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Kremlinologie

Bon. On aurait bien aimé commencer cette première chronique placée sous le saint-patronage de Bacchus et Korpiklaani par un éloge vibrant du Farafina, dont l’atmosphère chaude était un peu l’anti-dépresseur du palien après trois mois de pluie et de brouillard (okay, le punch « qui m’a poussé »  n’y est pas pour rien). On aurait bien aimé, donc, mais comme le Fara s’est enflammé il y a deux semaines environ, ça risque d’être plus une nécrologie qu’un dithyrambe (embrasé). Faut dire, mettre en relation si poussée alcool et fumette... clopes, fallait bien que ça arrive.

Elle a bien changé la rue Jean-Jacques Rousseau…

Alors on s’est intéressé à une autre institution de notre belle cité nordique, le bien connu Kremlin, sis rue Jean-Jacques Rousseau, dans le Vieux-Lille. Non, on est pas original, mais il y a bien un ou deux 1A perdus qui ne sont pas encore au courant, c’est cruel de les priver. Le Kremlin, petit bar version « trou dans le mur », ne paye pas de mine à première vue. Sans compter que la place n’abonde pas : faire une komunalka avec une maison voisine, ça ne serait pas une mauvaise idée (comme ça on pourrait y danser le casatschok). Mais le lieu est chaleureux, du fait même de sa petite taille, et si vous parvenez à y trouver une place (difficile, maintenant qu’il y a cette chronique, je n’en doute pas), il fait bon s’y retrouver sous le regard paternel et affectueux des Pères du Socialisme alors que la brise aqueuse frappe les fenêtres… En dépit de son nom riche en évocations, le Kremlin, ce n’est pas (seulement) le lieu de réunion des cocos du Front de Gauche, ceux qui s’adressent à Georges Marchais en l’appelant « gamin » après deux shoots de vodka (1) et qui vont maudire ta tronche de petit bourgeois propre sur lui en essayant de te poignarder (avec le fameux couteau qu’ils ont tous entre les dents), c’est aussi et surtout un exceptionnel bar à vodka. Quelle surprise, on s’attendait à du rhum. Mais attention : si par vodka tu entend une bonne rasade de « smirsofft », « absogoose » ou « grey eric » mélangée à deux doses de Coca-Cola ™ ou de jus d’orange pour faire passer le goût, tout en buvant comme un homme, tu te fourres le doigt jusqu’au goulag.

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Non, le Kremlin, c’est plutôt une quarantaine de vodkas venues directement d’ex-URSS (et moult autres alcools, y compris de la bière russe, la Baltica, mais on n’a pas tout testé non plus, on n’a qu’un seul foie, oh) que promis, juré, tu ne retrouveras pas de sitôt dans ton super-marché, servies dans des shooters correctement remplis (à ras-bord quoi), le tout pour un prix honnête (environ 4€ la dose). De la vodka blanche à celle parfumée au Millepertuis, en passant par l’eau-de-vie de tonton Serge, le Kremlin, c’est l’assurance d’un aller simple pour les vastes étendues de la Sibérie, le tout, ce qui ne gâche rien, sous les couleurs bien rouges du Socialisme triomphant. Drapeaux rouges, portraits de Karl Marx et Lénine au mur, CCCP dans ta gueule quoi. Un seul bémol : sérieux, c’est quoi cette musique de merde ? Boljemoi ! De la pop impérialisto-capitaliste américaine dans la ville de l’Internationale (2) ? Quelle tristesse.

L’endroit parfait pour enivrer ton syndicat de gauchos ou pour faire peur à tes amis néo-libéraux dans un cadre sympathique et bon enfant, pour faire un répit dans la lutte des classes : alcooliques de tous les pays, unissez-vous !

Le Buveur du Grenier

(1) : Selon nos informations, ils se réuniraient désormais au Café Citoyen pour y boire des jus de goyave bio, issus du commerce équitable locavore. Franchement, tout se perd.

(2) : Car vous n’ignorez pas, bien entendu, que la chanson d’Eugène Pottier que vous chantez chaque matin avant d’aller chasser du social-traître, fut interprétée pour la première fois en 1888, le 23 juillet (c’était un mardi et il pleuvait) à La vignette, riant estaminet lillois dont vous ne trouverez pas de kro’ ici : il a disparu depuis longtemps.

  1. En plus ils ont de l’Unicum, un breuvage hongrois fort goûtu.

    Le buveur numéro 1 : It’s a trap !

  2. Sophie Bigot Sophie Bigot

    l’Unicum est un détergent venu de l’est et quiconque vous le recommande ne vous veut pas du bien.
    En revanche, la vodka  » herbes et miel » est à préconiser pour les maux de gorge: soit vous en mourez soit vous êtes guéri.

  3. Que dalle c’est très bien l’Unicum.
    Les autres boissons sont des boissons de faibles.

    Dit le type qui ne fini pas son Jagermeister :p

  4. […] pour achever votre soirée en terre slave, la rédaction vous conseille bien entendu de vous finir au Kremlin, dans le Vieux-Lille. Vladimir Poutine aussi aime le Baba Yaga. Et l’Apostrophe. Toi […]

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