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ÉDITO – Symphonie en couac majeur

Pauvre gouvernement ! A peine quelques mois d’exercice du pouvoir, et le voilà réduit à quia sous le flot constant des critiques, non seulement de l’opposition, ce qui est plutôt logique, mais aussi de l’ensemble de la classe médiatique, avec un bel unanimisme un peu déprimant, surtout quand on voit la teneur générale de la plupart des critiques.

Le mot phare en cette rentrée ?  C’est « Couac » (ou « Cafouillage« , ou « Boulette » – mais seulement quand il est question d’un ministre porté sur le pétard – ou « Bavure« , etc.) En effet, si l’on en croit nos Journaux Télévisés de 20h : « Jamais, au grand jamais un président et son gouvernement n’avaient aussi rapidement perdu la confiance de la population (aka. déçu les éditorialistes) ». Jamais en effet : quid de Nicolas Sarkozy, dont l’État de Grâce (cette créature aussi mythique que le dahu des montagnes) dura bien jusqu’au super-combo Fouquet’s-Yacht de Bolloré ? quid aussi de Jacques Chirac, dont l’une des premières décisions, rappelons-le au passage, fut de relancer les test nucléaires à Mururoa ? Pour le coup, le concert de « Couac » fut quelque peu mondial. Autant dire, pardonnez-moi de vous l’avouer, que le battage médiatique autour des malheureuses « boulettes » de ministres du gouvernement me fait rire un peu jaune (sans compter que les apparentes lacunes en politique contemporaine de mes futurs collègues me terrifient quelque peu). Non, sérieusement : depuis 25 ans au bas mot, personne n’a vu l’ombre de la queue d’un quelconque État de Grâce en France, il faut donc arrêter de le chercher chez chaque gouvernement qui d’aventure s’empare du pouvoir.

Quant à ce qui est des Couacs gouvernementaux relevés, on assiste à une étrange dichotomie entre ce qui est mis en exergue par la presse et des sujets quelques peu plus préoccupants pour la crédibilité du pouvoir socialiste. Ainsi quel intérêt de faire tout un battage autour de Vincent Peillon et de sa phrase « il faudra un débat sur le cannabis en France » ? Surtout pour être bien forcé d’admettre que, ben, oui, il faudra bien tôt ou tard : à 12 millions de consommateurs plus ou moins réguliers sur un pays de 60, ça commence effectivement à devenir assez important pour en parler.

A l’inverse, il est particulièrement inquiétant pour l’état de la démocratie en France (… mince, je commence à écrire comme un éditorialiste…) disons qu’il est inquiétant de voir des sujets autrement plus graves comme par exemple, la reculade effarouchée du gouvernement « de gauche » face aux #Pigeons, qui avouons-le sans fard, nous ont effectivement bien pigeonné, avec la complicité plus ou moins passive de l’immense majorité des médias, qui ont sagement repris les élucubrations des plus saugrenues de ce groupe de pression. Évidemment, il ne suffit pas d’utiliser les codes 9gag et le style Anonymous-we-are-legion pour être les gentils face au Léviathan taxateur.

Las, le temps que certains de nos journaux finissent par se dire « Oh, wait »,  c’était déjà trop tard. Le temps médiatique est sans pitié, trois jours sont de trop ; et le gouvernement avait cédé en rase campagne. Autant que face à Gaz de France, cette entreprise fondée grâce à l’effort national et qui s’assoit gentiment sur la réglementation française. Ou même face aux nouveaux « No tax in my capital », en l’occurrence, les #Moutons (là, ce sont les médecins desquels on veut supprimer les dépassements d’honoraires). Tant de volonté à souscrire au principe de l’égalité devant l’impôt à condition qu’il ne s’applique surtout pas à soi, ça fait chaud au cœur.

Bref, il y a là de vrais couacs, de vraies reculades, qui semblent légèrement plus préoccupantes pour un gouvernement qui a fait de la justice fiscale l’axe cardinal de la « réconciliation française« , que l’opinion de notre hussard noir de ministre sur la fumette,  ou l’annonce par notre premier ministre d’une décision du Conseil Constitutionnel six heures avant que ce-dernier n’achève sa sieste – ah voui quel scandale ma bonne Irène !

Axel Devaux

  1. […] La semaine dernière, l‘Apostrophe soulignait dans son édito la propension manifeste du gouvernement socialiste à reculer prestement sur les sujets se rapportant à la justice fiscale, pourtant au cœur de son programme. Des reculades qui semblaient curieusement favoriser certaines catégories bien précises de la population, et a priori, pas les plus menacées. […]

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