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UMP : des raisons d’espérer ?

Ces derniers temps, l’UMP nous donnait plutôt envie de désespérer. Deux bonnes raisons de croire au Père Noël à un renversement de cette tendance : le succès de la droite aux législatives partielles et l’apparente fin de la crise entre François Fillon et Jean-François Copé.

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Succès total pour la droite aux législatives partielles

Trois sur trois. Au soir du 16 décembre, la victoire aux législatives partielles était complète pour la droite après un bon premier tour qui laissait présager un tel succès.

Dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, le bien connu Patrick Devedjian ne risquait pas grand chose mais a pris soin de faire campagne jusqu’au bout pour ne pas risquer une démobilisation de ses électeurs. Manquant de peu d’être élu dès le premier tour (49,82%), il a finalement remporté 60,04% des suffrages face à Julien Landfried, chevènementiste soutenu par l’ensemble de la gauche.

Le Val-de-Marne voyait s’affronter deux candidats de droite au second tour. L’UMP avait choisi de soutenir le candidat de l’Union des Démocrates et Indépendants Henri Pagnol, qui affrontait le dissident Sylvain Berrios, mais ce soutien n’a pas suffi à faire élire Pagnol, qui s’est incliné avec 43,4% des voix. Le nouveau député Sylvain Berrios s’est félicité de sa victoire issue selon lui de sa « campagne de terrain », de bon augure pour la suite de sa carrière politique. Dans sa ligne de mire, les municipales de 2014, à l’occasion desquelles il affrontera certainement son meilleur ennemi, Henri Pagnol, maire de Saint-Maur depuis 2008…

La plus grande victoire de la droite a peut-être été celle d’Elie Aboud dans la sixième circonscription de l’Hérault. Fort de son score de 61,91% des voix, le député UMP a retrouvé le siège qu’il avait occupé ces cinq dernières années en écartant la socialiste Dolorès Roqué, élue avec 10 voix d’avance seulement en juin.

Elie Aboud ((c) ssemblée-nationale.fr)
Elie Aboud ((c) assemblée-nationale.fr)

Trois victoires certes, mais autant de raisons de nuancer ce succès. Tout d’abord, seule la circonscription de Béziers représentait un réel enjeu, le Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine étant acquis par avance à la droite. Ensuite, dans le Val-de-Marne, le candidat UDI soutenu par l’UMP a été battu par le dissident UMP Sylvain Berrios: un véritable camouflet pour les deux partis, et plus spécialement pour la jeune UDI qui perd un député. Enfin et surtout, l’abstention a été très forte : 59,89 % dans l’Hérault, 63,95 % dans les Hauts-de-Seine et même 76,78 % dans le Val-de-Marne !

Les deux perdants de ces législatives sont en tout cas le PS et le FN. Les législatives partielles sont traditionnellement difficiles pour le parti au pouvoir, en l’occurrence le PS, qui perd une députée dans l’Hérault. L’effet de la vague rose post-présidentielle semble s’être bel et bien estompé… Le FN a quant à lui réalisé de faibles scores. Il échoue à devenir le premier parti d’opposition de France – objectif avoué de Marine Le Pen, qui comptait par ailleurs beaucoup sur son recours au Conseil Constitutionnel à propos de l’élection législative d’Hénin-Beaumont. En vain.

Quoiqu’il en soit, l’UMP peut légitimement revendiquer un carton plein à ces législatives partielles, une bonne nouvelle pour le parti à laquelle vient s’ajouter une autre bonne raison de se réjouir : la fin de la crise entre François Fillon et Jean-François Copé.

Une sortie progressive de la crise fratricide entre Fillon et Copé

Si le 18 novembre restera gravé dans les mémoires des membres et des sympathisants UMP comme un véritable traumatisme (chacun son congrès de Reims après tout), le 18 décembre serait plutôt synonyme de Noël en avance. En effet, après un mois de crise, le bureau politique de l’UMP a entériné à l’unanimité (sympathisant de droite, si vous vous êtes égaré dans nos pages, ce mot devrait vous faire frétiller de joie) un accord de sortie de crise proposé par les deux hommes forts du parti et salué par l’ensemble de la famille UMP, soulagée de cette solution interne.

Dans ce compromis, Copé accepte la tenue de nouvelles élections avant octobre 2013 et garantit la neutralité de ces futures élections, revendication principale de François Fillon, qui s’est félicité dans une lettre publiée sur son site internet de la tenue de telles élections, synonyme selon lui de « justice (…) rendue aux militants ». En échange, Fillon promet de renoncer à toute « procédure contentieuse interne et devant la justice » à propos des élections du 18 novembre, ce qui revient de facto à accepter l’élection de Jean-François Copé à la présidence de l’UMP. Le député de Paris s’engage également à dissoudre le groupe RUMP à l’Assemblée. Copé a estimé sur BFM TV que cet accord « était vraiment la plus belle des choses après ces trois semaines de cauchemar ». Bref, « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes », et ce n’est pas Jean-Pierre Raffarin, qui a beaucoup oeuvré pour que cet accord voie le jour, qui contredira le Dr Pangloss.

En outre, les deux belligérants «conviennent que cet accord ne rend plus nécessaire l’initiative visant à consulter les parlementaires sur la sortie de crise ». Cette partie du compromis fait référence à la proposition de l’ancien Président de l’Assemblée Bernard Accoyer de consulter les parlementaires UMP sur la tenue d’un nouveau vote, une iniative peu appréciée par Jean-François Copé. Les deux leaders appellent également à une réforme en profondeur des statuts du parti.

La nouvelle équipe dirigeante, officiellement installée dès janvier, réunira autour de Jean-François Copé un vice-président délégué, Luc Chatel, une secrétaire générale, Michèle Tabarot, ainsi qu’un « vice-président » et une « secrétaire générale déléguée », postes réservés à Laurent Wauquiez et Valérie Pécresse, les colistiers de Fillon.

Toutefois, cet épisode malheureux a beaucoup coûté à l’UMP, sur le fond comme sur la forme. L’image du parti a souffert du duel de ses deux leaders, qui subissent en conséquence une baisse significative de leur popularité, comme en témoignent trois sondages (Ifop, Ipsos, Metro). Plus grave encore, une telle crise est révélatrice d’une véritable fracture. La question qui se pose désormais est de savoir comment réconcilier les trois UMP – Fillonistes, Copéistes et non-alignés – pour incarner une réelle opposition. Plus qu’une question, c’est un défi que l’UMP entend bien relever – pour peu que les élections de 2013 ne l’en empêchent pas…

Noël avec la fin de la crise Fillon-Copé et en guise de cadeau, la victoire aux législatives partielles : faste période des fêtes pour l’UMP. Attention néanmoins aux lendemains (de réveillons) qui déchantent…

Aude Bariéty. 

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