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Commission Permanente du 19 mars 2013 : entre baisse des aides de l’Etat et réforme de la CVE.

Le programme de la Commission Permanente était chargé. La Commission est composée de 18 membres, la moitié issue des élus étudiants, l’autre des élus enseignants ainsi que du directeur qui ne prend pas part au vote. Lors de cette commission, plusieurs revendications étudiantes portées de longue date ont été votées. Mais la baisse de la dotation globale de fonctionnement noircit un tableau pourtant largement positif pour les étudiants.

Tout d’abord, tous les IEP et les universités (tout l’enseignement supérieur en fait) viennent d’apprendre depuis 2 semaines qu’ils doivent faire face à une diminution importante de leur dotation globale de fonctionnement (DGF pour les intimes) :  -5% en ce qui concerne les IEP, ce qui représente une perte immédiate de 75 400€ pour Sciences Po Lille par exemple. Les élus étudiants se mobilisent: un mouvement inter-IEP se forme et commence à dépasser le cadre corporatiste. Flavien Noël et Julien Rossi (respectivement représentants de la liste Déclic ! et Solidaires & Autogestionnaires) constatent cependant la passivité des élus enseignants.  «Il y a une apathie totale » explique Julien Rossi qui envisage à moyen terme une nouvelle hausse des frais d’inscription décidée par la direction pour pallier cette baisse de dotation. « Je pense qu’il va y avoir une augmentation, de toute façon il vient d’y avoir une hausse à Strasbourg et le directeur de l’IEP de Toulouse a annoncé aux élus étudiants qu’il va avoir une hausse calquée sur notre modèle en réaction aux -5% [ de baisse de dotation globale de fonctionnement] » affirme Julien Rossi. Les perspectives sont différentes pour Emilien Quinart de la liste Déclic! « Dans tous les cas, il n’y aura pas de hausse des frais d’inscription. Nous y sommes fermement opposés et la direction aussi. En tout cas, le risque est partagé par les deux listes : celui de la réduction de la masse salariale contractuelle et du nombre de cours.

Ensuite, la Commission Vie Étudiante, objet de nombreuses polémiques depuis le début de l’année notamment sur l’attribution hasardeuse des subventions, s’est scindée en plusieurs commissions. D’abord la Commission Aide Sociales (CAS) qui se chargera de répartir les aides exceptionnelles du Fond Social Étudiant à des étudiants en situation financière difficile. Ensuite la Commission Vie Associative (CVA) composée entièrement d’élus étudiants et présidée par le directeur proposera au Conseil d’Administration des subventions aux associations. La création de cette commission pourrait permettre aussi de sensibiliser les étudiants puisque aucun élu enseignant (part ailleurs peu impliqués dans ces dossiers) n’y siège. Émilien Quinart explique: « C’était une demande de la part des élus étudiants de bénéficier d’une commission autonome, quasiment cogérée, avec une majorité d’étudiants, pour subventionner les associations. Les associations sont évidemment des entités d’étudiants, pour les étudiants et par les étudiants, pourrait-on dire, et il semblait logique que ce soient des élus étudiants qui émettent un avis, sur critères précis, sur les hypothèses de subvention de celles-ci. » L’enjeu est de savoir comment va se répartir ces aides puisque l’idée d’une répartition selon les projets et non plus selon une dotation globale fait son chemin. Cependant,  Julien Rossi fait part de ses inquiétudes, celles de voir du copinage entre les élus étudiants et les associations et finalement l’émergence d’une forme de corruption des élus étudiants et insiste sur la nécessaire « transparence ». Enfin, la Commission  Mobilité Internationale (CMI), qui existe déjà, va attribuer des bourses aux étudiants qui partent faire des stages à l’étranger en 5A en plus des 3A. « L’idée est de dégager une somme également pour les étudiants qui partent faire un stage à l’étranger qui s’inscrirait dans un cadre pédagogique» explique Julien Rossi

Demande importante des élus étudiants, en particulier porté par le collectif S&A, la modification du calendrier universitaire en 4A a donné lieu à des débats d’une  surprenante violence, qui a vu plusieurs enseignants perdre leur sang-froid au point de s’abaisser à insulter les élus étudiants (« vous êtes idiots« , « ce que vous dites, c’est des conneries »), ce qui nous semble particulièrement inquiétant. Cela révèle un mépris certains envers les instances représentatives des étudiants, et contribue sans doute plus à décrédibiliser les auteurs des injures que leurs cibles.

Nonobstant cette vive opposition, les partiels auront lieu non plus en janvier mais en décembre afin de laisser aux 4A plus de temps pour préparer leur mémoire en janvier.  « Entreprendre des recherches nécessite de pouvoir bénéficier de larges plages horaires pour, par exemple, faire de l’observation participante, mener des entretiens, s’adonner à de longues lectures. Or, la 4A étant très chargée, il est difficile de faire ses recherches en parallèle des cours. » affirme Émilien Quinart. Mais cela reste encore insuffisant pour Julien Rossi de S&A: « Il y aura les partiels plus tôt, donc c’est partiellement pénible et ce n’est pas la meilleure solution […]. Le mieux serait un assouplissement des absences au deuxième semestre pour faire des entretiens.  Ça permettrait d’équilibrer les deux semestres et de bosser plus parce que le premier semestre est très light ». 

Sur les étudiants handicapés, la commission permanente a voté une modification du règlement intérieur les concernant, à savoir qu’en cas de non-respect des délais (1 mois), l’IEP pouvait envoyer l’étudiant directement en rattrapage. Le texte initial était pour le moins brutal et injuste : en cas d’impossibilité de mettre en place les aménagements, il était imposé aux les étudiants handicapés de passer directement en rattrapage. La découverte de cette innovation pour le moins douteuse à soulever une juste indignation chez les élus étudiants, la direction se justifiant un brin confusément semble-t-il par une « erreur de formulation ». Notons cependant que le syndicat SUD Étudiant (non représenté à l’IEP) s’est insurgé dans un communiqué (http://sud-etudiant.univ-lille1.fr/spip.php?article392) de cette discrimination à l’égard des handicapés – ce à quoi Flavien Noël de Déclic a répondu qu’il était nécessaire pour l’administration de préparer les aménagements pour la salle d’examens plusieurs semaines à l’avance, même si le délai d’un mois aurait pu être raccourci.

Enfin, le partenariat avec l’Institut du Service Civique est annulé notamment parce qu’il pourrait concurrencer le programme de PEI et parce qu’il constitue une inégalité devant le concours commun. Cette année, 5 élèves sont entrés à l’IEP de Lille en passant par cette filière, mais les élus étudiants n’avaient pas été mis au courant « ce qui est assez rigolo et cocasse » affirme Julien Rossi (S&A). « Le problème est que les gens qui peuvent postuler à Sciences Po Lille sont déjà sélectionnés en amont par l’institut sur dossier »  dit Julien qui affirme que la sélection est assez opaque, très subjective et sans connaissance des critères. « C’est une remise en cause du programme PEI » ce qui rejoint l’avis d’Émilien Quinart de la liste Déclic ! qui explique que « le partenariat avec le service civique semblait être une voie déguisée d’insertion de l’IEP de façon dérogatoire, sans concours, sur le modèle des conventions ZEP à la Sciences Po Paris. L’IEP de Lille a fait le choix d’intégrer les étudiants les plus socialement défavorisés sans mettre en place de discriminations positives. La voie PEI permet d’optimiser ses chances de réussir le même concours. Or la convention service civique aurait été une forme de discrimination positive que nous refusons. » 

Tom Joad

 

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