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Une double page se tourne en Amérique Latine

La semaine dernière, c’est tout d’abord sur Cuba qu’un vent de post-révolution s’est levé, laissant entrevoir un changement dans la plus haute sphère du régime. Raúl Castro, fraichement réinvesti pour 5 ans à la tête de l’Etat, a en effet annoncé qu’il s’agissait de son dernier mandat en tant que président et successeur de son frère Fidel. Les deux hommes, âgés respectivement de 81 et 86 ans, ont décidé qu’il était temps de préparer la relève et de s’assurer que l’héritage de la révolution soit placé entre de bonnes mains.

Pour la première fois depuis 1976, un homme autre qu’un Castro et surtout n’ayant pas participé au mouvement révolutionnaire  qui a entrainé la chute de Batista pourrait accéder à la présidence du Conseil d’Etat cubain. Cette déclaration marque-t-elle l’aube d’une nouvelle ère politique à Cuba ? La population semble en douter. Car si l’homme change, les idées restent. Bien sûr, les Castro ne seront sans doute plus présents pour contrôler ses agissements,  mais le prétendant au titre aura été choisi avec tellement de soin par les deux frères que sa ligne directrice risque de ne pas tellement diverger de celle en place depuis 1959.

Le Monde du 25 février révèle que Miguel Diaz-Canel serait l’heureux élu. Le “jeune” homme de 52 ans vient en effet d’être nommé numéro deux du régime et occupe les postes de premier vice-président du Conseil d’Etat et du conseil des ministres.

Au centre, Miguel Diaz-Canel, blog le monde.

Le Monde affirme également que cette annonce inattendue de Raúl Castro intervient suite à sa prise de conscience qu’à presque 82 ans, il ne fera plus long feu. La maladie et la prise de distance d’Hugo Chávez avec sa fonction de président du Venezuela auraient également décidé le dirigeant cubain.

Suite à l’annonce mercredi 6 mars de la mort de ce dernier, Raúl Castro peut se féliciter d’avoir opté pour une telle position avant qu’il ne soit trop tard. Car la mort d’Hugo Chávez, bien qu’elle ne soit pas réellement une surprise, pose tout de même la question de sa succession et de son héritage. Beaucoup de quotidiens d’Amérique Latine évoquent la tristesse et l’angoisse des Vénézuéliens face à la perte de leur leader, chef incontesté qui n’est plus, et auquel il sera incontestablement difficile de succéder. Il existe pourtant bel et bien un dauphin désigné par el Comandante pour prendre sa suite.

Nicolas Maduro (crédit photo, bbc.co.uk)

Nicolas Maduro, vice-président du Venezuela et futur candidat du parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) aux prochaines élections présidentielles (qui devraient avoir lieu d’ici peu, puisque la Constitution prévoit qu’à la mort du président, des élections pour le remplacer aient lieu dans les trente jours), jouit certes du poids du choix de Chávez, mais n’en reste pas moins un homme discret peu connu du grand public.

En ouvrant le thème de sa succession dès à présent, Raúl Castro cherche à donner une certaine légitimité à celui qui aura la lourde tâche de perpétuer la tradition révolutionnaire orchestrée par les Castro. Une attitude et une stratégie différentes de celles d’Hugo Chávez qui, jusqu’au bout, nous a fait croire qu’il pourrait vaincre la maladie.

Elise Dherbomez

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