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Les candidats sur les starting-blocks du C.A. #4 : Entretien avec Jérémy Apert, tête de liste de IEP Solidaire

 

IEP Solidaire est composé de l’UNEF Lille et de Solidaires et Autogestionnaires. Jérémy Apert est étudiant en cinquième année en FIFB, et compte assurer la passation de la liste de gauche, très attachée à son projet de changement de gouvernance à l’IEP, où les étudiants auraient une part plus importante dans les décisions de l’établissement.

L’Apostrophe : Bonjour Jérémy. Pourquoi te présentes-tu cette année au C.A. ? Qu’est-ce qui t’a poussé à mener campagne avec une liste ?

Jérémy Apert : En fait, j’ai fait le constat que plusieurs choses clochaient à l’IEP. Ce ne sont pas forcément des problèmes majeurs, mais je pense qu’on pourrait changer pas mal d’éléments ici, sans tellement d’efforts. Et s’impliquer au C.A. est souvent le seul moyen de les résoudre. Je pense que si on veut critiquer les problèmes qu’on a quand on est scolarisé ici, il faut vraiment s’engager, parce que sinon c’est un peu facile….. De plus, je m’engage depuis longtemps dans de nombreux projets et associations, c’est très important pour moi.

Si tu devais sélectionner l’enjeu le plus important cette année à l’IEP, lequel serait-ce ?

Je pense qu’on est encore confronté à l’enjeu central et permanent de la gouvernance et de la place des étudiants dans le processus de décision. Si on arrive à résoudre ce problème, ce sera un grand pas de fait. Il faut qu’on parvienne à un véritable travail de concert entre les étudiants et l’administration, par exemple en prenant plus de décisions dans le cadre de la commission permanente [qui est composée de moitié des élus étudiants]. Si on parvient à faire ce pas…. Je pense vraiment que tout ira mieux.

La question des frais d’inscription modulés a beaucoup clivé les listes; vous avez voté contre la réforme et vous vous opposez aujourd’hui à toute nouvelle augmentation. Comment expliques-tu cette position ?

On constate de gros problèmes d’argent à l’IEP, mais la réforme a permis d’obtenir un million d’euros cette année.

Il est certain qu’on a, déjà, une mauvaise gestion financière à Sciences Po : par exemple, 100 000 euros ont été pris sur les réserves pour améliorer le système informatique, mais on cherche vraiment les améliorations…..

Nous sommes une liste de gauche : nous sommes donc opposés au principe de frais d’inscription en général : cette année, maintenant que la réforme est passée, l’enjeu est de faire passer le maximum d’élèves dans les tranches inférieures. C’est un objectif pour nous.

Cependant, toute avancée est difficile à entreprendre. On a vraiment l’impression que l’administration ne réfléchit pas et ne pense pas aux conséquences que peuvent avoir ses actes. Cette réforme et ses effets inattendus en sont une illustration.

 

Le principe de changement de gouvernance est présent dans votre programme mais plus rare dans les autres. Pourquoi mettre la priorité là dessus ?

Nous, nous sommes plus qu’une liste avec des élus, et des propositions : le changement de gouvernance est véritablement notre élément central et c’est ce qui fait notre originalité. La communication avec les étudiants, afin de les impliquer, est un de nos arguments principaux : on organise des réunions pré-C.A., on rédige des comptes-rendus, on tient un blog qui nous permet de lancer des débats ; enfin, on a réalisé une enquête sociale pour la deuxième fois consécutive, et cette année, plus d’étudiants ont été interrogés, donc elle est plus représentative. Même l’administration s’en est bien servi.

Globalement, on est contre une vision un peu paternaliste de l’enseignement, avec un professeur qui dicte tout à ses élèves obéissant sans broncher. Cette vision est finie, les étudiants s’impliquent et sont légitimes à s’impliquer dans leur scolarité, et les écouter ne peut être que positif. Il faut que l’administration arrête de voir les étudiants comme des enfants irresponsables. Du coup, on essaie d’impliquer tout le monde dans ce qui se passe au C.A., où se prennent toutes les décisions : « si tu ne t’occupes pas du C.A., le C.A. s’occupera de toi ! »

 

Si tu es élu, que comptes-tu faire concrètement pour honorer ton mandat ?

En fait, en tant que 5ème année, je compte siéger lors du C.A. prochain, qui est un C.A. budgétaire : c’est assez important, et j’ai un peu d’expérience associative dans le domaine, alors ma voix ne sera peut être pas inutile. Après, je quitte l’IEP, donc je vais démissionner pour laisser la place à des étudiants plus jeunes : je vais donc faire la passation.

Pour impliquer les étudiants, on a l’intention d’organiser un événement le plus important possible pour protester contre la baisse de la DGF (dotation de l’Etat), comme on a fait l’année dernière, et comme va faire prochainement l’IEP de Toulouse. Impliquer les étudiants, et surtout ceux qui ne sont pas sur une liste, c’est très important, car c’est vraiment un signe de sérieux et de crédibilité qui est envoyé à l’administration.

Pour finir, comment vois-tu l’IEP dans dix ans ?

J’espère, mais en étant sûrement idéaliste, qu’il n’y aura pas de frais progressifs à l’IEP, et que la justice sociale sera effective. Une ouverture de la FIFB aux boursiers, une meilleure gouvernance… Bref, un renouvellement de Sciences Po Lille.

 

Propos recueillis par Anaïs DUDOUT

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