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ÉDITO – Comme des grands.

En novembre, la France des Amphis a élu ses (196) représentants aux CROUS. Qui s’en est rendu compte ? Pas grand monde. Éventuellement, on a pu s’étonner de voir soudain apparaître, comme des champignons après la pluie, des militants syndicaux étudiants divers et variés, l’espace d’une semaine. Après avoir distribué la moitié de la forêt équatoriale en tracts mal imprimés et surchargés de textes abscons, ils disparaîtront comme ils sont venus, et on n’entendra plus parler d’eux avant l’année suivante, même date. Quant à leur efficacité, disons-le sans complaisance, elle est quasiment marginale. Pour l’opinion publique, déjà, ce qui est passablement ennuyeux.

La question qu’il importe de poser est, comme toujours : pourquoi ?

crous.fr

Pourquoi les élections étudiantes, c’est-à-dire l’expression directe de dizaines de milliers de jeunes Français, dans une des périodes les plus cruciales de leur vie, sont-elles à ce point ignorées dans notre beau pays ? L’immense majorité des étudiants disposant du nombre d’ans requis pour voter à n’importe quelle autre élection du pays, des présidentielles aux cantonales, faut-il pourtant penser que leur valeur s’efface dès lors qu’ils désignent leurs représentants face à la direction ? Pourquoi la voix étudiante aux Conseils d’Administration est-elle systématiquement minoritaire, ignorée, mise sur le coté sans plus d’attention, notre propre IEP n’ayant pas, loin de là, le monopole de ce comportement a priori étrange ? Pourquoi en 2012 est-on encore réduit au “sois jeune et tais-toi” ?

Il faut y voir les conséquences d’une spécificité française : les universités sont un laboratoire du monde des Grands (i.e. du travail). On y fait tout comme eux : partis politiques, journaux, et bien entendu, syndicats. Étant bien entendu que tout ça, c’est pour du jeu, c’est pas pour de vrai. Libre aux petits jeunes de s’égosiller sur la hausse des frais d’inscription ; mais c’est de nos salaires dont on cause là, les enfants. Retournez jouer, maintenant. D’autre part, les syndicats étudiants font tout pour ressembler aux syndicats des grands. Malheureusement, ils prennent pour exemple le syndicalisme français, qui s’en va d’échecs en déconvenues depuis des décennies. Il est aussi fastidieux d’en rappeler les causes que de lister la légion de syndicats rivaux qui prétendent représenter… représenter qui ? Car là qu’est le nœud du problème : qu’est-ce qu’un syndicat ?

Le MEDEF. Soit un rassemblement d’intérêts particuliers qui s’unissent pour défendre au mieux leur intérêt perso. Pour défendre un intérêt, il faut en avoir les moyens : ça s’appelle établir un rapport de force”. C’est-à-dire que si le MEDEF dit “on va aligner vos salaires sur celui de la Roumanie, sympa, non ?” – assez curieusement, personne n’évoque jamais la solution inverse -, le syndicat en face peut répliquer (métaphoriquement) : “vas-y et on te pend par les tripes à la porte de l’usine. Tes enfants, on fera pareil, et avec ta grand-mère, on fera du méchoui”. Ce genre de menace ne marche bien entendu que si un demi-million de cheminots sont derrière en prenant l’air méchant. Si c’est cinquante pékins (en pleine scission avec les sociaux-traitres de Force Travailleuse Solidaire Unitaire), c’est tout de suite nettement moins crédible. C’est tout le principe d’un rapport de force : il y a force dedans. La force d’un syndicat ouvrier n’est pas l’argent, c’est la masse, c’est la légitimité du nombre. Un syndicat est fort s’il représente réellement des gens. Tout simplement parce qu’il a ainsi les moyens de ce qu’il réclame. Notons bien sûr que les syndicats de droite, eux, sont souvent très efficaces (quand ils siègent). C’est en effet relativement plus facile d’aller dans le sens du courant. Pour les autres, leur pouvoir tient toujours dans leur capacité à déclencher l’émeute, la grosse catastrophe, la grève…

Ainsi donc les syndicats français sont-ils en général très peu efficaces, parce qu’ils sont très peu représentatifs, ce qui est logique, puisqu’ils sont perçus comme inefficaces par leur cœur de cible (sans compter les petits problèmes afférents : se syndiquer quand on est pas cheminot ou journaliste, c’est s’accrocher une étiquette “fouteur de merde patenté” à la chemise). Les syndicats étudiants ne font donc pas exception à la règle, sauf à en rajouter encore plus dans le sectarisme (parce qu’à la différence de leurs Grands frères, ils s’y croient quand même un peu), et ses corollaires. C’est un cercle vicieux. Pourtant les syndicats/associations/quelquesoitlenom sont importants : les décisions prises par le gouvernement ou la direction d’une université sont susceptibles d’impacter sur la vie entière d’un étudiant, ou au moins, de manière moins dramatique, de gréver lourdement ses conditions de vie.

Il est nécessaire de résoudre ce problème. D’une part, il est souhaitable que les “Grands” cessent de tenir les étudiants et leur droit de vote comme quantité négligeable, mais, évidemment, nous ne sommes pas dans un monde de Bisounours, et comme le dit si bien le proverbe syldave, “quand l’homme armé d’un gourdin parle gentiment, les autres l’écoutent poliment“. Comme disent les libéraux, “on a rien sans rien” : il faut payer pour. Pour que la représentation soit efficace, il faut bien que les étudiants soient au courant que ça sert à quelque chose de voter – voire que le vote se tient quelque part par là-. Mais comme bien entendu il est déjà fatiguant d’aller en amphi, pour être efficace, la représentation doit être obligatoire, point. Le problème, c’est l’abstention ? Interdisons l’abstention aux élections étudiantes. Imagine-t-on les professeurs ne pas voter ? Pourquoi les étudiants eux, seraient-ils autorisés à se tourner les pouces ? Prenons l’exemple du Québec : le syndicalisme là-bas est tout ce qu’il y a de plus représentatif, puisque tous les étudiants sont par définitions membre d’une “association facultaire” à laquelle ils payent duement une cotisation (prélevée par l’université). Par ailleurs, pour éviter “l’effet UNEF” (les inconnus qui envahissent votre hall une semaine par an pour vendre un tract imprimé à un million d’exemplaires), ce sont les associations qui s’inscrivent à des organisations syndicales nationales, qui s’occupent de défendre les intérêts de la classe étudiante au … niveau national. Surprise. Voilà qui évite de façon intelligente d’être à la fois au four et au charbon. Les résultats n’en sont pas difficiles à déduire : après avoir lancé le Québec dans une grève de six mois, une organisation minoritaire (à peine une centaine de millier de membres), la CLASSE a tout simplement fini par faire tomber le gouvernement libéral en place. La classe, quoi.

source : Le Courrier de l’Ahuntsic (Montréal)

On peut toujours rêver pour voir ce genre de comportement en France, toutefois, vu qu’il est assez improbable que le gouvernement décide soudain de s’enfoncer d’un coup d’un seul une épingle de plus dans le pied et que personne ne parle de réformer le système syndical français largement dépassé, quitte, cependant, à en dénoncer cycliquement l’inefficacité. Un manque de courage surprenant de la part d’un gouvernement qui se verrait bien paré des lauriers du chancelier Gerhard Schröder : ce serait oublier le rôle capital joué par les tout-puissants syndicats d’outre-Rhin dans la réussite factuelle du plan.  C’est quand même bien dommage.

Axel Devaux. 

  1. Léo Voisin Léo Voisin

    “Comme des grands”… Je récuse absolument ce qui est défendu dans cet article, qui véhicule les pires clichés et idées reçues sur le syndicalisme, a fortiori chez les étudiants. Voici les critiques d’un syndicaliste qui a fusillé son semestre en allant courir partout dans l’académie et convaincre les étudiants pour se faire dire par des Axel Devaux qu’il ne se pointe que le jour des élections :

    1) Idée reçue numéro 1 : Les syndicats français, parce qu’ils rassemblent peu de monde, seraient peu représentatifs et inefficaces. C’est archi faux. Nous avons une tradition politique qui veut que les syndicats sont indépendant des partis. Ce modèle conduit à un taux d’adhésion plus faible, mais on ne peut pas dire que le syndicalisme français est faible. Dans quel autre pays d’Europe peut on se vanter d’avoir des conventions collectives, une sécurité sociale gérée de façon paritaire, les 35 heures, la CMU ? Que les syndicats rassemblent trop peu de monde, certes, mais on ne peut pas nier la capacité qu’ils ont à mobiliser en cas de besoin (doit on rappeler le CPE?), qui n’a son pareil nulle part en Europe.
    Pour ce qui est des étudiants, je te conseille d’aller faire un stage à l’ESU (European Student Union), et à constater le quasi culte que vouent les organisation syndicales d’étudiants (y compris la FEF belge, qui a pourtant beaucoup de moyens et d’adhérents) à l’UNEF. Tous reconnaissent la force incomparable de l’UNEF pour défendre les étudiants.
    Quant au nombre d’adhérents, je serai heureux que les étudiants adhèrent en masse. Trop peu se rendent compte qu’il est difficile de reprocher à une organisation de ne pas être présente si les gens présents attendent que les militants pleuvent par la volonté divine. Ces curés de la résignation présents à peu près partout avec la même constance contaminent le milieu étudiant avec l’idée que rien n’est possible, que le syndicat n’en fait pas assez. Or, le syndicat n’en ferait il pas plus si l’étudiant en question décidait d’y adhérer et d’y militer? La vraie question serait plutôt là, non?

    2) Idée reçue numéro 2 : Tout le monde se foutrait du CROUS et y voter ne sert à rien car rien ne change jamais.
    C’est probablement à cause de cette idée qu’il y a une participation aussi faible. Le rôle des organisations étudiantes, c’est justement de casser cette idée et de faire comprendre aux étudiants qu’il est possible de faire des choses et que plus ils participeront, plus on pourra obtenir des avancées importantes.
    J’insiste un peu sur ce point pour souligner l’injustice de ton point de vue sur les orgas qui ne viendrait que pour les élections et repartiraient jusqu’à la prochaine échéance. Pendant 3 mois, depuis Septembre, l’UNEF a vu un nombre considérable d’étudiants, sur une académie qui compte 150 000 étudiants. C’est un travail colossal et on peut toujours mieux faire, mais ce sont tout de même près d’un tiers étudiants supplémentaires qui sont allés voter cette fois ci, et l’UNEF a eu près du double de ses voix de 2010.
    Ce travail a été fait à l’IEP. Depuis le début de l’année, l’UNEF a organisé une bourse aux livres, une campagne active contre l’augmentation des frais d’inscription, pas un seul étudiant de l’IEP ne peut nous faire le reproche de ne pas avoir été là. Dans le même temps, je déplore que la réaction de beaucoup d’étudiants soit de nous dire qu’ils s’en foutent, les mêmes venant après nous donner des leçons en nous disant qu’ils n’ont pas suffisamment été mis au courant. Il y a un moment où il faudrait être sérieux deux minutes et un peu écouter ce qu’on raconte.
    Je signalerai au passage que les tracts distribués par les organisations n’ont pas pour but de détruire la forêt amazonienne, mais d’informer les étudiants sur des points de vue et des arguments. C’est manifestement nécessaire. Il me semble que quand on parle par exemple du CROUS, on ne peut pas dire que rien n’a jamais été obtenu par l’UNEF : le Fonds National d’Aide d’Urgence, son ouverture aux étrangers, l’échelon 0 et l’échelon 6, le dixième mois de bourse, toutes ces choses ont été obtenues sous la pression de l’UNEF et de tous les étudiants qui ne se sont pas dit que les élections étudiantes ne servaient à rien, et elles ont été obtenues sous des gouvernements de droite (donc à priori moins favorables au progressisme).

    3) Idée reçue numéro 3 : s’il y a des élections étudiantes, c’est pour qu’on joue à faire comme les grands.
    Voilà le plus énervant quand on se bat pour convaincre. Les élections étudiantes ne sont pas un jeu, elles ne sont pas une blague, elles ne sont pas non plus un entraînement. Ce sont de vraies élections, avec de vrais programmes, de vrais élus, et de vraies conséquences. Mais ça, on ne peut le savoir que si on s’y intéresse et si on écoute les gens qui viennent voir les étudiants, pas pour les embêter mais pour les convaincre et pour les mobiliser.
    Etudiants, nous sommes des adultes, nous sommes capables de gérer nos affaires. Nous ne sommes pas des sous élus ou des élus pots de fleur. J’ai un regard très amer quand je vois qu’à l’IEP les élections se jouent trop souvent à qui aura l’affiche la plus marrante, les textes les plus drôles ou qui aura le plus “d’humour”. Ce n’est plus de l’humour au bout d’un moment. Augmenter les frais d’inscription, c’est sérieux, changer les règles d’examen, c’est sérieux, faire un master financé par la société des eaux du nord, c’est sérieux. Les blagues, c’est bien, mais ça ne doit pas empêcher de se rendre compte des enjeux et de développer des arguments.

    Une dernière chose après cette longue réponse. Je suis élu au CROUS de Lille, sur la liste de l’UNEF qui a obtenu le nombre de voix le plus important de toute l’histoire sur l’académie de Lille. Quand je lis un article comme celui ci, j’enrage parce que c’est totalement coupé de la réalité. C’est facile d’écrire des horreurs dans l’apostrophe après la bataille, mais il ne faut pas oublier que les choses reposent sur tout le monde et pas que sur l’UNEF. En véhiculant la résignation et en occultant toutes les victoire qui ont été obtenues ces dernières années, on ne rend service à personne, et surtout on n’est pas constructif. J’espère sincèrement que les négociations qui vont s’ouvrir sur l’allocation d’autonomie vont faire taire tous les Axel Devaux de l’enseignement supérieur français, en leur montrant l’efficacité du syndicalisme et l’utilité des organisations comme l’UNEF. Peut être alors ces gens là seront ils grands, enfin.

    • Cher Léo,

      C’est avec plaisir que je découvre ton commentaire, même s’il invite “les Axel Devaux” à se taire. Le but modeste de cet éditorial est aussi d’agiter un peu les idées et les consciences, et provoquer un débat est une immense satisfaction. On peut donc dire que l’éditorialiste est une version verbeuse du troll. Nonobstant, en lisant attentivement ta réponse, j’ai l’impression que, peut-être, tu as mal interprété mon propos. Et au fur et à mesure j’en suis même convaincu.

      Que dis-je en somme dans cet éditorial ? Que les élections au CROUS sont dramatiquement peu mise en valeur, en particulier dans la presse, le gouvernement, les administrations (mais je parle pas ici des syndicats étudiants) alors même qu’elles vont influer directement sur la vie de milliers de jeunes Français, et partant de leurs familles. Que les élus étudiants sont trop souvent considérés et A TORT comme des sous-élus, des ”petits jeunes”, etc. à la fois par les administrateurs de l’Université mais aussi, et c’est encore plus grave, par un grand nombre de leurs camarades. Et cette situation, je la dénonce du début à la fin. Cela étant posé, j’ai ensuite cherché à comprendre pourquoi cette situation existait. Elle est là, il faut bien chercher à la comprendre, trouver les racines du mal. Il y a bel et bien une abstention catastrophique, il y a forcément des causes plus profondes que “pff la flemme” ! Pourquoi les syndicats étudiants ne jouissaient pas d’une opinion flatteuse en France ? Pourquoi il y avait une telle abstention aux élections étudiantes (un étudiant sur dix !!!), bref, ce qui peut expliquer une représentation faussée du syndicalisme et de son rôle.

      Je sais pertinement qu’il s’agit de vraies élections, avec de vraies élus, autour de vraies questions, j’en suis même cruellement conscient ! Et je n’ai de cesse de le rappeler, tout au long de l’article. Le problème que j’essaie de comprendre est : “pourquoi diantre, alors que ce sont de vraies élections, la doxa ne semble pas les considérer comme telle ?”, c’est “mais pourquoi ce mépris, inimaginable par exemple au Québec, de la part des autres parties non étudiantes” ? La question était donc d’éclairer le constat initial, non de dénoncer le syndicalisme bien au contraire ! Si tu lis bien mon article, tu ne manquera pas de constater que je souligne l’importance capitale du syndicalisme pour le bien de la société tout entière. Ça n’a jamais fait aucun doute. De même, je ne vois pas spécialement ce que viennent faire CMU et journée de 8h dans le débat : il n’a jamais été question de critiquer les immenses avancées sociales du passé.

      Par contre, il me semble qu’il est légitime de constater (et de s’inquiéter) de l’incapacité de plus en plus forte des syndicats à défendre ces acquis sociaux nécessaires qui font l’honneur de notre pays. Les exemples ne manquent pas d’entreprises fermées dans l’impuissance. Les forces vives des syndicats décroissent. Tu n’ignore pas que la CGT comptait 4000 0000 adhérents en 48. 600 000 en 2020. D’où vient cette chute, a-t-elle une cause, si oui laquelle ? Dans quel mesure, si on croit la démocratie, une force élue avec une abstention supérieure à 50% est-elle représentative ? Tu évoque la Charte d’Amiens, mais ce n’est pas mon cas. Je reproche certaines choses au syndicalisme français, je constate certains problèmes, mais il ne me semble pas que tu apporte de réponses à ces questions 😉

      Ce n’est pas faire un acte d’anti-syndicalisme haineux que d’interroger des faits visibles, c’est aider une réflexion sur le sujet. Là encore, ce qui est visé, c’est comprendre pourquoi la crise, pourquoi une site forte abstention, pourquoi un tel manque d’information de la part des “pouvoirs” en direction des étudiants. Les simples chiffres de la participations aux élections (CA et CROUS) à l’IEP le prouvent : les étudiants ont encore moins voté pour le CROUS, alors qu’il les concernent beaucoup plus ! Certains programmes aux élections étaient à 55% au moins composés de propositions qui n’étaient pas du ressort du CA mais du CROUS ! Et pourtant, la participation a été beaucoup plus faible ! POURQUOI ?

      Pour conclure, on sait très bien que les élections étudiants sont primordiales, à l’Apostrophe, et on se bat chaque semaine pour transmettre cette conviction aux étudiants, en favorisant la transparence – regarde notre article sur la CVE de cette semaine, celui sur le Conseil d’Administration du 19 décembre mercredi prochain… -. Par contre, on essaye de comprendre pourquoi les gens ne partagent pas notre opinion, et trouver des pistes de réponse. C’est dommage par exemple que tu ne réagisse par l’exemple du système québécois, un système très efficace, il me semble. J’espère que tu comprend bien qu’il ne s’agissait pas d’attaquer les syndicalistes ou l’idée de syndicat, mais de mettre en lumière les défauts du système actuel, et les causes possibles de celui-ci.

      Bien à toi,
      Les Axel Devaux de l’enseignement supérieur.

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