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The New Born Between Mountain and Sea : mention TB

Un mois après une sortie vinyle en édition limitée (du plus bel effet sur l’étagère à côté des disques de gros rock qu’écoutaient papa-maman dans leur folle jeunesse), Thomas Barrandon sort enfin son nouveau disque, The New Born Between Mountain and Sea, pour une poignée d’euros sur iTunes.

Pour résumer : c’est magnifique.

Je n’ai vraiment pas le temps d’écrire cet article – mais certaines choses méritent de légers sacrifices.

the new born

Artiste aux multiples talents, cinéphile averti, graphiste réalisant lui-même ses pochettes d’album, ses posters (dont celui ci-dessus) et un peu de vidéo, Thomas Barrandon est avant tout un excellent musicien. Si vous voulez vous faire une idée sur ses précédentes productions, sa page Soundcloud est une vraie mine de diamants, parfois quasi-bruts, souvent taillés avec le plus grand raffinement – et en fouillant un peu à côté, on trouve même quelques pépites oubliées sur le chemin. Barrandon ne semble jamais rien laisser au hasard : il remixe avec brio, compose de la musique de film avec délicatesse et ne rechigne pas à tenter régulièrement de nouvelles expériences sonores, pour un résultat généralement formidable.

Avec The New Born Between Mountain and Sea, gros EP (ou petit album selon votre conception de la chose), le compositeur lyonnais signe un ensemble de sept pistes extrêmement cohérent, puissant et mémorable. C’est le genre de disque qu’on écoute difficilement d’une seule oreille, qui engage émotionnellement l’auditeur : un trip dont on retire une impression de plénitude, loin du bonheur fabriqué de tubes sans âme et sans conviction.

Il n’y a vraiment rien à jeter dans l’EP. La track d’ouverture, Conception, est un prologue autant qu’un manifeste, la promesse de quelque chose de grand et de fort. C’est déjà beau à en pleurer de joie. Outside the Cave en développe la mélancolie, pose l’ambiance en quelques notes de guitare et de piano bien placées tout en berçant doucement de son tempo calme et langoureux. Le timing est alors parfait pour le morceau de bravoure de l’album :

A ma connaissance, jamais une piste de Thomas Barrandon n’avait fait l’objet d’un clip aussi ambitieux – et il faut dire que Forever Young a Lie se prêtait bien à l’exercice. Le coeur de l’EP est là, une symphonie de synthés chargée de mystère et de rêverie nostalgique, oxymore lancinant et positif. On y retrouve toujours ce sens du détail, ce goût de l’envolée lyrique typique de l’artiste, familier mais jamais lassant.

Plus expérimentale avec son bourdon au piano et ses quelques lignes de rap, Old Soul paraît aussi plus anecdotique en comparaison… au premier abord. Comme le reste du disque la piste se renouvelle en permanence, mélange les styles avec un naturel déconcertant. Il n’y a plus de codes, pas besoin de toutes ces catégories. Quand vient son tour, Memories Fade fait écho aux deux premières pistes évoquées plus haut : le morceau porte son nom comme un charme et contribue grandement à l’unité de l’oeuvre, poursuivant le voyage loin de la routine et de la rumeur du quotidien.

Et c’est déjà la dernière ligne droite. Thème de l’album, The Last Sleep est une merveille qui vaut le coup à elle seule. Vous pensez sans doute que j’exagère, mais je dois déjà l’avoir écoutée 18 fois en vingt-quatre heures, et je ne trouve rien à en redire : mélodies, sonorités, rythme, progression, il n’y a pas d’explication à trouver – c’est le crush auditif ultime, d’une beauté presque surnaturelle. Miraculeusement, Stream Flows passe après sans démériter. Elle calme le jeu et ferme le disque dans une conclusion ouatée et aquatique, fluide et touchante au point que l’on se demande bien comment l’album aurait pu finir autrement.

C’était trop court, on en veut encore mais on en sort avec une seule chose à dire : merci. Construit avec un soin maniaque, posant le doigt sur les plus nobles parties de l’âme humaine, The New Born Between Mountain and Sea est clairement mon premier gros coup de coeur musical de cette année.

Vous ne l’achèterez probablement pas, je vous connais. Mais vous raterez vraiment quelque chose.

Charles Carrot

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