Skip to content
Slider

Carnet de 3A – Puebla au Mexique : derrière le stéréotype de la violence, iguanes, ponchos, lac phosphorescent et ruines mayas

« Carnets de 3A » prend la direction du Mexique où les nouvelles sont bien meilleures que les dernières fusillades à Monterrey. Louison Fonteneau nous livre son expérience à l’Université de Puebla, dépaysement garanti ! 

MexiqueJe m’appelle Louison Fonteneau, je suis actuellement en 3A à Cholula, petite banlieue chic de Puebla au Mexique (2 millions d’habitants et presque autant de vendeurs de tacos) et plus précisément à l’Universidad de las Americas Puebla. En bref, un énorme campus de 8 000 étudiants où s’étudient sport, médecine, cuisine et sciences politiques.

Je dois vous avouer que je n’étais pas des plus rassurés lors de mon départ au Mexique, pays des tacos, de la salsa mais qui souffre également d’une très mauvaise réputation pour nous Européens ; réputation renforcée par le peu d’informations que j’ai pu trouver dans les divers comptes rendus de la BU (datant de 2005/2008 au maximum) et par les rassurantes réunions pré-3A (« Nous avons suspendu l’accord avec Monterrey pour cause de fusillades »).

Armé de mes quelques mots espagnols, je suis donc arrivé en août à Mexico (« DF » pour les intimes). Les premières sensations sont assez déstabilisantes. Taxis sans ceintures, code de la route aléatoire, ville tentaculaire, policiers surarmés à chaque coin de rue. Bref, si vous voulez du dépaysement, vous êtes servis.

En arrivant à Cholula, dans une magnifique colocation avec mes deux compères d’aventure, Myriah et Ombline, quoi qu’envahie par les blattes, ma vie étudiante commence. Accueilli comme il se doit par le Bureau des internationaux et le personnel de l’UDLAP, je pus découvrir un campus aussi gigantesque qu’agréable. Au programme, une quinzaine de restaurants, des infrastructures sportives pour absolument tout, une piscine, la boutique officielle de la fac, une BU plus grande que l’IEP et j’en passe… Il est d’ailleurs, aux premiers abords, assez étrange de remarquer à quel point les sportifs sont idolâtrés. L’équipe de football américain (Los Aztecas !) fait des ravages dans les cœurs et dispose de privilèges parfois frustrants (impunité totale en cours).

Mexique, Puebla, Cholula

Plus globalement, tout le quartier est entièrement dédié aux étudiants de l’UDLAP (discothèques, bars et restaurants en tout genre). Les occasions de sortir ne manquent pas puisque plusieurs entreprises (plus ou moins sérieuses), et accessoirement tes propriétaires, se chargeront à tour de rôle d’organiser de gigantesques soirées, parfois chez toi (Halloween fut l’occasion de faire entrer 200 personnes chez nous…). Attention cependant à ne pas rester qu’entre Français. L’université est très tournée vers les échanges internationaux et accueille environ 200 internationaux dont une centaine de Français chaque année. Heureusement, les Mexicains sont très loin d’être timides et très vite, vous enchaînerez les rencontres. Un petit conseil : à l’UDLAP, les étudiants font partie d’une certaine élite mexicaine, beaucoup sont très fortunés et vous proposeront très vite de voyager aux quatre coins du Mexique pour faire la fête. Il est absolument essentiel de savoir sortir de cette bulle aseptisée afin de découvrir les autres facettes du Mexique.

Côté cours, j’ai été agréablement surpris de découvrir que les cours, selon les choix de départ (renseignez-vous auprès des anciens), pouvaient proposer un enseignement de qualité voire, pour quelques uns, rivaliser avec ceux de Sciences Po (notamment l’économie politique internationale et la mercatique politique). Il est nécessaire de prendre un certain rythme de travail afin de boucler les centaines de textes à lire (90% du travail personnel). Cependant, on s’habitue très vite, cela nous permettant, grâce à une bonne organisation, d’avoir des semaines plutôt légères. Sauf pour quelques cours, il n’est pas difficile d’obtenir de très bonnes notes (la moyenne étant de 7,5/10, les 9-10/10 sont fréquents).

©Louison Fonteneau
©Louison Fonteneau

Côté voyage, vous n’aurez que l’embarras du choix tant les destinations sont nombreuses et variées. Si les côtes se révèlent souvent balnéaires (Acapulco, Puerto Escondito), c’est l’occasion de faire la fête tout en découvrant des lieux naturels époustouflants (lac phosphorescent, plage déserte) avec son lot de découvertes (crocodiles, iguanes, insectes en tout genre…). La région de Oaxaca est l’occasion de découvrir les coutumes locales les plus anciennes – l’ambiance lors du Dia de Los Muertos du 1 novembre est incroyable – dans des villes colorées et réputées pour leur gastronomie. Enfin, les Chiapas feront de vous un aventurier aguerri. Dans cette région très peu urbanisée et luxuriante, il n’est pas rare de tomber sur quelques ruines mayas (celles de Palenque sont de loin les plus belles) ou quelques cascades naturelles où faire trempette. Cependant, ce ne sont ici que quelques unes des destinations magiques du Mexique ; il me reste encore beaucoup à faire. D’autant plus qu’il n’est pas très compliqué et onéreux de rejoindre les pays plus au sud de l’Amérique Latine (Pérou, Bolivie).

D’ailleurs, côté financier, si les opportunités de dépenser votre maigre bourse étudiante ne manquent pas, les prix sont en moyenne 2 à 3 fois moins chers qu’en France. À vous les 5 tacos pour 1 euro, le litre de cocktail à 3 euros, l’appartement à 200 euros par mois et le restaurant gastronomique à 10 euros.

Pour finir, il me semble important de faire une petite mise au point. La plupart des dires occidentaux sur le Mexique sont des stéréotypes dont le plus flagrant concerne la violence. Le Mexique, de par sa pauvreté et son instabilité politique, est un pays où sévissent assassinats, narcotrafics et vols. Par exemple, ces temps-ci, le Guerrero, État du sud du Mexique, est en pleine révolution (qui pourrait tourner au bain de sang) suite à l’enlèvement et aux probables assassinats par des mafieux locaux de 43 étudiants. Cependant, à condition de rester sur ses gardes et d’être organisé dans ses déplacements (ne pas se retrouver seul la nuit dans la rue), il est peu probable que cette violence vous atteigne. Parmi la plupart des personnes étrangères que je connais ici, aucun n’a eu de soucis autres que des vols. Par ailleurs, Cholula, et plus globalement Puebla, sont des villes très tranquilles et sécurisées.

Bref, destination trop souvent délaissée au profit de pays plus au Sud de l’Amérique Latine, le Mexique ne manque pas de charme et révélera votre côté aventurier (et fêtard) tout au long d’une 3A incroyable. On y vit des étoiles plein les yeux et la tête remplie de souvenirs : se baigner à minuit dans un lac phosphorescent, visiter les ruines de Palenque en compagnie d’un guide baragouinant des « C’est chouettos » et se faisant surnommer Victor Hugo, croiser un iguane au détour d’une rue,  négocier un poncho à moitié prix… Même si la moule palienne me manque, moi, je m’éclate.

PS : N’hésitez pas à me contacter si vous voulez en savoir plus, c’est avec plaisir que je répondrai à vos questions, gringos.

  1. Margaux SG Margaux SG

    Le Mexique « Derrière les stéréotypes »… Enfin, il y a quand même 43 étudiants qui ont disparu, ont été assassinés, brûlés et enterrés dans un charnier par les narcotrafiquants et avec la complicité des politiques locaux… Les stéréotypes ont la vie dure apparemment !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *