les cartes. Mis à part le fait qu’ils auraient le meilleur système éducatif du monde (et dieu sait qu’ils en sont fiers), c’était le grand inconnu. Ensuite, c’était aussi l’occasion de côtoyer les longues et froides nuits de l’hiver polaire. Enfin, c’était également l’opportunité d’avoir toute l’Europe du Nord, ainsi que la Russie, à portée d’avion/bateau/autre moyen de transport (rayer la mention inutile). Finalement, j’ai jeté mon dévolue sur Turku en fonction des cours proposés.

Durant votre vie sur le campus, la Finlande (et plus localement l’Université de Turku) vous rendra la vie facile. La plupart des résidences semblent perdues au milieu de nulle part alors qu’elles ne sont qu’à quelques minutes du centre ville très bien desservi (en bus et/ou à pied). Le TYS (organisation se chargeant des logements) proposent des appartements partagés ou chambres de très bonne facture à des prix raisonnables (moins de 300€/mois). Concernant les services étudiants, le TYY (Student Union) ainsi que l’International Office vous prendront par la main pour toutes les procédures d’orientation et administratives. Gentils, serviables et parfaitement anglophones, les finlandais sont toujours là pour vous aider. Ainsi, votre carte d’étudiant finlandaise vous permet d’accéder à tous les services possibles (cantines, trains, soins médicaux, fournitures scolaires, bibliothèques, sports…) à des prix défiants toute concurrence.

Le choix des cours demande un temps d’adaptation, se déroulant quasiment intégralement via une plate-forme internet. Il en est de même pour certains cours, les inscriptions aux examens ou les résultats. Il va falloir vous habituer. Heureusement, les professeurs et les différents départements savent se montrer souples et compréhensifs. Les cours sont variés et intéressants. Le rapport quasi-direct entre les étudiants et les professeurs change complètement la donne. Il y a beaucoup de participation, d’adaptation dans les procédures d’examen ou dans les formats de présentation durant les cours magistraux. Par rapport à la France, le travail à la maison est plus régulier et plus important. Certains cours se déroulent même intégralement hors-université comme les book-exams (lire 2 ou 3 livres puis passer un examen écrit) ou les virtual courses (cours diffusés en ligne sur la plate-forme Moodle de l’université). Vu le choix proposé, vous pouvez vous concevoir un emploi du temps complètement personnalisé car chaque cours est indépendant et possède son propre examen. Ainsi, certains se terminent en quelques semaines et se concluent rapidement par un examen ou un essai. Plus de partiels en terre finlandaise, les examens se suivent tout au long du semestre et peuvent tous être repassés deux fois en cas d’échec. Plutôt confortable. En revanche, les cours valent peu de crédits comparés à d’autres pays (2 à 5 crédits). Pour valider 60 crédits, il va vous falloir travailler tout de même un peu.

Enfin, Turku profite d’une vie étudiante qui ravira le plus difficile des fêtards. Si la ville ne compte que quelques centaines de millier d’habitants, une grande partie est composée d’étudiants. La ville a l’avantage d’être une ville bilingue finno-suédoise, une des seules de Finlande. De plus, elle était l’ancienne capitale du pays sous la domination suédoise. Ce passif justifie la présence d’une branche suédoise de l’université (Åbo Akademi, où il est possible de prendre des cours) mais aussi l’implantation des traditions étudiantes suédoises comme les Sitz Party ou les overalls (bleus de travail portés lors des fêtes étudiantes). L’université regroupe de nombreux clubs (sciences politiques, théâtre, chorale, aumônerie, science fiction…), cultive une véritable tradition étudiante et profite d’un office Erasmus Student Network finno-suédois extrêmement actif. Ces derniers organisent de nombreuses fêtes et activités comme des voyages (Russie, Laponie…), croisières, fêtes à thème (Sitz Party…) ou encore expéditions culturelles (marché de Noël, cuisine finlandaise et internationale…). Bref, on ne s’ennuie jamais.

En bref tu conseilles l’université et la ville où tu es aux 2A?

Relativisons la question et soyons objectif. Oui je conseille l’Université et la ville de Turku, mais pas pour tout le monde.

Les studieux : le choix des cours est complet, diversifié et ces derniers de qualité. Les professeurs sont à l’écoute du moindre problème. Apprendre le finnois est aussi plaisant que passionnant au même titre que le suédois. Les finlandais sont quasiment tous anglophones et sont tout à fait compréhensibles ce qui ne pose aucun problème en cours ou à l’extérieur. Le système universitaire est complètement différent du modèle français. Attendez vous à lire énormément et travailler grandement votre oral.

Les fêtards : entre les évènements ESN, les clubs de l’université et les évènements du TYS et de la Student Union, le rythme est endiablé, à tel point qu’il sera difficile à suivre. Il faut bien ce qu’il faut pour passer les longues nuits glacées d’Europe du Nord. En revanche, l’alcool est cher en raison d’une taxe sur ces produits. Les navires «tax-free» vont vite devenir un lieu de rendez-vous huppé.

Les globe-trotter : si vous voulez voyager, Turku vous permettra de vous rendre partout en Europe du Nord à des prix très raisonnables. Stockholm est à portée de navire à un prix dérisoire, les réductions étudiantes pour le train permettent de vous rendre partout dans le pays. Les états Baltes, la Norvège, la Pologne ou le Danemark n’attendront que vous si vous êtes un habitué des compagnies aériennes. Enfin, Saint-Petersbourg, la «Venise du Nord», est facilement joignable en bateau depuis Helsinki (2h de train de Turku pour 15€ aller simple). Enfin, la Finlande dispose de paysages très variés, de l’archipel baltique de Turku aux froides collines désertiques de la toundra laponne. Un immense dépaysement en perspective.

Et sinon les mauvais côtés ou les points négatifs de ta nouvelle vie étudiante ?

La vie en Finlande n’est pas toute rose, et même si je me suis profondément attaché à ce pays, j’ai relevé quelques défauts notables.

Premièrement, le coût de la vie est plus élevé qu’en France. Malgré les réductions du statut étudiant, tout coûte plus cher en Finlande, notamment les fournitures scolaires, la nourriture ou encore l’alcool. C’est aussi le cas pour les voyages, et surtout au sein du pays comme en Laponie. De plus, de nombreux paiements doivent se faire via internet et peuvent vous être refusés en liquide. C’est notamment le cas des frais d’inscription ou de la carte étudiante. En contrepartie, le pays est un des plus développé et sûr d’Europe.

Deuxièmement, il va falloir changer de régime alimentaire. La viande est très chère, le pain français n’existe pas de même que les fromages. Votre régime alimentaire de base se composera de pomme de terre, poisson, légumes quelques autres féculents. Le lait est aussi très utilisé comme boisson tandis que le café se montre bien moins concentré qu’en France (il est servi dans des bols). Mais pas de crainte, les allergiques aux lactoses trouveront toujours de quoi manger car c’est un problème commun chez les finlandais.

Troisièmement, ne sous-estimez pas l’hiver nordique. Les températures peuvent descendre très bas et nécessitent un équipement qui doit être acheté sur-place, sauf si comme moi vous venez d’une région française froide et/ou montagneuse. L’hiver dure de novembre à mars, la neige tombe courant décembre et perdure jusqu’à la fin de la saison. Enfin, la luminosité décline fortement et les journées se limitent à 5-6 heures de soleil grand maximum quand le ciel est dégagé. Cela peut avoir un effet dévastateur sur le moral. Amoureux du soleil, pensez-y à deux fois.

Quatrièmement, j’ai été surpris du nombre de français présents sur place. Chers compatriotes, nous sommes la première nation représentée derrière les Allemands. Attendez vous donc à parler assez souvent la langue de Molière, ce qui est plutôt un mal pour cette année à l’étranger. Il est tout à fait possible de ne fréquenter que des étrangers, voir des finlandais, pour pratiquer votre anglais, mais la présence francophone demeure très importante. La Finlande reste un pays visiblement très souvent choisi.

Cinquièmement, la Finlande est loin d’être un pays très urbanisé. Les Finlandais ne sont que quelques millions et la plus grande ville du pays, Helsinki, n’en regroupe que 500.000, une vraie «fourmilière» pour eux. Citadins, vous risquez de vous retrouver en pleine nature et vous ne verrez jamais l’urbanisme que vous aimez tant. La ville de Turku est loin d’être immense et vous en ferez (très) vite le tour. Tout dépend de ce que vous recherchez, mais la Finlande n’est définitivement pas une place de choix pour les amoureux des grandes villes.

Pour ceux qui vont se rendre dans le pays où tu es, tu as des conseils pratiques à donner?

Renseignez vous bien à l’avance pour les cours et regardez bien leurs présentations. Ils sont complets et très facile à comprendre malgré les apparences. Mais ne vous formalisez pas trop car votre learning agreement peut aisément être changé donc ne stressez pas. Il ne s’agit que de la moitié de votre vie Erasmus.

Ne sous-estimez pas votre niveau d’anglais vous parviendrez TOUJOURS à vous faire comprendre. Les réflexes linguistiques viennent très vites et les finlandais parlent un anglais impeccable. Par contre, je conseille vivement d’apprendre les bases de finnois à tout le monde. Ça vous permettra de vous plonger plus profondément dans la culture finnoise.

Arrivez durant l’été en Août ou restez après les cours en Mai. L’été en Finlande est magnifique, doux et vous profiterez de l’archipel de Turku faisable à vélo ainsi que des croisières à travers les îles. Les moustiques ne sont pas encore trop présents et vous ferez vos premières armes avant d’affronter l’hiver.

Quels sont les endroits incontournables à visiter dans les environs?

L’archipel de Turku : 50.000 îles accessibles en bus, vélo ou bateau. Toutes les options sont accessibles via l’office du tourisme de la ville, y compris la location des vélos pour un prix très abordable.

Les îles Åland : ces îles bien qu’officiellement finlandaises disposent d’un statut international spécial. Suèdophones, elles possèdent leur propre gouvernement, drapeau et système administratif. A mi-chemin entre Turku et Stockholm, elles hébergent une quiétude unique, un parfum sauvage ainsi que le plus grand sauna à bois du monde. Incontournable quand les beaux jours reviennent.

Turku : comporte quelques bonnes surprises comme sa cathédrale, son marché couvert, son musée de la vieille ville, de l’art finlandais ou encore avec le château de Turku. L’île de Ruissalo de son coté, très proche du centre ville permet de quitter la ville pour la tranquillité de la nature finlandaise.

Naantali : petite ville de villégiature estivale très agréable et avec un certain charme. Le panorama sur l’archipel est magnifique.

Helsinki : où l’ancienne influence russe domine avec les églises orthodoxes et l’architecture de certains bâtiments. C’est une charmante petite capitale avec de beaux panoramas, de nombreux espaces verts et de très belles places comme celle du Sénat. L’île fortifiée de Suomenlinnaau large de la baie de la ville est quant à elle incontournable.

Stockholm : pour une vingtaine d’euro aller-retour, trajets de nuit, Viking Line vous déposera dans la plus belle ville de la Baltique. Majestueuse, grandiose, vivante, Stockholm est une destination obligée lors d’une année Erasmus en Finlande et qui ne demande qu’à être vue et revue. Rendez-vous obligé dans la vielle ville, située en plein cœur des canaux de la ville

La Laponie : le Grand Nord, la neige, le froid, les rennes, le village du Père Noël, l’océan arctique, les cottages, les aurores boréales, les Saamis, la boisson chaude au coin du feu, la nature dans toute sa splendeur. Un sentiment de sérénité et de solitude indescriptible au cœur d’une nuit polaire glaciale. Un endroit unique au monde.

Activités finlandaises immanquables : le sauna (suivi par le plongeon dans l’eau glacé de la Baltique), le ice-swimming (nager dans l’eau glacée après avoir percé la glace avec une foreuse), le hockey sur glace, les croisières de la Baltique dans les navires «tax-free», goûter la cuisine nordique, le ski de fond et les aurores boréales en Laponie.

Tu as déjà un bon souvenir à nous raconter?

Quelques uns oui. En Laponie, chaque cottage disposait de son sauna et j’y étais avec quelques amis en train de papoter. Soudain, deux autres occupants décident d’aller fumer et reviennent en trombe, surgissant au travers de la vapeur avec deux mots à la bouche : «Northern Lights». La première fois que j’ai vu des aurores boréales, c’était là, en Laponie, à 6h du soir, dans les ténèbres du Grand Nord, une serviette autour de la taille à -10/-15°C. Une expérience magique.

Le voyage en Russie a aussi eu son lot de souvenirs mémorable, notamment le marathon effectué en compagnie d’un ami allemand, à la recherche d’une bouteille de vodka digne de ce nom. Notre Dakar au travers de Moscou nous a fait croiser le chemin du seul policier de la ville parlant anglais. Dommage qu’il confondait Left et Rightmalgré cette compétence. Et je ne résiste pas à l’envie de partager notre surprise lorsque nous avons croisé successivement des Lénine, Nicolas II, Vladimir Poutine voire même un Staline plus vrais que nature.

Dernière anecdote, partageant mon appartement avec deux chinois, les duels de cuisine sont assez fréquents et je me suis déjà retrouvé à chercher désespérément de quoi préparer une tartiflette, une blanquette de veau ou la bonne farine pour un bon pain français dans les échoppes finlandaises. Les grands moments de rires et de convivialité valaient la peine de tous ces efforts.

Tu as un blog? Tu as quelques lignes pour nous donner envie de le visiter!

Non, je n’ai pas de blog ou tout autre moyen de faire profiter de mon expérience. En revanche, je suis ouvert à toutes questions, demandes et requêtes de ceux qui sont en proie au doute. Si vous voulez faire bondir mon icône de boîte mail, voici l’adresse : guillaume.bruna@sciencespo-lille.eu

 

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