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Le groupe SRC publie sa réponse après leur échec à l’Assemblée nationale des étudiants

Une incompréhension malheureuse ou volontaire ?

Lecteurs,

La motion présentée par le SRC a été mal comprise. Certes, les quelques formules hasardeuses, relevées dans l’article de l’Apostrophe, n’ont pas aidé à la compréhension. C’est pourquoi, le SRC tient à expliquer le fond de sa pensée sur le sujet débattu le mercredi 16 novembre : « Islam, laïcité et République ».

*  Réponse aux critiques d’amalgame

Il convient avant tout d’écarter la problématique des amalgames que le SRC aurait commis. Tous les groupes ont violemment dénoncé la stigmatisation des musulmans. Une stigmatisation dont le SRC se serait fait le chantre durant la séance. S’il fallait attribuer une médaille de la démagogie, nous serions bien en peine de le faire tant tous nos camarades ont excellé en la matière. Depuis quand désigner un problème revient à stigmatiser ceux qui en souffrent ? Faut-il fermer les yeux ? Non. Le SRC a eu le courage de pointer du doigt une question délicate. Loin de vouloir stigmatiser ces populations nous souhaitons au contraire les aider. Or pour résorber une difficulté, n’est-il pas nécessaire de l’évoquer ?

*  Refonder le modèle républicain : une nécessité due à une intégration défaillante

Estimer que le modèle républicain actuel fonctionne relève d’un déni de la réalité. Nier la défaillance de l’intégration, c’est faire preuve d’une formidable hypocrisie. Si les membres de l’UMP ou de l’UDI avaient mis les pieds ne serait-ce au moins qu’une fois dans nos banlieues, ils se rendraient compte de l’existence d’un réel problème. Certains jeunes français, d’origine maghrébine pour la plupart, se définissent comme musulmans avant de se définir comme français. Pourquoi ? Car leur intégration a échoué. Est-ce les stigmatiser de dire cela ? Non, c’est pointer du doigt un problème dans le but de le résoudre. Pourquoi est-ce un problème demanderont naïvement les Verts ? Car ce phénomène marginalise ces jeunes. Ils ne se considèrent plus comme membres de la société française. Loin de nous l’idée selon laquelle l’ensemble de ces jeunes serait de dangereux extrémistes. Mais du fait des discours de la « droite décomplexée » et de l’extrême droite relayés par les médias, l’opinion est tentée de faire le raccourci.

*  Les causes de l’échec de l’intégration

Cet échec a plusieurs causes : il convient de mentionner en premier lieu les conditions socio-économiques dans lesquelles vivent ces jeunes. Le chômage touche non seulement les jeunes eux même mais aussi leurs ainés et notamment leurs pères. Le modèle paternel est ainsi dévalorisé. Dès lors, les jeunes ont tendance à se chercher d’autres repères qu’ils peuvent trouver, entre autres, dans un repli exclusif sur la sphère religieuse. Le manque de mixité sociale dans les banlieues est également un facteur qu’il faut prendre en compte. Les grands ensembles sont la parfaite illustration de ce déficit de mixité. Ensuite, et cela est lié, il faut mentionner les difficultés auxquelles fait face l’Ecole de la République. Incapable de transmettre ses valeurs, elle laisse ces jeunes sans repères culturels, ce qui conduit une partie d’entre eux à se réfugier dans la religion. Là encore nous ne disons pas que la religion est mauvaise mais que le repli exclusif sur celle-ci marginalise. Sur ces points tous les groupes ont semblé d’accord. Et il parait difficilement concevable de ne pas l’être. Ce que le SRC a tenté de démontrer c’est qu’un autre facteur doit entrer en compte : la discrimination dont sont victimes certains jeunes de quartiers défavorisés, notamment à l’embauche.

*  L’apport du SRC : la mise en lumière du facteur discrimination

C’est ce facteur que refusent de voir aussi bien la droite que le GDR. Ce dernier ne cessait de répéter que la cause unique du problème était les conditions socio-économiques dans lesquelles vivent ces populations. Mais le maintien de ces populations dans ces conditions n’a-t-il pas à voir, entre autres, avec  la discrimination ? C’est cela, et uniquement cela, que la motion soulevait. Il n’est pas question de se diriger vers un modèle multiculturel dont l’échec est par ailleurs patent dans le monde anglo-saxon. Nous soulignons seulement que le fait de considérer que l’égalité des chances concerne tous les citoyens est une fiction. C’est pourquoi la motion évoque la prise en compte de la couleur de peau et de l’origine. Non pas pour différencier les citoyens mais  afin de rappeler que ces différence de fait ont un impact sur la vie des individus.  Quelle serait la traduction concrète de cette réflexion ? Par exemple, des mesures de discriminations positives. Nous sommes conscients des difficultés que susciteraient de telles mesures et nous aurions souhaité en débattre lors de la séance afin pourquoi pas de trouver d’autre solutions concrètes. Malheureusement, seul le Rassemblement Bleu Marine a soulevé la question (c’est dire le niveau des autres formations). Le débat aurait pu être fructueux si nos camarades avaient fait l’effort de compréhension nécessaire.

 

 Mathias ZOMER, membre du SRC, au nom du SRC.

  1. Maryam EL HAMOUCHI Maryam EL HAMOUCHI

    Bonjour,

    Ce qui a été reproché, c’est l’angle de vue avec lequel vous traitiez le sujet, qui d’ailleurs me semble ne pas avoir d’issue.
    Vous partez du postulat que la communauté musulmane est exclue et qu’il faut l’intégrer. C’est en cela principalement que nous divergeons et pour moi, cela entraîne le désaccord avec tout le reste.

    J’affirme que la communauté musulmane n’est pas exclue, à l’exception de certains cas isolés, qui sont par leurs comportements marginalisés. Cependant, l’étude ne doit pas se limiter aux exceptions extrêmement mineures mais à la généralité, si ce n’est l’ensemble.
    Le constat que vous présentez aurait pu être pertinent si nous étions dans les années 1960 lorsque les immigrants d’origine maghrébine et d’Afrique Sahélienne étaient en grande majorité musulmans. Là, il y a corrélation avec les problèmes d’intégration, dus à l’exclusion de cette population qui accumulait des « handicaps » si l’on peut parler ainsi : non maîtrise totale de la langue française, « parcage » dans des HLM…

    Nous en sommes aujourd’hui, en parlant d’immigration, aux 2ème et 3ème générations. Elles sont nées en France, ont été scolarisées en France et se définissent comme françaises, et pas comme musulmanes en premier lieu. Ces générations n’ont pas toujours conservé le lien qu’avaient leurs aînés avec la religion.
    Ainsi, la communauté française musulmane se compose de nos jours pas que de personnes issues de l’immigration maghrébine ou d’Afrique Sahélienne.
    Il y a beaucoup de convertis (des personnes ayant des ascendants possédant la nationalité française depuis plusieurs générations), des personnes de différentes origines… Bref, la communauté musulmane est diverse « ethniquement » mais également socialement et professionnellement. C’est fini l’époque du musulman pauvre immigré qui n’était pas intégré. Les musulmans sont une composante de la France à tel point qu’une distinction entre l’identité française d’une personne et son identité religieuse n’est pas pertinente. Ces deux identités n’entrent pas en conflit à part encore une fois pour des individus extrêmes qu’il faut prendre en charge par des mesures juridiques, si une réelle menace est avérée et ne pas tomber dans le travers de la peur de l’Autre relayée par les médias et certains politiques afin de stigmatiser les personnes d’une certaine confession en les désignant par ces infimes extrêmes.

    Alors vous nous demandez si nous connaissons les banlieues. Oui ! Et la métropole lilloise en a de bien représentatives. Et le constat est tout autre : lorsque les jeunes d’origine maghrébine se sentent rejetés et exclus, victimes de discriminations, ils ne se tournent pas vers la religion mais plutôt vers l’argent facile afin de trouver un moyen de se valoriser matériellement et d’une autre manière vu qu’ils sont en total échec scolaire (comme pour toute chose c’est un constat général, heureusement beaucoup s’en sortent d’une meilleure manière, plus légale). Je suis d’accord avec le fait qu’il y a un réel problème d’éducation qui provient notamment de l’Ecole publique. Il faut absolument faire face à ce problème et y trouver des solutions pour que ces jeunes soient inclus au même titre que le reste des citoyens français. Cependant, ce problème n’a rien à voir avec l’Islam. Vous citez des chiffres qui, il me semble, datent de 2005. Nous sommes en 2013, il faudrait actualiser cela, 8 ans après…

    C’est pourquoi je persiste dans mon idée que ce débat était mort-né. Votre plaidoyer ou plutôt sorte de réquisitoire à l’encontre du modèle de citoyenneté républicaine aurait pu être intéressant si l’on parlait du problème d’intégration des populations de quartiers populaires, problème dû à plusieurs facteurs mais indépendamment de la religion. En y ajoutant la dimension religieuse, on aboutit malheureusement à des amalgames et une « stigmatisation » car il y a mélange de trop de données qui malgré votre volonté contraire laissent à penser que vous désignez les jeunes qui tombent dans l’extrémisme.

    Je maintiens également que nous devons absolument préserver notre modèle de citoyenneté dont nous héritons depuis tant de siècles. La citoyenneté universelle permet le respect de chaque individu en tant que personne humaine. Elle rassemble des personnes très diverses sous la même notion de citoyen français et c’est ce qui fait sa force. Cependant, nous sommes d’accord pour dire qu’elle ne doit pas gommer les différences qui sont sources de richesse. Mais ces différences ne doivent pas être inscrites dans notre citoyenneté. Si elles aboutissent à des problèmes et des inégalités, ce sont les politiques publiques qui doivent y pallier au nom de données socio-démographiques et non religieuses. C’est le problème du débat. Nous avions l’impression d’assister à un rapport d’étude sociologique qui intégrait très maladroitement des données religieuses et qui aboutissait à l’incompréhension voire l’indignation.

    Vous déplorez le manque de mixité mais le modèle de citoyenneté que vous proposez ne peut qu’aboutir à en renforcement du repli. C’est notre citoyenneté universelle qui fait de nous des êtres égaux sans distinction d’ethnie, de classe sociale, de sexe ou de religion et qui enjoint au mélange, au partage. Nous devons faire en sorte que cette mixité soit réalisée.

    Maryam EL HAMOUCHI, membre pendant une soirée du GDR, en mon nom.

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