Skip to content
Slider

Chronique de mobilisation à Sciences Po Lille : l’AG du 3 avril 2013

Entre 80 et 100 étudiants de Sciences Po Lille se sont réunis ce matin à l’initiave du comité de mobilisation et des représentants étudiants (S&A, Unef, Déclic !, Affranchis) lors de l’Assemblée Générale du 3 avril 2013 dans la cour de l’IEP – sous le regard des médias, en l’occurrence de la Voix du Nord, de Direct Matin et bien entendu, de la Manufacture.

Le débat portait sur la baisse de la dotation globale de fonctionnement (DGF) (représentant presque la totalité des subventions qu’accorde l’Etat) qui touche l’ensemble des établissements publics d’enseignement supérieur. A Sciences Po Lille, cette DGF atteint approximativement 1,5 millions d’euros, soit environ 35% des recettes de l’IEP. Ainsi, la dotation baisse pour tous les établissements d’au moins 5%, ce qui représente à Sciences Po Lille une diminution de 75 000€ de recettes – applicable immédiatement.

Lors de la première Assemblée Générale du 28 mars, un comité de mobilisation a été élu et une lettre ouverte a été lue au CA le soir même, ce qui, paraît-il, aurait provoqué l’ire de la direction qui n’a pas été prévenue. Les élus étudiants lors de ce CA ont voté la modification du budget actuel soit contre (7 voix ) ou se sont abstenus (2 voix). La direction a décidé de répercuter cette baisse sur le budget servant à payer les non titulaires (profs vacataires, CDI, CDD) alors que Sciences Po Lille est l’IEP est le moins bien doté de France et que l’établissement a dépensé environ 313 000 euros pour la réalisation des travaux de la toiture et 182 000 euros pour ceux de la passerelle. L’IEP dispose cependant de fonds propres importants pour faire face à cette baisse… Mais pas éternellement, surtout en période de déménagement et alors que l’austérité imposée par l’Etat a de bonnes chances de perdurer en 2014.

L’AG s’est réunie vers 12h30 dans la cour de l’IEP, les organisateurs n’ayant pas obtenu de salle de l’administration. Tous les étudiants présents, à l’exception de trois abstentions, ont voté pour la journée « IEP mort » du jeudi 4 avril. Durant cet happening, les étudiants devront s’habiller en noir et être présents dans le hall vers midi. La date n’est pas choisie au hasard puisque nos camarades de l’IEP de Toulouse – en pointe dans la mobilisation – qui connaît en plus de cette baisse de la DGF de graves problèmes de sécurité de ses bâtiments (menacés de fermeture administrative), organisera le même jour un « dies in ». « On lui fait écho, on montre que le mouvement n’est pas un épiphénomène » explique Julien Rossi de Solidaires et Autogestionnaires: « Le but est de poser une première pierre. Il est déjà très positif de faire un mouvement unitaire avec Toulouse ».

Les élus étudiants se sont dans l’ensemble déclarés à l’Apostrophe très satisfait de l’ampleur croissante de la mobilisation. Tant Flavien Noël (Déclic) que Julien Rossi déclaraient assister avec “confiance” à l’implication de plus en plus prononcée des étudiants. S’ils reconnaissent le happening de jeudi est une action symbolique qui n’a pas la même force qu’une grève ou qu’un blocage de l’IEP, ils témoignent de leur “confiance renouvellée” dans la “direction et Pierre Mathiot“. Ce en quoi ils sont rejoint par Geoffrey Delepierre, unique représentant des Affranchis présent à l’AG. Si celui-ci considère “ce mode d’action comme dépassé et tout de même assez inefficace“, il affirme “s’unir sur le fond à la mobilisation” bien que “plus favorable aux négociations de vendredi entre les directeurs des IEP”. Ainsi la communication serait “difficile” entre le premier et le quatrième étage, Pierre Mathiot étant décrit comme “réticent” à donner des preuves fermes de son engagement. Les élus étudiants précisent que “les intérêts des étudiants comme la direction se rejoignent : il serait suicidaire de jouer perso, en définitive.” “Nous espèrons être rejoint dans les faits par les personnels et les enseignants, tout aussi concernés“, termine Julien Rossi.

Durant toute la matinée, les étudiants vont débattre lors de forums et d’ateliers et faire une nouvelle AG. Cependant, à Lille, l’organisation d’une journée de blocage ou d’une demi-journée sans cours n’est pas à l’ordre du jour, la mobilisation ne faisant que commencer et les perspectives étant encore trop incertaines (le vendredi 5 avril, tous les directeurs des IEP de provinces se réunissent pour échanger notamment sur le problème de la DGF). D’autre part, il semble que le mouvement ne prenne pas véritablement dans les autres IEP.

Flavien de la liste Déclic !  insiste à de nombreuses reprises : le happening se veut symbolique. Il s’agit de montrer que Sciences Po Lille est mobilisé, de communiquer sur les problèmes de l’IEP, mais aussi d’être pris au sérieux par la direction. Toutefois, Tristan Haute, militant de SUD, propose d’élargir le mouvement à tous les établissements de l’enseignement supérieurs touchés par l’austérité et de manifester contre la loi Fioraso le 9 avril. La tribune s’oppose et ne donne pas suite, l’AG étant à ce moment en train de se vider. Les orateurs expliquent qu’il n’est pas opportun d’élargir les revendications contre la loi sur l’enseignement supérieur mais de cibler le problème de dotation de l’IEP.

Tom Joad

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *