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CONFÉRENCE – Eric Woerth : « Le temps des idéologies est révolu »

La conférence de rentrée des Affranchis, l’association politique de Centre-droit de Sciences Po Lille, a eu lieu mardi dernier. La question au cœur du débat : « 2014 : Une crise économique française ? ». Geoffrey Delepierre, son président, a accueilli pour cette intervention « l’invité le plus légitime » selon ses propres mots : Eric Woerth.

C’est cette fois-ci au centre du petit hémicycle de l’amphi A que le député de la 4ème circonscription de l’Oise est venu prendre place. Successivement secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat, ministre du Budget et ministre du Travail, Eric Woerth est aussi connu pour les affaires un peu gênantes qu’il traîne. On se souvient encore de l’épisode de l’Hippodrome de Compiègne ou de l’affaire « Woerth-Bettencourt ».* S’en était suivie une mise en examen pour trafic d’influence passif et pour recel de financement illicite de parti politique. Mais sans réveiller davantage de polémiques, qui n’étaient visiblement pas non plus les bienvenues dans les interventions étudiantes, revenons sur ce qui a été dit lors de cette conférence de rentrée.

« La France ne croit plus »

Après un bref rappel sur les étapes de la fameuse crise de 2008, Eric Woerth a vite abordé le constat de « l’alarmant » endettement de la France. « 550 milliards d’euros ». C’est le montant d’augmentation de la dette française depuis 2008. 350 à 380 seraient dus à la crise, le reste au déficit structurel français. Et la situation ne s’améliore pas, s’est insurgé l’ancien ministre : « 0% de croissance, 0% d’inflation. » Les 4,4% de déficit public, anticipés par Bercy pour cette année, l’inquiètent tout comme ils inquiètent les Français qui « ne croient plus en la France », a-t-il déclaré. Pas de croissance et plus d’espoir : « La France ne croit plus, aux deux sens du terme » conclut Eric Woerth. Sans parler, précise-t-il, de la dette qui s’approchera certainement des 100% du PIB en 2015.

Eric Woerth a réclamé de la part de la présidence Hollande « une vision juste des choses ». Et d’ajouter : « il faut se rendre compte de la véritable situation et agir en conséquence ». Dans la suite de son discours, il a tout de même concédé au gouvernement sa bonne volonté pour réduire les dépenses publiques. Une concession de courte durée puisqu’il s’est ensuite naturellement empressé de critiquer les projets du gouvernement Valls. Le plan de 50 milliards d’économie sur trois ans n’est, selon lui, pas véritablement réalisable et surtout, bien insuffisant.

Quelles alternatives ?

Eric Woerth a préconisé d’agir sur deux points : les politiques publiques et la masse salariale. Son constat est sans appel : des réformes structurelles sont nécessaires mais mis à part le projet des collectivités territoriales, le gouvernement n’en a fait aucune, a-t-il ajouté. Concernant la masse salariale, le député a affirmé que « comme dans les entreprises, il faut réduire, pas de manière brutale, mais une évolution progressive sera nécessaire avec des fonctionnaires sous statuts et d’autres sous contrats ». Eric Woerth a aussi déclaré vouloir revoir le code du travail et reconstruire un marché du travail qui aurait disparu. Il a appelé au pragmatisme et au réalisme, précisant au passage que « le temps des idéologies est révolu».

Dans cette intervention, le député s’est donc aligné sur les propositions de son maître à penser, Nicolas Sarkozy. Au moment du grand retour de l’ancien Président, le jusqu’alors filloniste Eric Woerth avait en effet retourné sa veste en se déclarant en sa faveur.

Questions-réponses, réponses et demi

Après cette introduction vinrent les questions. Et comme tout bon politicien, Eric Woerth a su profiter de son temps de réponse pour détourner le sujet et insister sur les thèmes qu’il n’avait pas eu le temps de développer. Ainsi, lorsque la question « ne faut-il pas revoir la place des partis d’opposition ? » lui a été posée, il a réussi à conduire sa réponse sur le terrain de la réforme des retraites qu’il a lui-même menée. Il en a profité pour se présenter comme l’héroïque soldat « seul avec sa baïonnette en dehors de sa tranché » oeuvrant seul pour en augmenter l’âge de départ.

Lorsqu’on lui demanda si « l’UMP était encore une force crédible ? », il admit que le parti « n’avait pas donné un spectacle formidable ». Mais d’après Eric Woerth, l’ensemble des partis souffrirait de ce manque de crédibilité. Il a évidemment soigneusement évité de revenir sur les derniers scandales de financement de campagne qui noircissent sérieusement l’image de l’UMP.

Bref, comme conclut Guillaume en 4ème année, « ça fait du bien de voir quelqu’un qui maitrise son sujet, mais c’est vrai que c’était très technique et qu’il répondait souvent à côté en étant trop long sur ses réponses ».

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* L’objectif de cet article est de revenir sur la conférence et non pas d’insister sur les « casseroles » d’Eric Woerth. Mais pour ceux qui souhaitent davantage de précisions à ce sujet, Eric Woerth a été maintenu sous le statut de « témoin assisté » dans l’affaire de l’hippodrome de Compiègne en octobre 2013, rappelle le quotidien Le Monde. La Cour de Justice de la République a terminé ses investigations il y a quelques jours et a renvoyé le dossier concernant Eric Woerth vers le Parquet Général de la juridiction qui devrait conclure à un non-lieu  (En savoir plus). En ce qui concerne l’affaire Bettencourt, selon Le Parisien, Eric Woerth alors mis en examens a été renvoyé en correctionnelle pour abus de faiblesse.

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