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Entrevue avec The Dude Company, artiste pochoiriste.

L’interview a été réalisée à la Ferblanterie, un bâtiment organisé en autogestion, qui regroupe les ateliers d’une ribambelle d’artistes. Ils sont 36, dont une douzaine de permanents, à y travailler. Le public peut échanger avec eux, voir leurs productions et visiter les ateliers – mais seulement tous les ans à la mi-octobre pendant 3 jours, ce qui correspond aux journées portes ouvertes des ateliers d’artistes.

Source : http://atticaddict.com/gourougui-soomski-la-ferblanterie-2012-Live-session-1300/image-1-12

C’est l’an dernier à cette occasion que j’ai croisé pour la première fois The Dude Company (Etienne Bergot). J’avais auparavant repéré ses pochoirs sur des armoires électriques et sur certains murs de la ville lorsque je suis arrivé sur Lille l’an dernier. Le type est aimable pour qui s’intéresse un peu à son art. Lorsque je l’ai vu la semaine dernière, lors des portes ouvertes des ateliers d’artistes, je lui ai fait part de ma volonté de faire une interview pour le BDA et l’Apostrophe. Honnêtement, il ne s’est pas montré franchement intéressé (il a l’habitude de répondre aux questions de la presse). Pour preuve, j’ai dû poiroter une heure devant son atelier avant qu’il n’arrive, affirmant le plus simplement du monde qu’il m’avait oublié. Mais une tasse de café et de thé suffisent à délier les langues un peu engourdies et à faire oublier ces quelques ratés.

Source: la voix du Nord.


Difficile de savoir qui se cache véritablement derrière the Dude, une interview de 15 minutes ne suffit pas. Il ne nous dit pas quelles ont été les raisons l’ayant amené à quitter son métier pour vivre uniquement de commandes de pochoirs. Il ne porte pas de véritable attention aux évènements liés à l’art urbain, notamment concernant le graff. Je souhaitais qu’il fasse des commentaires quant à l’exposition du Poisson*, mais il n’y est pas allé (pourtant, les grands et petits noms du graff lillois étaient présents, quitte à gribouiller et graffer sur les gouttières et les murs partout autour du bâtiment). On comprend rapidement son peu d’intérêt pour les galeries d’art, même s’il concède à la fin qu’il ne dirait pas non si un galeriste lui proposait d’exposer ses productions. Il donne plusieurs expositions par an, certaines collectives. La production de ses pochoirs semble répondre à une démarche profondément personnelle et humaine : pas de soif d’aventure – il ne prend aucun risque et n’a jamais été inquiété. The Dude peint sur des murs déjà dégradés ou tagués et évite le plus possible de toucher à la propriété privée. Contrairement à certains graffeurs, son but n’est pas de montrer que son activité est illégale. Il ne cherche pas à jouer le chat et la souris avec les flics de la BAC, c’est pour cela qu’il préfère peindre en plein jour, dévoilant son art aux yeux de tous les passants. Il ne s’agit pas non plus d’une volonté de reconnaissance et de visibilité à tout prix: Il suffit pour lui d’avoir un ami dans la lutte anti-graffiti pour que ses productions en ville soient relativement épargnées et bien conservées ainsi que d’avoir un carnet de commande pour ne pas trop s’inquiéter financièrement.

Mais pourquoi tout ça ? Simplement, répond-il, pour s’affranchir de nos tristes murs , pour rendre la ville plus colorée, plus humaine. Il y a dans l’art urbain une volonté de partage et de dialogue par les pochoirs, graff ou collage, mais surtout avec les passants, interloqués ou curieux. The Dude Company est sensible à la culture hip-hop (bien qu’il écoute tout genre de musique) et sa principale source d’inspiration provient du film Bloc Party, de Michel Gondry. C’est l’histoire d’un concert particulier et mémorable, animé par Dave Chappelle et organisé à Brooklyn auquel participent des grands noms de la musique afro-américaine. Ces pochoirs représentent donc des chanteurs et chanteuses noirs dans des paysages de citées américaines (pour la plupart , New York). Son travail est remarquable par la qualité et la précision de ses pochoirs**.

Tom Joad.

Pour approfondir, vous trouverez ici une présentation de l’art urbain ou street art…

http://www.le-graffiti.com/dossiers/

Ouvrage généraliste sur l’art urbain sorti très récemment:

http://www.amazon.fr/Lart-urbain-graffiti-street-art/dp/2070445828

*Vernissage de l’exposition du Poisson :

** The Dude Company, performance live à la Maison Folie Moulin pour l’exposition Post Graffiti.
http://www.youtube.com/watch?v=0GxDkzudkgQ&feature=context-cha

  1. Jean Pierre Fontaine Jean Pierre Fontaine

    Bravo Etienne j’ai encore plus découvert ce qu’était ton art et e me suis régalé
    Bisous
    Jean Pierre

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