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Ces bières que tu peux apporter sans honte en soirée

Le mois de décembre est arrivé, et avec lui son cortège de galops d’essai et de papers à rendre. Bien déprimante est cette période, et pour s’en consoler, quoi de mieux qu’une bonne cuite avec ses potes ? Seulement voilà, toi, le jeune 1A (variante: toi, le 2A ED), tu viens à peine de quitter ton sud lointain et chaud, quelque part dans la banlieue parisienne, et, oui, avouons-le, avant ta première soirée au Solfé, tu ignorais même que la bière se buvait vraiment, qu’elle se vendait en bouteille comme le champagne, ou que la Kronenbourg et la Koenigsberg sont réservées aux gens de mauvais goût ainsi qu’aux soirées bureaux. Ce n’est pas censé te poser problème bien sûr ; tes amis ne manquent pas de te réclamer d’apporter de l’alcool en soirée, et tu voudrais bien, mais tu sens confusément au fond de toi que le pack de 24 de 1664, non, franchement, ça ne va pas le faire.

Tu as bien raison, et heureusement l’Apostrophe et le Buveur du Grenier sont là pour t’aider à bien choisir, une fois dans le rayon qui va bien du Carrouf’, avec quelques-uns des trésors du Nord, ces bouteilles d’exceptions qui, pour un prix modique, feront de toi la star de la soirée.

La rédaction ne manquera pas de vous conseiller la Blanche de Cambrai. Cette bière blanche, comme son nom l’indique, brassée artisanalement, et reposant sur lie, est la preuve que la ville du Nord ne fait pas que des Bêtises, mais aussi une excellente bière, légère (5°), fraîche et au goût subtilement épicé. A boire sans soif, la Blanche ouvrira sans rougir une de ces soirées « Houblon et ventre à bière » qui font tout le charme de notre belle ville, ou se laissera offrir à votre nombreuse parentèle restée dans le Sud.

Si vous cherchez une blonde, le choix est plus vaste : inutile bien sûr de rappeler l’incomparable Cuvée des Trolls, toujours un atout gagnant. Blonde à la robe un peu trouble et légèrement mousseuse, la Cuvée s’impose comme une bière d’exception – peut-être même la meilleure production houblonnée de nos voisins belges (qui peuvent bien garder Depardieu autant qu’ils veulent tant qu’ils continuent de nous envoyer leur bière, franchement). De toute façon, même si la place exacte de la Cuvée peut être contestée selon les goûts, elle reste largement à même de convaincre toute personne n’ayant pas totalement perdu le sens du goût. Classique et moins savoureuse, mais toujours agréable à déguster, la Douaisienne Goudale aux accents prononcé de malt et de blé se trouvera facilement dans toute grande surface ou chez l’Arabe du Coin, à la différence d’une Délirium Tremens, aussi excellente que coûteuse au demeurant. Plus contestée peut-être est la Rince-Cochon, autre belge blonde, à la fois plus forte et plus claire, dont le goût se caractérise par une certaine amertume. Plus forte aussi, puisqu’elle titre 8,5°. Évitez toutefois sa version « rouge« , au goût que d’aucuns disent désagréablement chimique.

Les bières ambrées sont peu courantes dans le Nord ; c’est en effet un aspect plus courant chez les ale anglaises que de notre côté de la Manche, et c’est sans peine que l’on citera la Welscott ou l’exquise Hobgoblin comme deux éminentes représentantes du genre. Nonobstant, on ne les rencontre que rarement sur nos terres, en bouteille surtout. Ne perdez pas espoir cependant, car le Nord est riche de potentiel. Notre coup de coeur ? La Germinal vous sauvera. En plus de son nom délicieusement révolutionnario-zolien, ce petit trésor brassé à Saint-Amand-des-Eaux (on n’y a pas fait de Voyage en Terrain Connu pour l’instant, mais on y pensera !) se distingue par sa riche robe cuivrée et ses arômes ronds de réglisse et citron. Titrant 6,5°, la Germinal fera le bonheur de vos papilles, et celui de votre Grand’pa un peu révolutionnaire si jamais vous décidiez de lui en ramener une bouteille ou deux.

Pour ce qui est des brunes, noires et autres stouts, le choix se fait plus rare ; nombreux sont les brassins de Noël qui optent néanmoins pour une formule plus sombre et plus corsée de leur bière habituelle. Ainsi la brune Chouffe d’Achouffe, avec son code postal très satanique (B-666 6), a-t-elle vu sa couleur s’assombrir avec la venue du frimas, et son nom modifié en N’Ice Chouffe.

La Chouffe s’en tire mieux que les brassins de Noël de Leffe et autre Grimbergen, qui comme l’Alligen, appartiennent à la catégorie des bières dites du « second rang« , ou « qui se laissent boire à l’Elysée« , ou encore « Éventuellement, ça se justifie de les amener en pack de 12« .

Bon, tout ça m’a donné soif, je vous retrouve au bar !

Le Buveur du Grenier. 

  1. Grégoire D. Grégoire D.

    Article d’utilité publique! (et d’ailleurs, largement subventionné par la PAC, selon les rumeurs).

    La rédac : nous nions formellement toute espèce de subvention. Le journal est pauvre comme job ! C’est la garantie de notre indépendance :)

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