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Reflektor, ou le retour enflammé d’Arcade Fire !

Sortez boules à facettes et sourires, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, nous allons danser !

arcaaa
(Bon, on va dire que chacun danse à sa façon..!)

Trois ans après le monument rock The Suburbs, les Montréalais d’Arcade Fire sont de retour avec Reflektor, un double album qui est, on ne va pas mentir, un vrai régal ! Produit presque dans sa totalité par James Murphy (LCD Soundsystem), l’album est précis, pétillant, innovant et beau. On retrouve avec joie l’univers planant du groupe, les voix de Win Butler et Régine Chassagne tour à tour mises en avant ou fondues au creux d’un cocon instrumental bouillonnant et maitrisé, ainsi que cette pulsation rock qui caractérise le groupe depuis ses débuts et sert d’écrin à un ensemble de textes plutôt sombres mais jamais dénués d’espoir et de lyrisme. On ne peut cependant pas s’empêcher de constater que Reflektor a quelque chose de plus que ses prédécesseurs. Comme une nouvelle énergie. Fort d’un groove assez nouveau porté par un puissant mélange de lignes de basses rondes, assumées et d’une rythmique battante, stimulante, ce nouvel opus est dès les premières écoutes curieusement emballant.

S’inscrivant dans une belle lignée de classiques rock comme The Cure ou Lou Reed mais emboitant aussi le pas à la multitude d’artistes s’étant frayé une fois encore cette année une place sur le devant de la scène musicale, de Bowie (qui joue d’ailleurs les choeurs sur Reflektor) à Daft Punk en passant par Ies Tropical ou encore Austra, l’album semble concentrer ce qui s’est fait de mieux des derniers mois. Mais Arcade Fire fait plus que simplement s’inscrire dans cette lignée. Le groupe lui donne un nouvel élan, une nouvelle vibration, celle d’un rock qui se mélange au funk, au punk (Joan Of Arc) aux sonorités caribéennes (Flashbulb Eyes) et aux rythmes electro-pop en vogue, laissant toute superficialité de côté et adoptant un son unique et authentique. Les chansons sont longues (9 sur 13 durent plus de cinq minutes), construites avec soin de la première à la dernière note, et le jonglage entre les styles est réussi, fluide (Here Comes the Night Time en étant un des plus beaux exemples). Surtout, comme toujours avec Arcade Fire, rien ne semble jamais compliqué. Transparaît en effet de cet opus, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, un certain goût pour la simplicité : si certaines chansons apparaissent chargées, voire de véritables tourbillons sonores, il y a toujours une accalmie, trois accords simples de guitare, une mélodie au piano, comme pour nous prendre la main et nous guider au cœur de ce joyeux bouillon musical (Here Comes The Night Time, Reflektor).

Si la première partie de ce double album est dans son ensemble un bel hymne à la danse, le second se veut un poil plus progressif, plus lyrique, mais non moins vivifiant. On ne quitte pas cette envie de danser amenée par le premier CD. Les ballades s’égrènent les unes après les autres, apaisantes, pleines de ce beau mélange de nostalgie et d’espoir, portées par un ensemble de chœurs qui se mêle au tout comme un instrument à part entière.

Les puristes qui se seraient attendus à voir Arcade Fire ressurgir avec un album de la même veine que ses prédécesseurs seront sûrement un peu déçus : Reflektor n’est pas une copie version 2013 de The Suburbs. Surprenant, débordant de mélodies entêtantes, dansantes et de ballades envoûtantes, il se révèle être une des plus belles surprises de cette fin d’année. Avec dynamisme et précision, les membres d’Arcade Fire signent un album qui témoigne avec brio de leur curiosité musicale mais surtout d’un besoin incessant de mouvement, de changement, le tout sans perdre une miette de leur talent.

Chloé Perceval

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