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Sélection musicale : janvier 2014

Rien n’a changé : nous sommes désormais en 2014 et j’écoute toujours de la musique de barbare à plein volume dans ma salle de bain, en remerciant chaque jour la patience infinie de mes colocataires. La mauvaise nouvelle, c’est que ces derniers finiront probablement par m’étrangler avec le pommeau de douche ; la bonne, c’est que je me rends compte que ce mois de janvier marque déjà beaucoup de points musicalement parlant.

De mon humble avis, voici donc une petite sélection d’albums ou d’EPs sortis en janvier et qui valent le coup d’entrer dans vos toutes dernières playlists. Amateurs de country, de jazz ou de rock à l’ancienne, passez votre chemin : tous les morceaux dont je vais parler ci-dessous touchent de près ou de loin à la musique électronique.

(Come on, ne le prenez pas comme ça, revenez !)

Soldier’s Flag EP – Data

Soldier's Flag Cover

Sorti le 13 janvier dernier, l’EP Soldier’s Flag marque le grand retour de Data (ou DatA pour les intimes), qui avait quelque peu disparu des radars depuis 2009, année de sortie de son premier (et très bon) album Skywriter. On y trouve trois pistes inédites qui, si elles ne réinventent clairement pas la roue, se montrent d’une redoutable efficacité. Data est peut-être devenu plus consensuel, son style s’est peut-être légèrement assagi – mais il reste un producteur de très haute volée.

Titre phare de l’EP, auquel il donne son nom, Soldier’s Flag est probablement le morceau le plus traditionnel du disque : calculé à la seconde près, il semble composé pour passer aisément à la radio (ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose). Rythme soigné, paroles sans prétention, refrain entrainant, la recette fonctionne toujours. Avec sa tonalité plus sombre et plus industrielle, la version club du titre est excellente aussi, mais on pourra regretter deux autres remix qui n’apportent pas grand chose. Patriots rattrape heureusement le coche sans trop forcer : on tient ici le meilleur de Data, une piste mélancolique où les synthés imposent un motif mélodique simple dont on décroche difficilement. Desert Eagle offre aussi quelque chose de différent, une belle hésitation entre envolées lyriques et électro plus terre à terre. Le tout est globalement très peu agressif – ne vous fiez surtout pas à sa pochette, l’EP est nettement plus pacifique qu’il en a l’air.

Page Soundcloud de Data : https://soundcloud.com/0data0

Chiaroscuro – I Break Horses

Chiaroscuro Cover

I Break Horses n’est pas juste un énième groupe d’alternative au nom un peu idiot : après un premier album extrêmement prometteur en 2011 ( que je vous recommande chaudement), le duo suédois réitère ce mois-ci avec Chiaroscuro, autrement dit “clair-obscur” en italien – un qualificatif qui correspond parfaitement à l’ambiance du disque. Tout ne se vaut malheureusement pas sur l’album, toutefois on y trouve des pépites de bonne taille qui donnent envie de les entendre jouées en concert et de juger la performance hors studio.

Piste introductive, You Burn vaut peut-être même le coup à elle seule : élégante, simple mais émouvante, elle résume bien le spleen qui parcourt chaque morceau du groupe. C’est ensuite une affaire d’alternance, de contrastes délicats. Faith impose d’emblée sa pesanteur quand Ascension se permet de légères pirouettes aériennes ; Denial déçoit par sa douceur un peu molle et sa trop grande ressemblance avec d’autres productions, quand Berceuse surprend (en bien) par son acidité et sa noirceur. Allant encore plus loin dans le pessimisme tranquille, Medicine Brush représente un deuxième pic pour le disque, avant un Disclosure sympathique mais anodin… et deux dernières pistes qui passent inaperçues.

Chiaroscuro est parcouru dans son ensemble par un souffle organique, une sourde pulsation qui est à la fois sa plus grande force – lui donnant une unité globale – et son talon d’Achille (les morceaux souffrant un peu de ne pas être plus distincts les uns des autres). I Break Horses n’en est pas moins un groupe à suivre attentivement, ne serait-ce que pour la voix envoûtante de sa chanteuse Maria Lindén, et pour quelques très beaux moments d’électro atmosphérique.

The Phoenix EP – Pyramid

The Phoenix - Cover

Il y a moins d’un an, je vous parlais de Pyramid dans un ouragan de commentaires élogieux : mon opinion n’a pas trop évolué. Toujours ouvert aux expérimentations, le producteur lyonnais a sorti le 27 janvier chez Kitsuné un nouvel EP baptisé The Phoenix, qui ose des choses et miracle, ne déçoit pas. On y trouve ici aussi trois nouvelles pistes, à commencer par Astral, véritable morceau-somme opérant la synthèse de tout ce que Pyramid sait faire de mieux, et qui se bonifie à chaque écoute. Boucles interstellaires, juste ce qu’il faut de basses rondes et vibrantes, claviers doux et éthérés : c’est quelque part entre l’invitation au voyage et l’obligation absolue de bouger son booty.

Mais la surprise du chef, c’est bien The Phoenix. Fruit d’une collaboration fort réussie avec le rappeur Willy Wesley, la piste démontre à qui veut l’entendre que Pyramid n’a plus peur de placer des paroles sur sa musique. La greffe prend à merveille, l’équilibre entre les parties vocales et instrumentales est parfait, joyeux, sans déformation grossière du timbre de Wesley et sans trahison de la patte si caractéristique de Pyramid. Ce dernier semble entamer avec The Phoenix (le bien nommé) un nouveau cycle, l’acte II ou III d’un style désormais arrivé à pleine maturité – et c’est très agréable à l’oreille. Lunar Ghosts marque un peu moins les esprits en comparaison, mais elle offre une belle respiration à l’EP et là aussi, le morceau épate par la qualité de sa composition. Ajoutez à cela deux bons remix qui font honneur au matériau de base (en particulier celui de Lifelike, subtil et bien groovy) : le tout représente une des meilleures nouvelles de 2014 et, on l’espère, une déclaration d’intentions de la part de Pyramid. Vraiment, vivement l’album.

Page Soundcloud de Pyramid : https://soundcloud.com/pyramidhall

Pour résumer et pour les adeptes de l’abréviation tl;dr qui se verront alors bien feintés :

Si vous ne devez retenir que trois choses de cet article… Ecoutez ça, ceci, et cela.

Charles Carrot

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