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Les misérables, j’aurais su, j’aurais pas venu.

Des mois que j’attendais ce film. Des jours que je reportais cette sortie ciné, tout en trépignant d’impatience. Et enfin, jour de joie, séance prévue. Et là, le drame. Je ne parle même pas du genre du film, non, la claque, la déception absolue. Et pourtant… il avait l’air de vendre du rêve ce film.

Les Misérables : affiche

Hugh Jackman, Anne Hathaway, Russel Crowe, Eddie Redgrayve, Amanda Seyfried, Helena Bonham Carter, Sacha Baron Cohen… Un sacré panel d’acteurs, qui frôle les castings style Valentine’s day, mais en mieux, et bien sûr la bagatelle de 8 nominations aux oscars nous disait l’affiche, pour meilleur film, meilleur acteur … Et seulement trois statuettes récoltées, dont meilleur maquillage et meilleur son.

Et puis il y avait le souvenir ému de l’adaptation avec Depardieu et Malkovitch dans les rôles de Valjean et Javert. Finalement, peut être que la barre que j’avais placé était beaucoup trop haute. Mais quand même. La chose FONDAMENTALE à savoir sur ce film, c’est que c’est une comédie musicale. Et c’est bien là tout le problème.

Une comédie musicale.

Le top 5 d’Allociné nous apprenait que le film ne créditait même pas l’œuvre de Victor Hugo, mais seulement la comédie musicale que l’on peut voir à Londres. Et pour cause… Ces misérables-là, c’est l’adaptation de la comédie musicale. Mais des adaptations cinématographiques, ou simplement des comédies musicales au cinéma, on en a déjà vu, ça ne plait pas toujours, mais entre les Disney, Moulin Rouge, Sweeney Todd, Grease ou Footlose,  on a une petite idée de ce que c’est. Un film, avec des passages chantés. Ici, que nenni. On doit compter à peine 10 phrases parlées.

Et perso, moi j’ai pas, mais alors pas du tout accroché. On peut créditer les langues des acteurs que l’on voit plus que leur costume, mais la palme revient quand même à Eddie Redmayne, dont le menton ne cesse de trembloter pendant toutes ses prises. Alors imaginez Robert dire à Germaine de lui passer le pain sur l’air qui a révélé Susan Boyle. Dur. Très dur.

On se demande mais Pouuuuuurquoooooiiiii ? Pourquoi chanter pendant tout le film ? D’autant plus que les chansons sont l’occasion de monologues qui n’ont de comparable en termes de longueur et d’ennui que les morts de Roméo et Juliette. Alors vous, vous acteurs chéris, par pitié la prochaine fois, montez aussi sur les barricades et empêchez quelconque réalisateur de nous imposer ça.

Et j’ai du passer l’âge des histoires où Marius et Cosette se croisent dans la rue 10 secondes, et PAF, le coup de foudre, amour absolu, et mon dieu, maintenant que tu n’est plus là, je m’en vais mourir sur les barricades. Et quelqu’un trouve Twilight niais ?

L’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle.

Ce film laisse donc un arrière gout de déception. Les acteurs, à mon sens, sont peu crédibles pendant qu’ils chantent, à quelques exceptions près. Gavroche forcément, Fantine surtout, émouvante, incroyable, bluffante, malgré le peu de scènes dans laquelle on la voit apparaître. L’actrice Anne Hathaway a d’ailleurs reçu le 24 février dernier l’oscar de la meilleur actrice dans un second rôle pour sa prestation. Le couple des Thénardier est quant à lui magistral, Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter, malgré des traits trop partagés (un petit côté recyclage) avec leurs personnages respectifs de Sweeney Todd, apportent au film ces moments de « comic relief », où le spectateur ne peut s’empêcher de sourire, à moitié amusé, à moitié offensé par ces affreux personnages.

Affiche du film Les Misérables : les Thénardier.

Les temps forts du film sont néanmoins portés par des chansons très prenantes. La scène d’ouverture par exemple, avec les forçats qui mettent en cale sèche un navire d’une taille imposante sur cette musique, Look down, le renvoi de Fantine de l’atelier où elle travaille, At the end of the day.  Idem pour le fameux I dreamed a dream, que l’on sifflote pendant trois jours. Dommage donc qu’elles soient diluées dans des chansonnettes à trois sous, souvent mal chantées, et qui n’apportent vraiment rien à l’intrigue.

Et finalement, le réalisateur, Tom Hooper, oscarisé pour le Discours d’un roi. Sa manière de filmer est superbe, les plans, la reconstruction de ce Paris tourmenté du milieu du 19eme siècle. (On en profite pour se rendre compte que les cours de 1A sont vraiment très, très, très loin. Et que le général Lamarque a laissé un souvenir plus que périssable).

Et face à tous les bons points, on reste sur sa faim.

Alors voilà, maintenant vous savez. N’hésitez pas y aller, il  y a de bons points, mais allez-y en toute connaissance de cause. Sinon, c’est la crise de nerfs assurée.

Clotilde D.

  1. Sandinista Sandinista

    Chère Clotilde,

    Comme toi, j’ai attendu ce film pendant très longtemps, et je suis une grande fan du roman. Comme toi j’ai un avis assez partagé sur ce film, mais ce n’est absolument pas pour les mêmes raisons.

    En fait, tu critiques le fait que ce soit tout le temps chanté vu que c’est une comédie musicale, certes, mais je trouve que c’est assez assumé vu que cette même comédie musicale a eu un succès énorme dans tout le monde anglo-saxon. Donc c’est d’avantage pour moi cette même comédie musicale qu’il faut blâmer, plus que ce film, et encore.
    Et encore. Parce que c’est vrai, l’adaptation est assez affreuse parce que des tas de passages du livre ont été supprimés, et pas des moindres, que des raccourcis affreux sont réalisés, que des Jean Valjean et des Javert qui chantent, c’est pas du tout crédible, et encore moins en anglais, que là où Hugo nous emmène dans des dizaines de pages superbes, tout est résumé en quelques minutes (la déchéance de Fantine en tête, qui a lieu en une nuit dans le film alors qu’elle dure plusieurs mois à l’origine). Gros piquage de crise quand j’ai entendu Gavroche chanter une mélodie en anglais au lieu de « Je suis tombé par terre », pour ma part.

    Mais je crois que ce genre de critique est assez proche de notre point de vue d’étudiants bien français et républicains. Pourquoi en vouloir aux Anglo-saxons de se réapproprier une œuvre française ? Pourquoi critiquer le côté Broadway qui nous est étranger ?Et puis, même s’il y a un détournement certain, pas mal d’articles ont déjà montré que les ouvrages de référence trouvaient une deuxième jeunesse quand on en faisait des films, et c’est une bonne occasion de diffuser la culture hexagonale. Enfin, les films qui s’inspiraient d’ouvrages n’ont jamais eu la prétention de respecter le livre mot pour mot, mais de transformer un livre en un film, ce qui n’implique pas les mêmes logiques du tout.

    Mais je m’éloigne, tu ne critiques pas tant cet aspect dans ton article.
    Tu trouves certains passages longs, certains acteurs moyens, je suis plutôt sceptique sur le premier aspect (quoique, je me serais bien passé du solo d’Eponine), plus d’accord sur le deuxième (j’ai beau adorer Russel Crowe, il m’a beaucoup déçu en Javert, surtout après avoir vu le généralissime Malkovitch dans le rôle). Puis tu trouves la relation Cosette-Marius niaise ? Pour le coup, réfère-toi à l’ouvrage: Hugo est loin d’être féministe et Cosette est une fille-objet qui ferait le désespoir de nombreuses militantes FEMEN. Et le coup du coup de foudre, c’est exactement comme ça que ça se passe… Hugo poursuit même la niaiserie encore plus loin car Marius est à l’origine un jeune révolutionnaire hyper politisé et prêt à donner sa vie pour la République qui décide de tout plaquer pour se marier avec une pétasse fille-à-Papa…

    Je suis d’accord sur tes points positifs, Hathaway est sublime, le montage mérite vraiment l’oscar et les décors sont très beaux. Mais je te trouve un peu dure parfois: les chansons sont très chouettes et EN TANT QUE comédie musicale, la réalisation m’a vraiment plu (ouverture sublime, magnifique vue de Digne au début, final extraordinaire, ouverture de la scène de 1832 époustouflante…).

    Pour moi, ce film a été comme un gros soufflé qui avait l’air super bon mais qui est pas mal retombé à cause d’un scénario et de nombreux précédents sublimes et d’un ouvrage de référence assez costaud. Et il faut dire que ce genre de film est vraiment diamétralement opposé du grand « Discours d’un roi »…

    Merci cependant pour cet article,

    Amicalement,

    Sandinista

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