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Planète Océan : Yann Arthus-Bertrand s’immerge dans les fonds marins

Dans son nouveau film qui sort aujourd’hui en France en DVD, Yann Arthus-Bertrand stigmatise la démesure et les excès de l’homme qui a fait de l’océan  « un monde à son image ».

Alors que s’ouvrait  la 18 ème conférence sur le climat des Nations Unies à Doha au Qatar, Yann Arthus-Bertrand est venu la semaine dernière à Lille présenter en avant première son dernier film Planète Océan, réalisé avec Michael Pitiot, devant les étudiants de l’école de commerce de l’Edhec.



Réalisé pour le sommet de la terre de Río+20 de juin 2012, le film a été tourné avec la participation des chercheurs, océanographes et biologistes de l’organisation Tara expéditions et il est mis gratuitement à disposition des associations de protection de l’environnement, des institutions publiques et des réseaux éducatifs.

Narré à la première personne, un « je » qui parle au nom de l’humanité, le film relate les différentes étapes qui ont fait de la planète un environnement viable pour l’homme. La période glaciaire a été suivie d’une fonte des eaux qui a submergé la planète et a permis le développement  des formes du vivant que nous connaissons aujourd’hui. Regarder l’océan c’est également s’intéresser à nos origines, puisque c’est sous l’eau que sont apparues il y a quatre milliards d’années les premières bactéries.

L’hélicologiste nous plonge au cœur du monde sous-marin en décrivant le cycle qui unit le plancton, les coraux, les poissons et les mammifères marins. Barrières de corail, poissons clowns, anémones de mer, requins et autres petites bêtes aux formes incongrues, Yann Arthus-Bertrand raconte l’équilibre délicat qui existe sous l’océan grâce à des scènes sous-marines sompteuses.

Mais l’homme est allé trop loin, beaucoup trop loin.

« Je suis devenu un superprédateur » affirme la voix de Yann Arthus-Bertrand relayée par les images des énormes filets de pêche qui entraînent dans leurs mailles tous les animaux marins sur leur passage, sans distinction, ou encore d’un bateau de marchandise transportant le bois d’une forêt entière.

Depuis le ciel, les images découvrent les infrastructures les plus titanesques que l’homme aie créées : ponts à six voies de plusieurs centaines de kilomètres, bateaux de tailles démesurées, l’océan a permis la mondialisation symbolisée par les ports de containers qui s’étendent à l’infini.

« Tout ce qui vit, tout ce qui pousse sur la terre passe un jour par mes mains de fer, je transporte même des forêts, je puise sans relâche dans l’océan pour me nourrir » assure Yann Arthus-Bertrand.

Le film dénonce les ravages causés par les chaluts de hautes-mers, responsables de la surpêche et qui emportent dans leurs filets des milliers d’espèces n’ayant aucun intérêt pour la consommation et qui sont donc  « sacrifiées pour rien » selon le  cinéaste  (AFP).

L’homme bouleverse l’écosystème océanique,  certaines espèces se développent trop alors que d’autres disparaissent et les ressources halieutiques diminuent de jour en jour. Et l’écologiste de poser la question : « Comment en suis-je arrivé à ne plus voir ce qui m’entoure ? ».

Avec les vues aériennes, la récurrence du « je » et les catastrophes annoncées, Yann Arthus-Bertrand met en place une narration qui lui est si propre qu’un spectateur ose la question : « vous n’avez pas l’impression de vous prendre pour Dieu ? » ; il esquive en répliquant :  « que voulez-vous que je vous réponde ? ».

Dans la conférence qui suit la projection, l’auteur explique que les ONG ont été une source d’inspiration pour son engagement écologiste. «  Être écolo c’est aimer la vie » dit-il en affirmant être de nature optimiste malgré les tragédies qu’il décrit. Selon lui, la solution à la crise écologique est spirituelle et elle doit surmonter le grand déni collectif dans lequel nous vivons.

Il reconnaît un engagement politique timide pour les écologistes : « je pense que l’écologie politique est morte, je vote plus par romantisme que par conviction ».

Yann Arthus-Bertrand répète plusieurs fois qu’il aime l’époque dans laquelle il vit, comme pour souligner une contradiction « il y a des gens qui ne m’aiment pas du tout, je ne suis pas contre le capitalisme ».

Son film sort aujourd’hui en DVD et en Blu Ray. Il sera diffusé sur France 2 fin décembre.

Pour regarder le trailer c’est ici.

Mathilde Gracia

  1. Hugues Pignon Hugues Pignon

    tu nous donnes vraiment envie de ne pas le louper !

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