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Tribune d'étudiants • 15 janvier 2018

Alice Galopin • 11 janvier 2018

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Journée électorale à l’IEP : pas de grand bouleversement politique à l’horizon.

Fin du processus électoral à l’IEP de Lille ; avec 758 votants, dont 4 votes blancs et 11 nuls, sur 1658 votants potentiels, il faut déjà se féliciter de la nette augmentation du nombre d’électeurs comparé à l’année précédente, qui n’avait réuni que 560 votants. Bien entendu, le choix d’organiser le vote pour le nom de promo des 2, 4 et 5A le même jour et dans la même salle n’est sans doute pas étranger à ce grand bond en avant.

Déclic ! : 300 voix, quatre élus.

Avec 300 voix et le même nombre d’élus que l’année précédente, soit quatre, la liste Déclic ! se maintient très bien, profitant sans doute de la baisse de régime des Affranchis. Portée à bout de bras cette année par sa tête de liste, Flavien Noël, unanimement reconnu comme un bon connaisseur du CA et des enjeux, on peut toutefois craindre que son départ proche de l’IEP ne nuise à la qualité des interventions en Conseil d’Administration. Déclic est une liste « corporatiste » (dans le sens qu’elle n’est pas rattachée à un syndicat, ce n’est pas une critique) qui se revendique proche des associations, et globalement, se revendique « apartisane » et « pragmatique ». Déclic ! est en faveur des frais d’inscriptions, même si elle ne réclame plus de hausse supplémentaire de ceux-ci. Déclic ! revendique également le statut de l’étudiant salarié qui, suite à d’âpres négociations entre S&A, Déclic ! et le directeur de l’IEP devrait être introduit en septembre prochain. Évolution à suivre !

IEP Solidaire, liste d’union de la gauche (Solidaires et Autogestionnaires – UNEF Lille) : 137 voix, deux élus.

Avec deux élus, IEP Solidaire fédère avec un certain succès les étudiants de gauche de Sciences Po Lille sur l’union autour d’un programme commun (grosso modo celui porté depuis trois ans par S&A) mettant en avant la prise en compte du salariat étudiant, le refus du financement de l’IEP par les frais d’inscriptions des étudiants plutôt que par l’Etat, et la rationalisation des cours et des masters. Iep Solidaire s’est également présenté contre le « flicage » des étudiants et la baisse du nombre d’absences injustifiée et justifiée, et témoigne de la concordance des luttes entre un collectif local actif et un syndicat national (lequel est toutefois plus contestable). Outre cette démarche unitaire face au consensus assez général sur la nécessité d’une hausse des frais d’inscription, IEP solidaire voit son score électoral progresser depuis l’année dernière en dépit d’une rude compétition. Iep Solidaire bénéficie sans doute du fond électoral relativement stable de l’UNEF et de la bonne réputation de S&A et de ses élus à l’IEP, patiemment forgée depuis trois ans. Il faut noter qu’il s’agit d’une des rares listes à assurer une présence tout au long de l’année non seulement au CA mais aussi auprès des étudiants eux-même, ce qui nécessite un réel investissement en temps de la part des membres de cette liste. Ajoutons bien entendu qu’IEP Solidaire est aussi, et surtout, la seule liste à avoir tenu la promesses des autres en installant un micro-onde flambant neuf dans la cafét’ (l’achat d’un micro-onde n’est en effet pas de la compétence du Conseil d’Administration). Toutefois, la liste IEP Solidaire ne doit pas se reposer sur ses lauriers : comme pour Déclic !, le départ prochain de la majorité des membres fondateurs de S&A, en particulier Julien Rossi, risque de porter atteinte à la cohésion de la liste si le renouvellement des cadres n’est pas effectué.

Les Affranchis : 117 voix, 1 élu.

Recul de l’auto-proclamée « seule » liste de droite à l’IEP, qui perd l’un de ses deux élus au Conseil d’Administration. Elle retrouve ainsi le niveau du RDU d’il y a trois ans. Il est toutefois probable que les étudiants de droite de l’IEP ne perdent guère au change : les Affranchis se sont en effet malheureusement distingués par leur absentéisme, l’un des deux élus sortant siégeant au CA étant d’ailleurs en troisième année au Québec ! On peut supposer un report des voix sur la Social’liste pour partie, sur Déclic ! plus majoritairement. Néanmoins, une stratégie de communication efficace et de nombreux militants potentiels permettent de supposer un redressement de la liste à l’avenir.

Initiative Syndicale et Autogestionnaire (Sud et autonomes) : 105 voix, 1 élu

Lancée par un dissident de S&A et soutenue par le syndicat Sud, la liste ISA défend le même programme que la liste IEP Solidaire, et pour cause, puisque c’est celui rédigé par la liste S&A « canal historique » et défendu par celle-ci depuis trois ans. Des querelles de personnes et le refus de Sud de faire table rase de ses griefs à l’encontre de son rival au national l’UNEF ayant empêché l’alliance des listes de gauche cette année, il semble toutefois probable que, si toutefois les rivalité d’égo entre parviennent à être dépassées, les convergences programmatiques vont jouer et faire en sorte que les trois élus de gauche, 247 voix au total, vont agir de concert au Conseil. L’Initiative Syndicale et Autogestionnaire défend notamment la création d’un statut de l’étudiant salarié à l’IEP et le refus de la hausse des frais d’inscriptions.

La Social’liste (GSU) : 99 voix, 1 élu.

A la fois petite nouvelle et lanterne rouge, la Social’liste ne parvient pas au score de feu la liste Atelier9. Elle est cependant parvenue à obtenir un élu dans un contexte de forte concurrence entre les listes, ce qui peut augurer d’une future progression si un espace se dégage au centre. La Social’liste se déclare favorable à la hausse des frais d’inscriptions au nom de la justice sociale.

[Petite remarque en passant : il est revenu aux oreilles de la Rédaction que des membres de la Social’liste avaient mis en cause l’Apostrophe au sujet d’une tribune libre parue dans nos colonnes. Nous tenons à préciser que les articles paraissant dans la « Tribune Libre » sont comme leur nom l’indique des « tribunes libres », ce qui signifie qu’elles n’expriment en aucun cas l’opinion ou les convictions de la rédaction de l’Apostrophe. Les propos qui y sont tenus n’y engagent que leurs auteurs, nous nous contentons d’offrir une possibilité aux collectifs de l’IEP (quels qu’ils soient, associatif, personnels ou étudiants) de s’exprimer librement dans nos colonnes. Fin de la petite remarque]

Pour conclure, peu de bouleversement à l’IEP : nette domination de Déclic!, ce qui bat quelque peu en brèche l’idée reçue que Sciences Po Lille serait un nid de bolchéviques. Il est vrai toutefois qu’avec trois élus et presque 300 voix les deux listes syndicales font également un bon score, même on note cependant que la marge de progression est faible, et peut laisser envisager, dans un futur proche, une érosion des voix. On notera enfin l’échec patent des listes « politiques » des Affranchis et de la Social’liste, qui totalisent deux élus et 216 voix.

A.D.

  1. roch-eloi grivet roch-eloi grivet

    nous n’étions ni affiliés à l’UNI ni au MET, dites ce que vous vous voulez sur nous mais vérifiez vos informations merci .

    • L’Apostrophe ne fait que tirer des conclusions logiques : les symboles du Mét et de l’UNI figuraient sur les affiches des Affranchis ou du RDU (il y a trois ans), et jusqu’à preuve du contraire, y étaient encore cette année, notamment sur celles présentées à la semaine des associations. Votre liste n’est pas apparue ex nihilo 😉 Notez bien toutefois que nous ne prétendons pas que les Affranchis sont « affiliés » à ces organisations étudiantes, mais simplement historiquement en lien avec celles-ci.

  2. duchmol duchmol

    Tant d’impartialité dans le propos fait chaud au coeur ! Cela témoigne d’un réel travail de fond et d’un recul par rapports à ses propres convictions dignes des plus journalistes.

    Sérieusement, même le Figaro ne fait pas aussi malhonnête et c’est un journal partisan…

    • Le Figaro appartient à quelqu’un, ce n’est pas le cas de l’Apostrophe.
      Pourriez-vous préciser votre critique ? L’Apostrophe se bornant à donner le nombre d’élus et de voix dévolue à chaque liste, accompagné d’un élément de contextualisation quand il est possible d’en faire un (un programme est souvent un plus pour ça.)

      • Jean Jacques Jean Jacques

        Les Affranchis n’ont rien à voir avec l’Uni Met. Désolé. La critique est donc précisée.

      • Ils ont « eu à voir » durant trois ans, y compris jusqu’à la semaine des associations de cette année. La moindre des choses est de le notifier. Ce que nous avons fait. (Soit dit en passant, avoir des liens concrets ou ténu avec le Mét ne représente à priori ni une insulte ni une grave diffamation).

      • Nicolas D Nicolas D

        Restons sérieux, il me paraît difficile de nier que cet article est objectif. Si tu le souhaites vraiment on peut pointer du doigt des phrases en particulier, mais ça reste quand même assez partisan dans le propos.

        En revanche, même si je le constate, je ne vois pas vraiment le problème. Le lecteur sait pertinemment qu’il s’agit d’une tribune subjective et doit la lire comme telle. De plus comme l’a précisé Axel, L’Apostrophe n’appartient à personne, il ne s’agit donc que d’une analyse du résultat des élections parmi toutes les autres qui peuvent être publiées par tout un chacun.

      • Du contexte général de ton commentaire, j’en déduit que tu voulais dire « subjectif » au début ?
        Après, moi, je veux bien titrer « Formidable victoire des Affranchis : en dépit de la propagande bolchévique, l’alliance des valeurs et de l’excellence obtient un élu sur neuf » ou « Déclic : avec seulement la majorité des élus, c’est un échec patent pour la liste « pragmatique » ? J’ai essayé de rester le plus proche possible des chiffres et d’en tirer quand c’était possible, des conclusions.

        J’ajoute toutefois qu’un article parfaitement objectif, c’est comme une liste « apolitique », ça n’existe pas, ou alors c’est une dépêche AFP, et ça n’apporte pas grand chose.

      • duchmol duchmol

        Il est malaisé de considérer que « la gauche » ne se rassemble QUE sous l’étendard de l’UNEF-S&A-SUD au prétexte qu’elle ne répond pas à votre vision des choses. La Social’Liste ou Déclic, ne vous en déplaise, avait un programme axé à gauche mais sur d’autres aspects et avec d’autres perspectives que ce qui semble être devenu « la vraie gauche ».
        Bouh, les sociaux-traitres réformistes ! Ce genre de distinction est plus que malheureuse car elle dénote uniquement votre attachement à une doxa de gauche, et ne ressortez pas la fameuse « bourse au mérite » qui d’un trait de plume et pour une seule proposition (elle aussi malheureuse) vous place dans le camp des odieux affameurs de peuple.
        De même, l’explication du report des voix… c’est pour se faire plaisir ce genre d’analyse faite sur un bout de carton ? L’esprit des promos change, ce ne sont pas les mêmes personnes qui votent etc.

      • duchmol duchmol

        (arg validé trop vite)

        Je disais donc.

        Ce genre d’analyse, donc, n’a pas vraiment de sens… « ben tiens, j’ai voté Affranchis qui se déclarait clairement à droite, je vais voter pour un truc qui s’affiche clairement de gauche ! Car ils m’ont déçu les autres, bouh ! ».
        Ce que je constate c’est une désormais quasi unanimité pour des listes de gauche ou du moins axées sur des aspects de ce bord. qui vont de la gauche radicale à la modérée.

      • En l’occurrence, cela fait quatre ans que j’observe, voire, à l’occasion, que je participe, à la vie politique de l’IEP. Il me semble, mais je vous l’accorde, c’est subjectif, que les lignes de fractures principales entre listes sont sur la hausse des frais d’inscription d’une part, le statut de l’étudiant salarié, d’autre part. C’est là dessus, à l’IEP, que s’opère le clivage entre listes de gauche et listes de droite. Cette fracture n’est peut-être pas pertinente, ce n’est peut-être pas un marqueur très politique pour vous, mais vous avouerez que ça l’est déjà un peu plus que l’achat d’un nouveau micro-onde. N’étant pas de ceux qui confèrent un honneur ou un déshonneur moral à une étiquette sur une échelle politique mais plutôt aux actions des gens, je note que la Social’ a un an pour faire ses preuves. C’est beaucoup. Profitez-en.

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