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Malheureux comme un riche en France.

Pauvres riches ! On les spolie, on les exploite.

Depuis l’élection de François Hollande, ce socialo-bolchévique sans pudeur, les catholiques partisans des positions modernes et tolérantes de Monseigneur l’évêque des Gaules ne sont plus les seuls à souffrir des dragonnades de l’État collectivisateur : les possesseurs d’un « haut revenu », d’un fort capital, d’une « grosse fortune » vivent eux aussi dans la terreur. Le Rotary Club a été fortifié, et aux rallyes de la bonne société, on ne parle plus que d’exil, parfois même plus loin que Tourcoing. Oui, parmi les grand (es fortunes) de ce bas monde, la peur règne, comme un pot de foie gras laissé trop longtemps ouvert.

C’est oublier que l’ennemi est déjà là, à l’intérieur. Tel aimable chirurgien plastique qui possédait le compte voisin du vôtre dans une riante bourgade de Suisse alémanique est devenu le terrifiant ministre  du Budget, prêt à tout pour dépenser votre bel argent la finance publique. Tel brave camarade de promotion des Hautes Études de Commerces se transforme soudain en abominable percepteur des neiges. Il n’est jusqu’à cet affable ami énarque qui tout soudain se transforme en sauvage taxateur, prêt à tout pour monter la dernière tranche d’impôt à 99,9% et à vous spolier de tout ce que vous avez sué de votre front, à vous sucer jusqu’au fond.

Encore que.

Et si on oubliait le piètre mammouth parti cuver son vin dans les steppes et les goulags glacés de la Mordovie, pour se pencher sur la réalité des finances publiques française. Les riches sont-ils plus maltraités qu’ils ne l’étaient sous Nicolas Sarkozy ? Y-a-t-il une haine du riche en France ? François Hollande est-il un vampire communiste sodomite et végétarien ? Et enfin, cet article fait-il l’apologie de l’ex-URSS ? (non).

Touchez pas au Grisbi. 

L’impôt sur le revenu tombera le 15 février. On imagine bien que les nuits des possédants doivent être bien difficiles depuis quelques jours. Parlons donc impôt sur le revenu, puisque c’est l’impôt qui provoque le plus de crispations au sein de notre belle société, et qu’importe s’il ne rapporte guère plus qu’un malheureux quart des rentrées fiscales de l’État (pour ceux qui ont séché tous les cours de maître Lascombe, 439 milliards d’euros). Le riche, donc, commence à flipper sa race : les partageux arrivent pour le spolier. Pour les besoins de cet éditorial, considérons qu’un « riche », terme vague, et légèrement insultant en France parait-il, est un brave citoyen français doté d’un revenu supérieur ou égal à la tranche maximale d’imposition, soit 150 000 de revenus annuels, ou 12,500 euros par mois – une paille. Le Ministère des Économies et des Finances, que nous appellerons le Poulpe (pour faire pendant au Mammouth) imposera en 2013 à 45% les malheureux, qui crieront bien entendu au scandale : en France, l’état social-communiste réduit à la misère les pauvres chefs d’entreprises. Nul part en Europe on n’est à ce point poursuivi par la vindicte des impôts quand on est dans la dernière tranche.

Enfin… sauf en Suède (56,6%). Ou au Danemark (54%). Ou en Allemagne, 52%. Ou en … mais oui, en Belgique ! 53%, mon Dlul ! N’est-on plus en sécurité nulle part, ma cassette, ma chère cassette, et moi même, et mes sicav, et mes actions, et mes jetons de présence ? Et non : le Royaume-Uni, pas chien, ne vous déroulera le tapis rouge que pour vous ponctionner à hauteur de 50% vos précieux pounds. Le tableau ne serait pas complet sans préciser l’affreuse vérité : à la différence de la France, les autres pays prélèvent les impôts directement là où la source est la plus abondante, directement sur votre salaire/rentrée d’argent, etc, avant même que vous n’ayez eu le temps d’exfiltrer une partie de vos rentrées fiscales en Suisse. Ainsi en Allemagne, votre employeur fera-t-il ses petites affaires avec le Land, la municipalité, le Finanzamt fédéral, votre église, et votre femme si vous avez eu un jugement de divorce défavorable, et ce, sans vous demander nullement votre avis : vous toucherez votre paye bon dernier, et avec le sourire en prime. Et pourtant les Allemands, eux, ne se plaignent guère.

Heureusement, l’impôt sur la fortune y a été supprimé en 1997. Ça doit être pour ça.

Toujours est-il qu’en matière d’impôt sur le revenu direct, la France est 13ème sur 15ème en Europe de l’Ouest, hors paradis fiscaux évidemment. Mais le riche veut habiter dans un vrai pays, il n’a pas le choix, il doit franchir la Volga et s’enterrer en Mordovie, ou éventuellement en Estonie (10%).

Vous me direz, « et la CSG petit malappris ? ». Eh bien, elle monte poussivement à 48,8%, et il faudra l’impôt (risible) sur les revenus du capital pour qu’elle réussisse tant bien que mal à rattraper l’Angleterre.

C’est bien vrai, la France aime l’impôt. Mais elle aime surtout ne pas trop en payer. A partir de 1945, la tranche la plus haute a été imposée à 65%, et ce jusqu’en 1985. Date à laquelle un homme de droite un socialiste un homme de droite, donc, François Mitterrand, sensible aux souffrances des moins démunis, l’abaisse enfin. Un peu. Il faudra un nouvel effort méritoire de Lionel Jospin, dans les années 2000, pour parvenir enfin à 48%. Comme on le voit, en matière d’imposition, les socialistes ont de tout temps été les ennemis acharnés des plus fortunés, et c’est à bon droit que les riches peuvent s’égosiller à la chienlit communiste. On espère quand même qu’ils ne sont pas sérieux, sinon, on risque d’avoir quand même plus de mal à croire qu’ils doivent leur réussite sociale à leur intelligence.

Un jour peut-être, cela étant, l’imposition à 75% au-dessus d’un million de revenu annuel fera fuir les grands patrons hors de France. On a vu, en effet, d’ores et déjà, à quel point les anglo-saxons se les arrachaient, éblouis qu’ils sont par leurs capacités. On sait, grâce à Cécilia ex-Sarkozy à quel point « il est dur de vivre avec seulement 3000 euros de pension alimentaire par mois ». Pauvre choupi. Je vous imagine déjà, mendiant du caviar le long de la rue Montaigne, allant chercher votre thé au Monoprix du coin.

Évidemment, ils ne partiront pas tous seuls : ils auront leur capital errant bien serré sous le bras. Certes. Un Bernard Arnault pèse lourd. Un, deux milliards. Mais qu’est-ce comparé aux 1200 milliards d’euros que pèse l’épargne des Français ? Rien, rien du tout.

Que l’État utilise cette épargne, et les cauchemars des riches deviendront probablement réalité. Car après tout…

Les libéraux ont raison.

Les libéraux ont raison. Sur un point : l’État est trop grand, trop fort, trop puissant, trop légitime, trop efficace, trop immense surtout, pour être affronté de face. Partout où le marché défaille et succombe, lui continue, car il n’est mû que par l’intérêt de tous et non le profit de quelques. Les tares du marché, ses faiblesses, ses appétits avides et obscènes, son avidité scélérate, ne sont pas les siennes ; il n’agit pas dans le même monde, il n’agit pas selon les mêmes buts, les mêmes raisons. L’affronter directement, c’est périr : la lutte est par trop inégale. Il faut l’attaquer de façon détournée, subtile, l’envahir de l’intérieur et, comme le scorpion, le piquer de son propre dard, lui empoisonner l’esprit, et, dans une folie autodestructrice, le voir s’auto-mutiler, se détruire lui-même dans une orgie de règles d’or et de RGPP jusqu’à être réduit à la débilité physique.

D’ailleurs, ce sont les mêmes qui grognent contre l’hypertrophie de l’État qui viennent pleurer ensuite que la DGCCRF n’est pas capable de remarquer qu’il y a du bœuf  100% pur équidé dans nos plats de lasagnes. Aucun rapport bien entendu, avec la division par deux des effectifs de la Dégé depuis 2008, sous les coups de rabots fous de la Réduction Générale des Politiques Publiques ; résultat, on se retrouve donc avec dix inspecteurs en moyenne par département français, pour contrôler des milliers et des milliers de tonnes de bidoche. Normal, me direz-vous, c’est parce que les entreprises font de « l’auto-contrôle ». Quoi de mieux en fait qu’un honnête industriel pour s’assurer que la viande qu’il malaxe est bien du bœuf ? On ne peut mettre son honnêteté en doute ou soupçonner qu’il puisse céder à l’appât du gain, n’est-ce pas ?

Voilà qui fait chaud au cœur quand on entend le directeur de Spanghero France dire que ni lui ni aucun des employés de son usine ne savait lire les étiquettes qui stipulaient « clairement » « cheval de trait 100% Roumain ».

Axel Devaux.

  1. Sandinista Sandinista

    Un sympatoche petit article pour une Apostrophe toujours fidèle à elle-même. Toujours bon de rappeler quelques petites anomalies de notre système fiscal, même si cet édito aussi pédant que d’habitude me rappelle un peu celui sur Depardieu….

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