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Le pape Benoît XVI démissionne

Stupeur en ce lundi matin de février : le chef de l’Eglise catholique, l’Allemand Joseph Ratzinger, plus connu sous le nom de Benoît XVI, a annoncé sa démission en raison de son état de santé.

Une retraite inattendue…

Cette nouvelle inattendue a fait le tour du monde en quelques minutes, passant du statut d’information hypothétique (« au début, j’ai cru que c’était une blague », déclare Louis*, un jeune étudiant catholique de l’IEP, “3 minutes plus tard, les faits me donnaient tort”) à celui d’annonce confirmée, lorsque Radio Vaticana a publié un article reprenant les déclarations du Pape et les traduisant en français. “C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre”: c’est en ces termes que Benoit XVI, 85 ans, a mis fin à son pontificat, en se justifiant par la dégradation de son état physique (“mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien”).

Le Pape, élu le 19 avril 2005, démissionnera officiellement le 28 février à 20 heures. Cette situation exceptionnelle, prévue par le Code de droit canonique mais qui ne s’était pas produite depuis la démission du pape Grégoire XII en… 1415, pose de nombreuses questions, et notamment celle de l’avenir de Benoit XVI à partir du 28 février. Le Pape a lui-même donné une piste à la fin de sa déclaration: “Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière.». Il devrait donc se retirer dans un monastère, peut-être même dans l’enceinte du Vatican. Le prochain Pape sera désigné à l’issue d’un conclave convoqué dans les trois semaines suivant la démission de Benoit XVI, probablement “pour Pâques”, espère le porte-parole du Vatican.

Le pontificat de Benoit XVI, homme d’Eglise intellectuel et traditionnel, aura été marqué par de nombreuses crises: la polémique autour de l’utilisation du préservatif dans la lutte contre le sida après une déclaration malheureuse; l’affaire des prêtres pédophiles, pendant laquelle Ratzinger a fait preuve d’une attitude courageuse; la volonté de tendre la main aux catholiques intégristes, beaucoup critiquée au sein de l’Eglise; l’affaire Vatileaks ou la fuite de documents confidentiels internes au Vatican…

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… qui a suscité de fortes réactions

Les politiques ont réagi de manière très variée à cette annonce: le chef du gouvernement italien Mario Monti s’est déclaré “très secoué par cette annonce” et le porte-parole du gouvernement allemand Steffen Seibert a exprimé “son plus grand respect pour le Saint-Père (…) qui mérite notre gratitude pour avoir mené l’Eglise comme il l’a fait pendant huit ans”. A l’inverse, François Hollande s’est contenté d’un: “La République salue le Pape qui prend cette décision mais elle n’a pas à faire davantage de commentaire sur ce qui appartient d’abord à l’Église”.

La cathosphère est quant à elle bouleversée par l’annonce de son chef spirituel: Astrid, 21 ans, “sous le choc”, confie ainsi “je comprends son choix, je le respecte, mais je suis un peu triste car c’était le pape de notre génération”. Louis réfute quant à lui l’appelation de “pape de transition” dont Joseph Ratzinger était souvent affublé en raison de l’ampleur de l’action de son prédécesseur, Jean-Paul II, pape de 1978 à 2005 : “il est très différent de son prédécesseur, si on l’aime autant, ce n’est pas du tout la même personnalité. Celle de Benoît XVI était très attachante: c’est un intellectuel, très réservé mais aussi très humble (…) Ce qu’il a réussi en presque 8 ans est énorme”. Pour Laetitia (20 ans), ce Pape évoquait “un théologien hors pair, un homme intérieur, un souverain pontife formidablement intelligent et pieux”. Enfin, Charles, 22 ans, ancien président de l’aumônerie de Sciences Po Lille, déclare avec émotion: “Il restera pour moi un humble pasteur, soucieux du rassemblement de tous les catholiques, et un éminent théologien. Je ne suis pas prêt d’oublier sa présence lumineuse aux JMJ de Madrid. Les jeunes catholiques lui doivent beaucoup dans le sens qu’il a su redonner à leur soif spirituelle.”

Triste au revoir des catholiques à leur chef en ce 11 février: ainsi, sur Facebook, une page intitulée “Merci Benoît XVI” comptait déja 500 “likes” en quelques heures… Les catholiques ne sont pas prêts d’oublier leur “Benedetto”.

Aude Bariéty

* Le prénom a été changé

 

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