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Habemus Papam… Franciscum!

“Habemus Papam”! “Viva il Papa!” Ces cris de joie ont retenti place Saint-Pierre mercredi soir avant de se propager dans le monde entier, lors qu’à 19h07 exactement, une fumée blanche est sortie de la cheminée située sur le toit de la chapelle Sixtine, signe de l’élection d’un Pape par les cardinaux réunis en conclave depuis mardi.

Après une heure d’attente qui n’a pas semblé décourager la foule, de plus en plus nombreuse, le cardinal français Jean-Louis Tauran est apparu sur le balcon du Vatican et a annoncé l’élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, sous le nom de François. Surprise générale: l’Argentin, pourtant “papabile” en 2005, n’était pas l’un des favoris de ce conclave. Quelques secondes de flottement… Et c’est l’ovation place Saint-Pierre!

Le nouveau Pape est ensuite sorti à son tour sur le balcon et a salué la foule en délire avant d’entamer sa première allocution en tant que 266ème chef de l’Église catholique. Après avoir fait réciter le Pater Noster et l’Ave Maria à des fidèles soudain silencieux et recueillis, il a eu une pensée pour son prédécesseur Benoît XVI et a appelé à la “fraternité” au sein de l’Eglise. Il a ensuite demandé aux catholiques de prier pour lui, a béni la foule urbi et orbi, et s’est retiré sur un joyeux “Bonne nuit, nous nous reverrons bientôt!”

“Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde”

Grande joie pour les catholiques du monde entier: ils ont un nouveau Pape. Mais qui est ce François – et non François Ier, comme l’ont rapidement précisé les services du Vatican – inconnu du grand public?

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Le nouveau pape François au balcon, place Saint-Pierre, le 13 mars au soir
(c) TF1

Jorge Mario Bergoglio, 76 ans, est né en 1936 à Buenos Aires dans un milieu modeste. Après un diplôme de technicien en chimie, il entre chez les Jésuites et étudie la philosophie et la théologie. Ordonné prêtre en 1969, à 33 ans, il devient à 36 ans seulement, responsable national des Jésuites argentins. Pendant la dictature militaire en Argentine (1976-1983), il lutte pour maintenir la non-politisation de son ordre, ce qui lui vaut aujourd’hui d’être accusé de ne pas avoir assez combattu la dictature… Après avoir assumé la charge de chef des Jésuites d’Argentine pendant six ans, il part en Allemagne faire son doctorat, puis revient dans son pays natal officier dans la ville de Cordoba.

Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Buenos Aires en 1992, puis archevêque en 1998 et enfin cardinal en 2001. En 2005, il est l’un des challengers de Joseph Ratzinger pour prendre la suite de Jean-Paul II, mais s’efface rapidement. Bergoglio est finalement élu pape huit ans plus tard dans les circonstances qu’on sait.

Si, à l’époque des débuts du catholicisme, de nombreux Papes n’étaient pas d’origine européenne, il faut remonter à Grégoire III (VIIIème siècle) pour trouver le dernier Pape non-européen avant Bergoglio. Le nouveau Pape François est toutefois le premier Pape de l’Histoire issu du continent américain, ce dont il s’est amusé mercredi soir: “Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde”. Il est également le premier Jésuite à accéder au trône de Saint-Pierre. Ce détail a son importance car les relations entre Rome et la Compagnie de Jésus, ordre très influent et très indépendant, ont longtemps été difficiles.

On dit Bergoglio timide, plutôt austère, modéré… et passionné de football! Une des raisons de son élection est peut-être qu’il ne se situe vraiment ni dans le camp des conservateurs, ni dans celui des progressistes, même si on le dit de tendance réformiste. Il soutient les postions traditionnelles de l’Église, notamment sur le mariage homosexuel, mais s’est fait remarquer par sa colère contre les prêtres argentins qui refusaient de baptiser les enfants nés hors-mariage.

Quant au choix de son nom, François, comme Saint François d’Assise, il dénote sans nul doute un attachement à la proximité avec les plus pauvres. Sa simplicité est en tout cas déjà reconnue par tous. Mais avec son élection, Bergoglio a changé de registre, et la question se pose: un Pape peut-il vraiment rester “normal”?

Qu’en est-il vraiment? De quelle manière choisira-t-il d’affronter les nombreux défis qui l’attendent? Quelle inclinaison donnera-t-il à l’Église? Son pontificat, qui débutera véritablement mardi prochain avec la messe d’installation en présence de chefs d’État ou de gouvernement du monde entier, nous le dira…

Aude Bariéty

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