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ÉDITO – J-F président !

Semaine chargée sur le front ; alors que le Hamas et Tsahal rivalisent mutuellement d’ingéniosité pour savoir qui causera le plus de tort aux deux millions de civils coincés dans la prison infâme que l’on appelle bande de Gaza, les charmants ultra-catholiques de l’Institut Civitas ont défilé martialement dans les rues de Paris, ne s’arrêtant que pour tabasser une bande de militantes féministes ukrainiennes à qui personne n’avait visiblement fait remarquer que, tant qu’à insulter le petit Jésus, ce qui est tout à fait légitime, mieux vaut le faire cependant à distance respectable d’une centaine de néo-nazes plus proches du pithécanthrope que de l’archange Saint-Michel, et qui pour le dire franchement, ont visiblement encore des conflits non résolus avec Saladin. Ah, et pis je ne leur balancerais pas du liquide d’extincteur à la gueule, ça risque de les énerver, c’est pas connu pour leur gentillesse et leur pondération comme bestioles. Bien entendu, amis bien-pensants, cela n’excuse en aucun cas le comportement inqualifiable (enfin, si, c’est qualifiable par les mots « sales cons« ) des fachos de Civitas, mais de là à crier au génie contrarié des Femens (et de Caroline Fourest) il y a un pas que je me garderai de franchir, de la même façon que si j’allais exhiber ma richesse matérielle dans quelque bidonville à l’extérieur du périf’, je ne m’étonnerais pas spécialement – bien que j’en fusse marri – de ramasser rapidement mes dents sur le sol tout en constatant l’absence de mon téléphone portable dernier cri à 600 boules.

Mais venons-en maintenant à l’évènement qui a fait la semaine, le bouleversement médiatico-politique, le renversement de situation, bref, le choc de la semaine : la séparation surprise d’Audrey et d’Arnaud,  pardon, je veux dire, l’élection du nouveau président de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP). L’élection a eu lieu dimanche, et puis un peu lundi aussi. Autant le dire, on s’est tous bien marré, quand même, sauf peut-être les Socialistes qui n’ont pas trop osé faire de remarques, vu que le congrès de Reims en 2008, c’était pas si loin. Sans la présence d’esprit du président de la désormais mondialement connue COCOE, un expert en droit de l’Union Soviétique, on y était encore en 2017. Mais tout de même, ils y sont (presque) parvenus, et, à la surprise assez générale, c’est finalement Jean-François Copé qui avait raison : il a bel et bien été plus ou moins régulièrement élu président de l’UMP, avec le score mirobolant de…  98 voix d’avance, ce qui prouve bien qu’on ne sait plus bourrer une urne comme dans l’ancien temps, au RPR.

Autant le dire tout de suite, les éditorialistes prévoyant un peu tous la victoire de François « Fifi » Fillon, on a assez collectivement l’air un peu d’une bande de flans. C’est ça d’être une bande de gauchistes mal lavés, on a plaqué sur les militants UMP nos propres convictions (qui globalement considéraient François Fillon comme le moins dingue des deux). N’empêche que l’Express s’est gouré aussi alors, hein. Toujours est-il que la victoire plus ou moins franche de Jean-François Copé a le mérite de redistribuer les cartes, et aussi de justifier à nouveau les notes de frais des éditorialistes du pays (je précise à ce propos que l’Apostrophe ne me rembourse même pas le RU).

Quel avenir pour un UMP dirigé par Jean-François Copé ? Quel avenir pour Jean-François Copé lui-même ?

Il y a fort à parier que, si son élection n’est pas annulée pour fraude d’ici là, Jean-François Copé va considérer que sa victoire est surtout due au bourrage d’urnes à la droitisation de son discours, soit l’école Buissonière. Depuis 2007, les stratèges de l’UMP sont de toute façon convaincus que les élections se gagnent à l’extrême-droite, en siphonnant les voix du Front National. On sait que cela n’a pas forcément porté chance à la droite, surtout dans les présidentielles. Il pourrait quand même être intéressant de voir comment Jean-François Copé va exploiter cette conviction. Va-t-il proposer une alliance au Front National, pour récupérer les 18%, ou, à tout le moins, sécuriser une aile droite des plus turbulentes ? Cette alliance sera-t-elle acceptée ? Le FN sera-t-il le PCF de l’UMP Copéiste ? Cela semble assez peu probable, d’autant plus que l’aile  »gauche » est comparativement aussi forte et parallèlement très réticente à toute « extrême-droitisation » de l’UMP. Ainsi Charles-Henri*, résidant au Vésinet dans les Yvelines et membre de l’UMP depuis ses dix-huits ans, confiait-il après l’annonce de la victoire de Jean-François Copé, qu’il »ne resterait pas dans un parti d’extrême droite », et envisagerait à l’instar de « nombreux autres militants« , de quitter l’UMP en cas de dérive à droite trop marquée. Bien que ces paroles, nourries par la déception de voir leur champion échouer, doivent être prises avec précaution, elles n’en sont pas moins symptomatiques d’un danger de rupture entre ceux des militants UMP qui considèrent toujours le Front National pour ce qu’il reste : un parti xénophobe, ultra-conservateur et non un partenaire politique, et ceux qui sont tout à fait disposés à suivre leur Faust local dans les bras du Méphistophélès de Saint-Cloud.

Sans compter que les 300 000 militants du parti qui s’auto-proclame « républicain de droite » (tousse, tousse) ne forment pas, loin de là, l’intégralité des sympathisants et électeurs naturels ou non de l’UMP. Ce sont ceux-ci, bien plus que les militants eux-même, qui font et défont les élections. Il n’est pas dit qu’eux souscrivent à la théorie de la droitisation du discours en vigueur chez Jean-François Copé.

Autant dire que bien des épreuves attendent l’aigle de Meaux, qui seront sans doute plus réjouissantes à chroniquer pour moi qu’à vivre pour lui. En lui souhaitant de tout cœur de copier le congrès du PS de 2008 jusque dans son résultat définitif ; la mairie de Meaux ne doit pas être l’endroit rêvé pour y finir sa vie politique en voyant quelqu’un d’autre, du genre petit gros consensuel, occuper son fauteuil à l’Élysée.

Mais qui donc ?

Axel Devaux. 

MAJ du 21 novembre : à l’heure où nous bouclons l’édito pédant, Jean-François Copé est encore chef du parti. La rédaction décline toute responsabilité si cela devait changer dans les prochaines heures, nous, on dort.

*Le prénom a été changé. 

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