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CONFÉRENCE – Stéphane Le Foll : « Je n’ai pas choisi le patronat… »

Le Mercredi 24 Septembre, Sciences Po Lille accueillait Stéphane Le Foll, Porte-Parole du gouvernement et ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt sur invitation du think-tank République Réformiste. A l’ordre du jour : « la social-démocratie à l’épreuve de la crise ». Le débat était animé par Antoine Lesieur, Joséphine Dormieu et Jean-Nicolas Citti.

18h00. L’Amphi A, bondé, s’impatiente. Un ministre en personne à l’IEP, cela faisait longtemps. Conséquences, paliens et paliennes sont venus nombreux, certains par curiosité, d’autres pour voir le porte-parole du gouvernement et ministre afin de mieux comprendre son rôle, ou tout simplement, pour avoir des réponses précises, comprendre ce virage politique, cette nouvelle ligne gouvernementale qu’assume aujourd’hui François Hollande.

« Se confronter à la réalité sans perdre de vue l’idéal »

Face à un gouvernement souvent critiqué, le Ministre a assumé, avec ce qui ressemblait à de la franchise, la nouvelle ligne politique du gouvernement. Il n’a pas nié le manque de popularité des dernières mesures prises. Il les a, au contraire, justifiées en rappelant que l’action du gouvernement, si dure soit-elle, était nécessaire à la relance de l’économie française. C’est pourquoi, a expliqué le ministre, la France, par son histoire et son rayonnement, se doit d’assumer son rôle de puissance économique même si cela doit passer par des changements structurels majeurs. Ces derniers qui ont fait de la compétitivité : « la clé d’une relance de l’économie qui conduirait à une redistribution plus importante ». Tout l’enjeu de la social-démocratie étant « d’adapter la production de richesses, la compétitivité, au modèle social ». En somme, insérer d’avantage de flexibilité et se risquer à un dangereux jeu d’équilibriste que Stéphane Le Foll a résumé par « la nécessité de se confronter à la réalité sans perdre de vue l’idéal ». Et qui joue dangereusement, risque la chute.

Dans son discours, il n’a pas fallu longtemps pour que la grande responsable, « la crise de 2008 », soit pointée du doigt au même titre que la mauvaise gestion des comptes publics du précédent gouvernement. Derrière l’entreprise de déresponsabilisation, l’homme semblait sincère. Mais c’est sans compter sur la deuxième casquette du ministre car c’est finalement en bon porte parole qu’il est intervenu. Reste à savoir si cette sincérité, si idéaliste soit-elle, n’est pas plutôt l’expression d’une fatigue réelle des critiques faites au gouvernement et de la remise en question de l’authenticité des valeurs de gauche ? Car oui, les soupirs dans la salle se sont fait entendre, à plusieurs reprises.

Noyer le poisson

Et quand ce fut au tour de l’audience de s’exprimer, les sujets un peu houleux ont été abordés : la position du gouvernement envers les groupes sociaux (le gouvernement place t-il aujourd’hui réellement les syndicats et le MEDEF sur le même pied d’égalité ?), la question environnementale (la taxe carbone peut-elle toucher les ménages ?), en passant par la politique étrangère et le rôle de la France dans la libération de ses ressortissants pris en otages. Peu de temps avant, nous venions d’apprendre la disparition tragique d’Hervé Gourdel, otage en Algérie.

Stéphane Le Foll a bien choisi ses exemples en fonction de son public. S’il ne pouvait faire l’impasse sur la colère des agriculteurs français et leurs inquiétudes face aux potentielles conséquences de l’embargo russe, il a tout de même préféré parler études. Il a parlé des jeunes boursiers dont la bourse a encore été augmentée cette année -en réalité comme chaque année depuis cinq ans- et des nouvelles mesures prises pour l’Université. Il a insisté sur le fait qu’il voulait accentuer la démocratisation scolaire et accompagner les étudiants. Et comme il l’a si bien dit, « vous représentez l’avenir, votre mission est importante, les problèmes que vous allez rencontrer seront majeurs mais nous serons là pour vous aider. ». Soit.

En réponse aux critiques, qui n’ont pas tardé à déferler entre quelques flatteries insistantes, il a réitéré l’idée qu’il « n’a pas choisi le patronat » mais que le gouvernement a choisi de travailler avec les syndicats ouverts à la discussion. Ceux qui, comme la CGT et FO, ne quittent pas la salle des négociations lors de la conférence sociale (les images d’Itélé  ici). Il n’a pas non plus oublié de parler des agriculteurs bretons qu’il avait rencontrés le matin même au Ministère, soulignant que l’accord trouvé, le déblocage d’aides, avait été favorablement accueilli.

La Manufacture donne la parole à..

Thomas, étudiant en première année (Filière Générale) :« Cette conférence était intéressante, j’étais curieux de voir ce qu’il avait à dire et puis il représente le gouvernement donc je pensais peut-être obtenir des réponses pertinentes à certaines interrogations…A vrai dire, je l’ai trouvé franc. Il a évité de nous sortir trop de langue de bois mais ça sonnait tout de même faux, enfin ça manquait de réalisme, on n’a pas l’impression de vivre dans le même monde que lui, de subir la même réalité. »

Victorien, également étudiant en première année : « Stéphane Le Foll donnait l’impression de dévier des questions posées dans ses réponses, notamment sur son rôle de porte-parole à l’ère de l’information en continu ou encore sur l’affirmation potentielle du PS en tant que parti social-démocrate. »

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