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Retour sur… une nuit au musée, avec les Neveux de Thalie

« Je n’aime pas les musées, j’aime l’ambiance des musées » dit l’un des personnages de la pièce joué par Fabien Flament, comédien et président des Neveux de Thalie. Et c’est dans une ambiance tout à fait détendue que la troupe amateur de l’IEP nous a présenté Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes au Palais des Beaux-Arts de Lille. A mi-chemin entre le vulgaire libidineux et le déjà-vu parodié, cette mise en scène nous a offert une « caméra café » version spectacle vivant.

(Les photos sont prises par Pierre Bedouelle que nous remercions !)
(Les photos sont prises par Pierre Bedouelle que nous remercions !)

En une courte trentaine de minutes, nos camarades comédiens ont dévoilé leurs talents au public pour la première fois depuis la rentrée 2012, dans une pièce plutôt « originale comparée aux autres pièces » qu’ils nous réservent (selon Félix, acteur de la troupe).

Atmosphère légère. Sous les murmures et les lumières jaunes, les pas perdus des paliens déboussolés s’arriment à la cadence nonchalante des visiteurs de la nocturne. Un semblant de décor tendu de rouge marque la présence d’une scène. On s’affaire, on s’embrasse, ultimes frissons avant le doux silence qui s’impose.

Ce soir-là, c’est l’Art qui a prévalu. Le hall du Palais des Beaux-Arts s’est insensiblement vu transformé : prenant possession de l’espace, les comédiens ont défilé sous nos yeux comme dans une folle ronde, créant une dynamique toute joyeuse. Un incessant mouvement rythmé qui égaya l’œil et captiva le spectateur, les scènes de groupes alternant avec les dialogues adressés face au public, voire au public. Les comédiens en herbe, dont on sent que l’expérience n’est pas si jeune pour la plupart d’entre eux, ont même su arrêter quelques passants intrigués.

La chance de se trouver précisément dans un musée a contribué à nous plonger davantage dans le bain artistique. Dans un espace quasiment libre à 360°, seuls une tenture rouge et un tabouret noir indiquent le décor. Minimaliste, sobre, droit à l’essentiel. La force d’humour de la pièce ne s’est pas trouvée dans le choix des costumes (vêtements ordinaires des comédiens), ni dans l’abondance d’accessoires (à peine quelques perruques et un badge autour du cou), mais bien dans la mise en scène, à la fois fictive et réaliste. La vision de ces visiteurs déambulant dans un musée imaginaire (mais pas tant que ça) semblait surnaturelle, et pourtant si juste, comme un ancien film qu’on jouerait en accéléré. La rapidité de changement de rôle par les comédiens, et surtout leur exubérance, peuvent rappeler la tradition de la commedia dell’arte italienne et ses quelques personnages bien connus. Ils ont ici revêtu des atours plus modernes pour nous faire rire sous les formes de l’intellectuel pédant, du rageur qui ne comprend décidément rien à l’art contemporain, des ados acerbes et désabusés. Avec des nuances de caractère qui étonnent, détonnent, et font sourire.

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En cassant les codes habituels du théâtre classique pour mieux s’apparenter au théâtre de rue, sans scène surélevée, sans aucune délimitation entre sphère scénique et public, Musée haut musée bas interprété par les Neveux de Thalie s’est révélé être comme une plaisante demie-heure en compagnie d’amis loufoques. S’inspirant de l’esprit Fantastic, la troupe de l’IEP de Lille a permis à l’Art de sortir de ses limites. Dans un lieu majestueux, sous l’impressionnante lampe multicolore qui orne la voûte du hall du Palais des Beaux-Arts, on oublie le froid du sol marbré sous son derrière, le flux de passage des derniers visiteurs de l’expo nocturne, et on se prend au jeu des comédiens, avec la candeur de l’enfant qui s’émerveille d’un Botti. Celli.

Les Neveux de Thalie, Fabien Flament nous en parle

« On a dû répéter à l’arrache pour présenter ce qu’on a présenté ce soir et je pense qu’au final ça s’est vraiment bien passé. Les acteurs étaient prêts mais ce n’était pas dit, la semaine dernière on avait tous des trous de texte, des problèmes de mise en scène. » nous a confié Fabien à la sortie du musée. En effet, c’est sans hésitation que les paliens ont répondu présents à l’appel de la troupe de théâtre de l’IEP, par amitié ou même par curiosité. Curiosité qui a été pleinement rassasiée. Nous ne pouvons donc que reconnaître sans tergiverser le franc succès de la représentation, puisque palien ou pas palien, le public était là, attentif, curieux, souriant, et riant aux blagues des comédiens.  Maintenant qu’on sait de quoi sont capable Fabien et sa troupe de joyeux lurons, on en veut plus. Mais tout vient à point à qui sait attendre.

« Les Neveux de Thalie sont riches en projets cette année ». Et si vous avez aimé, ou bien si vous avez raté la représentation du 6 février dernier, ne vous inquiétez pas, la suite est pour bientôt. Alors sortez vos agendas, vos stylos et tout le tintouin, et prenez des notes.

Le 26 mars, les Neveux joueront pour vous une pièce de Woody Allen accompagnée d’une pièce de Léa Boehringer, étudiante à l’IEP, qu’elle a elle-même écrite et mise en scène. Les Neveux de Thalie rejoueront Musée haut, Musée bas au festival de la Moulinette le 6 avril. Mais si vous avez aimé l’entrée de Fabien et sa bougie rouge, vous serez certainement déçu, car c’est dans une vision édulcorée qu’ils se représenteront face à un public familial. Woody Allen sera rejoué le 9 avril au théâtre de Fives, dans le cadre du festival du Paon d’Art. Et pour finir, Louis-Vladimir, étudiant de 4A jouera aussi en avril une pièce policière de Robert Thomas, Piège pour un homme seul, adaptée en version moderne.

Et puis si vous êtes vous aussi des adeptes de la procrastination, ne vous en faites pas, vous pourrez compter sur le plutôt efficace service comm’ des Neveux de Thalie qui compte bien rafraîchir vos mémoires à grands coups d’affiches sur les murs de l’IEP. Et si vous êtes sages, peut-être même avec une petite bande annonce (enfin du moins, c’est en projet).

Bref vous l’aurez compris, les Neveux de Thalie comptent bien redonner un coup de jeune à la vision poussiéreuse qu’on peut avoir du théâtre, alors adeptes ou pas, ils vous attendent nombreux lors de leurs futures représentations. On ne vous en dit pas plus mais tout pousse à croire que ça vaut le détour.

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PS : Les Neveux de Thalie sont en manque d’hommes pour jouer des rôles masculins, alors messieurs s’il y a parmi vous des férus de théâtre n’hésitez pas à les contacter via leur page Facebook !

Sarah Diep et Laura Lavenne

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