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Quelle coalition pour l’Allemagne?

Après la grande victoire de l’Union chrétienne-démocrate d’Allemagne, la CDU, qui est le parti au pouvoir depuis 2009, aux élections au Bundestag (le Parlement allemand pour les non-initiés) le 22 septembre, tout le monde voyait déjà Angela Merkel au pouvoir. Oui, mais c’est un peu plus compliqué que cela.

Certes Mme Merkel va sans aucun doute rester Chancelière de la République fédérale allemande. La question est davantage de savoir avec quel autre parti elle va devoir gouverner. Car si la CDU a frôlé la majorité absolue (qui nécessite 316 sièges), elle ne l’a pas atteinte avec ses 311 sièges. Le partenaire privilégié de la CDU, le parti libéral-démocrate (FDP), a subi un échec cuisant aux élections, puisqu’il n’atteint même pas la barre des 5% des voix, nécessaire pour entrer au Bundestag. Si bien que la CDU est contrainte de se tourner vers un autre partenaire pour former une coalition.

Les observateurs (et l’Apostrophe!) ont d’abord pensé qu’elle formerait une Grande coalition, c’est-à-dire une coalition avec le SPD, le parti social-démocrate. Ce qui en soi peut paraitre aberrant, pour nous Français, puisque la CDU serait obligée de gouverner avec son principal opposant, tout en l’ayant largement battu aux élections. Mais ce genre de coalition a déjà eu lieu en Allemagne, notamment de 2005 à 2009, avec Angela Merkel chancelière ; mais alors la CDU et le parti social-démocrate avait eu des résultats similaires aux élections. Il n’y avait donc pas de fossé entre les deux partis, tel qu’il existe aujourd’hui.

Et pourtant Angela Merkel, plus ouverte que ce que l’on croit outre-Rhin, a entamé des négociations avec les Verts : une coalition Verts-CDU serait une grande première dans l’histoire de la RFA. Nombre d’observateurs se sont affirmés ravis d’une telle initiative, d’autant plus qu’elle pouvait paraitre moins difficile à réaliser qu’une grande coalition. On imaginait déjà Angela Merkel relever ce défi avec brio. Pourtant les négociations ont échoué.

Si bien que la CDU va vraisemblablement former une Grande coalition. Mais le problème est loin d’être résolu : au contraire, les véritables difficultés commencent. En effet, comment réussir à s’unir autour d’un programme alors que les idées de la CDU et du SPD sont globalement à l’opposé? Surtout, comment rallier les deux partis sur des questions brûlantes comme l’instauration d’un salaire minimal, ou l’augmentation des impôts? La CDU est en position de force mais elle a besoin d’un partenaire pour gouverner. Le SPD va donc sûrement tenter d’imposer un salaire minimum à 8,50 euros de l’heure et/ou la création d’un impôt sur la fortune. Par ailleurs, quels ministères la CDU va-t-elle accorder au SPD?

On pressent (Die Zeit l’estime ici) que le SPD va recevoir le ministère des Finances et celui du Travail. Mais, si c’est le cas, que va devenir Wolfgang Schäuble, actuel ministre des Finances et personnage important de la CDU? Autant de questions qui restent pour le moment indécises, et vont être l’objet d’un débat vigoureux.

En bref, nous pourrions dire à Angie : « Tu as gagné les élections. C’est bien. Maintenant que tu t’es mis tous les autres partis à dos, essaye de former une coalition, on en reparle après! « 

Marianne Barret

Pour comprendre davantage pourquoi la coalition est difficile à former : (en allemand) http://www.zeit.de/2013/43/grosse-koalition-spd-merkel

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