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Tribune : l’administration hermétique aux étudiants ?

Au-delà du programme pour lequel S&A s’engage à lutter, et en la réalisation duquel nous croyons moyennant l’instauration du rapport de force nécessaire (car les faits décrits dans cet article montrent bien à quel point un tel rapport de force risque de devenir nécessaire), nous aimerions profiter de cette élection pour porter sur le débat public un problème grave qui nous tient à cœur : l’administration de l’IEP semble s’être construite autour d’une culture de distance vis-à-vis de ses étudiants qui la rend tout à fait incapable de tout dialogue constructif avec les syndicats, les élus, les associations, et les étudiants.

« Qwa ?! Des étudiants qui proposent des trucs en C.A ? Vite ! Décret d’éducation n°279…. »

Plusieurs incidents nous mènent à cette conclusion :

Du point de vue associatif, il y a la logique de regroupement par « pôles » à laquelle les associations doivent se plier. Comme un plan quinquennal rigide, cette décision arbitraire et bureaucratique de l’administration a été prise sans consultation, à notre connaissance, avec les principaux intéressés. Et elle mène à des aberrations ! Ainsi, avant l’intervention que nous saluons d’ailleurs de M. Mathiot, il était question de créer un « pôle syndical ». Sur le papier, c’est beau. En vrai, ça voulait dire mettre l’UNEF et Sud dans le même bureau. Et pourquoi pas créer un « pôle politique » mélangeant Les Gôches et les Affranchis, tant qu’on y est ?
L’administration veut diminuer le nombre d’associations. Cela se voit dans les projets d’archi des futurs locaux : seuls 10 bureaux sont prévus. 2 de plus qu’aujourd’hui. C’est peu, sachant que déjà, plusieurs associations logent dans le même bureau. Impossible alors d’envisager une croissance du nombre d’associations et encore moins le développement de services autogérés comme il en existe dans nombre de pays. Impossible aussi d’envisager des permanences syndicales sereines : d’ailleurs, il n’est pas prévu d’offrir aux syndicats de statut particulier qui leur permettrait d’avoir une vraie présence, y compris en dehors des périodes électorales.
Enfin, il y a deux ans, deux évènements avaient déjà montré que quelque chose de louche se tramait quant à la politique de vie étudiante : la menace de retirer les subventions au Jeu de l’Oie, qui a d’ailleurs disparu depuis, et l’interdiction, levée sous la pression coordonnée de plusieurs associations, d’organiser des conférences en février 2011. Y compris quand les Verts voulaient inviter José Bové, ou De toutes les couleurs, Richard Stallman.

« … Quelque chose de louche se tramait quant à la politique de vie étudiante… »

 

Les syndicats ne sont pas toujours beaucoup plus considérés, du moins par certains. En effet, l’UNEF a eu à se plaindre d’enseignants lui interdisant de manière arbitraire de passer des annonces pendant leurs cours d’amphi. S&A se joint à leur indignation et a déjà proposé des interventions communes à l’avenir si de tels faits venaient à se reproduire.

Quant aux élus étudiants, depuis le début de l’année, aucune de nos demandes, y compris les plus banales, n’ont été écoutées.
La liste est longue, rien que depuis septembre.
Prenons les travaux dans la salle de travail, sur laquelle les étudiants n’ont pas été consultés : à la réunion de rentrée, en présence de M. Mathiot et des élus S&A, RDU et Déclic, il avait été acté que les emplois du temps des salles seraient affichés, les étudiants pouvant les utiliser lors des créneaux vides. Il a fallu relancer à plusieurs reprises pour apprendre que finalement, l’administration avait changé d’avis. Ce changement d’avis s’est bien sûr fait sans consultation.
Prenons maintenant la lettre envoyée par l’administration aux étudiants du master CEI sur les absences en conf. Ce mail contenait des informations erronées au regard du règlement des études. S&A a réagi en demandant cordialement à l’administration d’envoyer un rectificatif. Sans réponse pendant des semaines malgré une relance, nous sommes allés voir la personne en charge du dossier, et nous avons été éberlués d’apprendre, qu’en fait, elle avait reçu des consignes du service de scolarité de ne pas réagir à notre demande. Le problème n’était pas que nous ayons tort, mais simplement que ce n’était pas à nous, étudiants, de demander des choses à l’administration ! Même justifiées ! Et même si les étudiants en question sont des élus au C.A. Bel esprit !

Enfin, il y a des épisodes marrants au C.A., où l’on a essayé de faire supprimer un article du règlement des études car il n’était pas appliqué par l’administration, avec un motif valable. Il s’agit de celui qui les oblige à annoncer à l’avance le nombre de places dans les masters : ils veulent se garder une souplesse pour mieux répondre aux demandes. C’est bien, mais ils n’ont pas voulu supprimer l’article. Non qu’il y ait eu débat sur le fond. Non… c’était juste une question de principe, apparemment. Si c’est les étudiants qui le demandent, apparemment, ça ne passe pas.

« … car dans leur avidité, ils ont creusé trop loin, trop profond. Ils ont réveillé les Étudiants, le Fléau du C.A… »

Cette mentalité de mandarin nous paraît être dangereuse et nous inquiète, à l’heure où les problèmes à l’IEP se multiplient, et où il nous paraît urgent, sous peine de voir la qualité de notre IEP se détériorer rapidement, d’inverser la tendance

Liste Solidaire et Autogestionnaire IEP Lille

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