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Soutenir l’équipe de France de foot : participer à l’union nationale ?

Alors que je commençais à écrire l’introduction de mon article, l’équipe de France n’avait pas encore joué contre l’Australie. J’anticipais déjà un niveau de jeu au mieux considéré comme acceptable à notre époque mais pas plus pour notre équipe. Je voulais m’en faire le défenseur alors que cela faisait plusieurs matchs que je ne n’étais plus enthousiaste à l’idée de voir notre équipe nationale jouer. Le match de vendredi me confrontait à mon paradoxe, et cette embellie m’étonna tellement que je me demandais si on n’assistait pas à un canular, la date du match (octobre) me rassurant quant à un éventuel poisson d’Avril. Le match finlandais sonnait quant à lui comme la confirmation d’un possible renouveau, un début de cycle.

Veni, vidi, vici : voilà ce que peut se dire un Espagnol face à la démonstration de puissance de la Roja qui balaie ses adversaires les uns après les autres. Cependant, nous avons été présents, nous Français, dans la résistance face à l’envahisseur hispanique dans ses camps retranchés de Barcelone et Madrid, nous l’avons tenu en échec chez lui et nous sommes partis les crampons aux pieds au match retour : la Garde meurt mais ne se rend pas.

Aujourd’hui nous sommes plus que de simples résistants, nous nous sommes relevés de nos luttes fratricides et de notre grève de Knysna en 2010, une grève parmi tant d’autres, mais qui pourtant a fait l’effet d’une déflagration. Nous relevons la tête; mais prenons garde à ne pas prétendre être autre chose que ce que nous sommes actuellement : une nation en convalescence. Je choisis pourtant d’avoir une autre vision, celle d’un rêve : celui qu’un jour cette équipe se relève pour pratiquer un Football avec un grand F, celui qui fait lever les foules, qui permet aux nationaux de ne pas baisser la tête à l’étranger quelques temps après une compétition sportive quand on leur demande d’où ils viennent. Ce rêve, c’est aussi celui de taper les Brésiliens en finale chez eux, histoire qu’on puisse se dire que la France peut gagner une Coupe du Monde même quand elle ne l’organise pas (et bien sûr pour boucler la boucle, un clin d’œil à l’Histoire, le Maracaña en pire). En prime les Allemands en demie, en l’honneur de Battiston et pour la tradition depuis le début du XXème siècle (être chauvin n’est pas déconsidéré quand il s’agit de sport!). Les Espagnols en quart car ils nous auront pourri notre Euro 2012 et nos éliminatoires et enfin les Italiens en 8èmes pour faire plaisir à notre Zidane national et pour flatter notre orgueil. Si vous pariez sur ce programme et qu’il se réalise, prenez immédiatement l’avocat des handballeurs de Montpellier. Ce seul pari vous rend coupable de triche au mieux, d’imbécilité au pire.

Si je fais ce rêve, c’est pour qu’enfin ma génération connaisse ce que mes parents ont connu : les défilés en voiture en klaxonnant et en agitant son drapeau, sortir pour regarder le match et exulter avec d’autres supporters que j’aurais l’impression de connaitre depuis toujours, la joie libératrice après le suspens d’une finale et non l’amertume d’un match gagnable mais perdu.

En 2000, j’avais 6 ans, j’étais trop petit pour mesurer l’importance des compétitions qui se jouaient et l’importance de la libération émotionnelle, « après ça on peut mourir tranquille » est le symbole de cette importance. Oui importance, car une équipe de sport c’est l’ambassadeur de tout un pays, c’est  15 (rugby), 11 ( football), 7 (handball), 6 (volleyball), 5 (basketball) joueurs qui représentent un pays qui compte 65 millions de personnes, même le gouvernement ne possède pas un ratio de représentativité aussi fort.

Une équipe de sport c’est une ambassade dont le chef de mission est le sélectionneur, c’est l’image d’un pays dans le monde entier. La France de 98, c’est la France black-blanc-beur, un symbole  de l’intégration réussie, essentielle pour un pays comme le nôtre qui s’est bâtie dans les vagues d’immigration : Belges, Italiens, Polonais, Algériens, Marocains, Tunisiens. A l’aune de la montée des extrêmes et des discours xénophobes, le succès d’une équipe de France multi-ethnique serait un bon remède, si tant est qu’il y en ait d’autres.  L’importance d’une victoire, c’est aussi l’optimisme qu’elle suscite, d’autant plus important dans un des pays les plus pessimistes du monde, et c’est un point de croissance qui serait le bienvenu dans la situation économique actuelle.

Alors mon rêve, c’est celui d’un peuple uni derrière une figure de proue pour un événement majeur : la France derrière les Bleus. Ensemble réalisons l’union sacrée autour de cette équipe le temps de la Coupe du Monde afin de nous prouver que les clivages peuvent être dépassés dans notre société qualifiée d’individualiste. Réalisons une brève utopie d’un « vivre ensemble » idyllique, comme un bol d’air avant de revenir aux combats partisans. « Allez les Bleus on est tous ensemble, allez les Bleus on est tous avec vous ».

Vive les Bleus, vive la République et vive la France !

Laurent Curti

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