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Journée chaotique à Athènes après l’assassinat politique de Pavlos Fyssas.

Ébullition à Athènes après le décès de Pavlos Fyssas, un rappeur anarchiste, tué vraisemblablement par un homme proche d’Aube Dorée, le parti néonazi grec.

L’altercation s’est, semble t-il, déroulée dans une rue, à côté du Pirée, le port de la ville. Le rappeur était accompagné de sa petite amie et d’un couple, aux environs de minuit. Un groupe constitué d’au moins 15 personnes en tenue militaire menacent les couples, qui ne peuvent s’enfuir puisque la route est bloquée par un autre groupe d’une dizaine d’hommes proches d’Aube Dorée. C’est alors qu’une voiture arrive à contre sens et son conducteur, un homme de 45 ans, sort et frappe mortellement le rappeur d’un coup dans le cœur, l’autre dans l’abdomen. Toute cette scène, manifestement un guet-apen soigneusement organisé, s’est produite devant des policiers à moto qui ont attendu la dispersions des malfaiteurs pour agir et arrêter le meurtrier. L’ambulance arrive 35 minutes après l’attaque et le rappeur meurt à l’hôpital. La nouvelle s’est rapidement répandue. Il faut dire que les attaques par des membres d’Aube Dorée se multiplient. La semaine dernière, huit militants du parti communiste qui collaient des affiches ont été attaqués par plusieurs dizaines de membres d’Aube Dorée. Les attaques de ces militants contre des immigrés sont courants dans le pays. La nouvelle s’est donc rapidement répandue.

Dans la journée du 18 septembre, la police a effectué des perquisitions dans le bureau d’Aube Dorée et chez le suspect pour rassembler des preuves de son appartenance au parti Aube Dorée alors que plusieurs bureaux d’Aube Dorée ont été attaqués, parfois au cocktail molotov, par des militants d’extrême gauche. A la place Exarchion, bastion anarchiste, un homme qui portait ou vendait des tenues militaires a été vivement pris à partie. Une manifestation a été organisée à 18h sur les lieux du meurtre, dans le quartier Keratsini. Une foule nombreuse et hétéroclite, entre 5000 et 10000 personnes remplissait les rues. Un camions sans fenêtre tout blanc – peut être était il utilisé par des journalistes – et sur lequel était tagué « RIP Killah P » (nom de l’article) a tenté d’avancer mais une dizaine de jeunes portant des cagoules et des casques l’ont malmené, lançant des projectiles et abîmant pare-brise, feux et rétroviseurs . Le conducteur n’a pu que faire demi-tour.La manifestation a démarré peu après, vers 19h et il n’a pas fallu attendre plus de 15 minutes avant de voir des feux allumés devant le cortège et les premiers tirs de gaz lacrymogène. La manifestation était devenue dès lors le spectacle des échauffourées entre les militants d’extrême gauche et la police qui protégeait un commissariat et tentait de sécuriser le quartier. Il a fallu un certain temps pour atteindre la principale ligne de front : des feux de poubelle sont allumés tous les 5 à 10 mètres et des casseurs ont démoli des panneaux, des murets de briques qu’ils ont lancés sur les policiers. Ces derniers ont répondu à intervalle régulier par des salves de gaz lacrymogène. Le manège a duré 1h30 : plusieurs centaines de jeunes ont affronté les policiers puis se sont repliées par petits groupes.

Vers 20h45, le gros du cortège, composé de manifestants ordinaires, a subi d’importants tirs de grenades lacrymogènes. La police a, semble t-il, mené une attaque éclair puisque les manifestants restés sur la voie se sont retrouvé complètement encerclé. C’était la panique, tous les manifestants se sont dispersés en courant partout où c’était possible. Une femme a même ouvert la porte de sa demeure et une dizaine de manifestants y ont trouvé refuge. Selon des témoins, et d’après les photos et vidéos postées sur internet, plusieurs groupes d’hommes d’extrême droite ont provoqué les manifestants et ont lancé des projectiles sous le regard passif des policiers. Plusieurs banques et quelques dizaines de distributeurs de billet ont aussi été saccagé à quelques rues du cortège.

Aujourd’hui, 19 septembre, plusieurs rassemblements et de manifestations sont prévues, notamment à Athènes. La tension n’est pas retombée.

Tom Joad, correspondant pour l’Apostrophe à Athènes.

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