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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Elections C.A. #3 : Teddy Dekimpe, tête de liste « Des Paroles aux Actes avec les Affranchis »

La Manufacture a rencontré Teddy Dekimpe, tête de liste « Des Paroles aux Actes avec les Affranchis ». Étudiant en 5A en Management des Politiques Publiques et Audencia, Teddy siégeait déjà au C.A. l’année dernière suite à la démission de Florence Brygo partie en 3A. La liste avait alors recueilli 117 voix et un seul élu étudiant. Cette année, leurs propositions mettent l’accent sur le numérique à l’IEP, une nouvelle vision de l’année de mobilité ainsi que la valorisation de la vie associative vers plus d’organisation et de visibilité.


La Manufacture : Bonjour Teddy, pour commencer cet entretien, est-ce que tu pourrais nous dire ce qui t’a amené à te présenter comme tête de liste « Affranchis » aux élections du Conseil d’Administration cette année ?

Teddy Dekimpe : Au sein des Affranchis, je me suis toujours cantonné au C.A. sans réellement prendre part à l’association en elle-même. J’ai siégé deux fois au C.A. cette année, parce que j’ai récupéré la place de Florence Brygo. Je laisserai moi-même ma place, si je suis élu, à Geoffrey Delepierre et j’espère, si on a plusieurs élus, à Mathilde Suchet qui est troisième de liste. J’ai voulu apporter mon expérience parce que cette campagne est ma troisième, que je suis en 5A et que j’ai pu voir l’évolution des campagnes C.A. qui se sont recentrées sur des projets beaucoup plus concrets qu’avant.

Tout cela m’a permis de comprendre son fonctionnement et de réfléchir à de nouvelles idées. C’est donc tout naturellement que j’ai demandé, cette année, à Geoffrey Delepierre de mener la liste pour le C.A. On oscille entre un et deux élus chaque année. Aux dernières élections on en a perdu un, il était donc temps de mettre un petit coup de pied pour faire émerger de nouvelles idées, voir d’une autre manière le C.A et notamment régénérer le mouvement. D’autant plus que cette année est pleine d’enjeux : l’élection du nouveau directeur, le déménagement qui se précise puisque désormais ce n’est plus une parole en l’air et que les fonds ont été débloqués et le Conseil régional s’est engagé, ou encore d’autres enjeux tels que les fusions des Universités de Lille. Cela va être très compliqué comme dossiers et les élus, en plus d’avoir beaucoup de boulot, devront s’accorder. Sur ces sujets, on a tous une responsabilité.

Que retiens-tu de ton expérience d’élu au C.A. ?

J’ai pu voir comment fonctionnait le C.A. Si on veut porter des projets, on ne peut pas le faire avec un seul élu, il est donc nécessaire de pouvoir coopérer avec les autres élus étudiants. Sur la crise d’Aix-en-Provence par exemple, on a tous travaillé ensemble, que ce soit avec la liste Déclic ! ou la Social’liste. Le C.A. c’est ça et je compte bien promouvoir l’intérêt de cette coopération tout en étant moteur, en proposant des idées pour ensuite les raccrocher à l’énergie des autres élus. Ma vision du C.A. n’est pas du tout clivée. On s’entend très bien avec les élus UNEF et SUD qui font des efforts pour être un peu moins clivants. Bien sûr, il y a des fractures inévitables sur lesquelles nous ne sommes pas d’accord, néanmoins on travaille dans l’intérêt des étudiants. Pour ce faire, on a besoin de cette coopération et d’une bonne entente.

Avant, le C.A. était très politisé et au final c’était une instance de débat un peu stérile. Désormais je crois que tous les élus ont en tête les vrais challenges. Depuis l’origine des Affranchis, nous avons-nous mêmes perdu ce côté un peu politisé pour se concentrer sur des questions propres au C.A., propres à Sciences Po Lille. D’ailleurs, il faut le préciser, on n’a aucun lien avec d’autres institutions que l’IEP et il n’y a aucun militantisme politique au sein des Affranchis au C.A.

Selon toi, quelle serait la priorité cette année à l’IEP ?

S’il devait en avoir qu’une, ce serait l’élection du nouveau directeur et la nécessité d’informer les étudiants sur les enjeux que comporte ce point déterminant. Mais il n’y a pas qu’une seule priorité. Il va falloir commencer à amorcer plusieurs projets de notre côté, et ce, en partenariat avec les autres listes tel que l’année de césure ou la flexibilisation de la troisième année entre université et stage. Il s’agit de deux projets très longs, qui dureront probablement deux ans. Tous les IEP ont recours à davantage de flexibilisation, ça permet de multiplier les expériences. Pouvoir faire six mois à l’université c’est parfait en terme de découverte, de connaissances, de voyages, mais en sortant de Sciences Po, on se rend vite compte qu’on a quand même un déficit professionnel réel. La valorisation des stages à l’étranger est très forte actuellement et finalement le choix entre stage et université représente un sacrifice. En flexibilisant on n’a plus besoin de faire ce sacrifice. On peut avoir la formation universitaire de notre choix ainsi qu’une expérience professionnelle de six mois à l’étranger.  Pour la césure c’est pareil, ça peut être en France mais l’objectif reste le même : la professionnalisation. C’est une des mesures phares de notre programme. Mais celui-ci est composé de diverses thématiques. Par exemple, les points sur les associations et le numérique.

Que proposez-vous concrètement concernant la vie associative dont vous avez fait une de vos priorités ?

On veut un volet associatif assez fort dans le sens où on est vraiment étudiant à Sciences Po Lille par les cours mais aussi et surtout par les associations. On veut renforcer leur rôle, pas forcément en leur donnant plus de subventions mais en leur donnant plus de responsabilités et plus de liens avec l’administration. On propose par exemple de créer un endroit physique dans l’IEP avec des panneaux d’affichage sur lesquels chaque association aurait sa place, ça permettrait de les regrouper et d’avoir une vraie visibilité en sachant où les trouver. Et pourquoi pas, créer un site internet avec tous les événements de toutes les associations afin de les rendre plus visibles aux étudiants. S’il y en a qui fonctionnent très bien, d’autres associations peinent un peu car ça fait longtemps qu’elles ne se sont pas renouvelées et notamment parce qu’elles n’en ont pas les moyens. Il y a des assos qui arrivent très bien à avoir des sponsors et d’autres qui y arrivent très mal, qui n’ont pas forcément les techniques de démarchage nécessaires. Une coopération plus accrue entre les associations permettrait de pallier cela et à terme, de mener des projets plus ambitieux.

Le souci c’est qu’il n’y a pas de structure de concertation entre toutes les associations pour qu’il y ait une véritable vie associative commune et plus dynamique. Il y a moyen de lancer plein d’idées à ce sujet et pour cela il faut s’écouter et avoir des structures où l’on peut parler entre toutes les associations. Et pourquoi pas davantage de formations proposées par l’IEP. Si c’est en cours, c’est justement parce que depuis quelques années, les élus étudiants au C.A. l’ont réclamé. Il y a moyen de mieux organiser tout cela en renforçant la coopération inter-associations mais cela doit d’abord passer par une plus grande visibilité et une structure où l’on puisse discuter et échanger sur de nombreux problèmes.

Malgré le réseau qui plante, on note quelques avancées côté numérique, que voudriez-vous apporter de plus ?

Le numérique est un de nos gros projets. Depuis l’arrivée de Frederic Di Gleria un gros travail a été fait, surtout au niveau des réseaux, du matériel a été changé, on a enfin pu obtenir les licences Microsoft office qui permettent de mieux travailler ainsi que la boite mail Office. Mais il y a encore plein de choses à faire. Un nouvel environnement numérique de travail (nouveau site internet, nouveau moodle) va être créé dans un an et notre proposition était de faire une mission pour accompagner de façon pédagogique ces nouveaux outils pour qu’ils soient réellement mis aux services de tous afin d’augmenter la communication entre tous. Cette mission sera proposée à la Junior Conseil de Sciences Po Lille et abordée au prochain C.A. C’est en attente de validation. Ce nouvel environnement numérique de travail représente un budget conséquent, il est donc essentiel que ce ne soit pas gâché par des erreurs et des incompréhensions. L’objectif à long terme est d’engager Sciences Po Lille dans une démarche « zéro papier », ce qui pourrait être labellisé grâce au label « Lucie » qui permet de montrer l’éco-responsabilité des établissements.

En tant qu’établissement dynamique et jeune, cette opération pourrait représenter une nouvelle innovation. Cela peut être une belle démarche pour les années à venir. Ça ne veut pas dire plus du tout de papier mais seulement aller au maximum du format numérique et digital pour éviter au maximum le gaspillage et avoir des nouveaux supports de cours. Les cours tels qu’on les connaît maintenant doivent évoluer. Le numérique va permettre d’aborder de nouvelles options. Bien sûr, ça ne se fera pas en un an et il faudra accompagner l’administration.

Quel bilan dresses-tu du précédent mandat des « Affranchis » ?

Comme on a toujours eu qu’un ou deux élus c’est assez difficile de mener des projets, néanmoins on a toujours participé à toutes les grandes décisions comme les frais d’inscriptions. Nous avons voté en faveur des frais d’inscription modulés parce qu’il n’y avait pas d’autres choix mais on souhaite que cela reste dans un cadre limité. Il s’agissait d’une méthode pour résoudre un problème à un instant t où il était très difficile de se financer mais on défend le fait qu’il s’agit d’un établissement public et qu’il ne faut donc pas aller à la course aux frais d’inscription à la hausse. A l’avenir on doit repartir sur un modèle où les frais d’inscription baissent parce qu’il faut trouver d’autres moyens de financement avec pourquoi pas des entreprises, des partenariats privés ou d’autres institutions qui pourraient nous permettre de financer des programmes, des masters et plein d’autres choses. Si on veut avancer, si on veut aller au même rythme que les autres universités, si on veut être un petit peu ambitieux, on sera obligé de passer par là.

Sur le statut d’étudiant salarié, Florence Brygo à l’époque a travaillé avec les autres élus. Pour notre part, on a voulu augmenter le nombre horaire mais on l’a voté tel quel parce que c’était un sujet important qu’il fallait faire adopter. Il est vrai qu’il y a également eu un défaut de communication sur ce statut mais désormais c’est l’administration qui a les cartes en main. Les élus devront tout de même rester vigilants, car rien n’est jamais arrêté, il faudra donc vérifier qu’il évolue bien, qu’un bilan soit dressé pour voir si des réajustements sont à faire, auquel cas on retravaillera tous ensemble. Pour le moment, c’est encore trop tôt pour le dire.

Ensuite sur la crise à Aix-en-Provence, il y a eu pas mal de rebondissements mais tout au long, les Affranchis ont voulu garder une position assez diplomatique, dans le sens où il fallait absolument protéger les intérêts des étudiants d’Aix. On a donc soutenu le fait de garder Aix dans le Concours Commun tout en gardant une ligne politique claire par rapport à Christian Duval à savoir transparence, informations claires et honnêteté. Et le fait est qu’au premier problème il a préféré partir et c’est la preuve qu’on a bien fait de réclamer ces exigences qui se sont avérées efficaces. Nous avons pris le parti de ne surtout pas jeter de l’huile sur le feu par rapport à cette crise.

Peux-tu nous parler un peu de ta liste, comment la qualifierais-tu ? Comment est-elle impliquée par rapport au C.A ?

La liste est composée de représentants de beaucoup d’associations. C’est une volonté de notre part d’avoir des gens ouverts, dynamiques et qui travaillent. On a essayé de faire une introspection du C.A. pour voir comment on peut changer son image pour que ce soit constructif. On veut essayer d’innover. On a tous co-construit le programme. J’étais là pour lancer le débat et j’attendais d’eux des retours de leurs discussions avec leurs amis à Sciences Po afin de construire quelque chose qui ait du sens. On a ainsi abouti à un programme en trois points qui ne sont autres que trois manières de voir le C.A. Premièrement la dimension projet, dans laquelle cinq projets principaux seront défendus. Ensuite la partie idée, il s’agit là d’une co-création avec les étudiants. C’est dans ce but qu’on a installé un tableau blanc à l’entrée de l’IEP, afin de leur permettre de faire remonter leurs idées, on a aussi essayé de créer d’autres débats sur Facebook pour répondre aux questions des étudiants. Et troisième point : les valeurs.

On veut trouver des démarches nouvelles pour intéresser les gens aux questions de l’IEP. C’est notamment pour cette raison qu’on nous reproche souvent de miser sur la comm’. Mais si on essaie de rendre nos affiches attractives, ce n’est pas pour cacher le fond de notre programme, au contraire, l’objectif c’est de le rendre lisible.

Ces valeurs que vous défendez justement, peux-tu les définir ?

Il s’agit des valeurs des Affranchis, plutôt de droite et du centre, parfois teintées de libéralisme dans le sens politique du terme, progressiste et en lien avec une volonté d’ouverture. On défend la méritocratie, le pragmatisme dans le sens où on voit la situation telle qu’elle est, mais on ne veut surtout pas être pris dans des idéologies. On est adaptable et on débat beaucoup, tout passe par le débat aux Affranchis, c’est en quelque sorte une de nos valeurs. On échange beaucoup entre nous et on essaie de le faire aussi avec les autres étudiants.

Pour résumer, en quoi votre liste est différente des autres listes ?

On a nos valeurs évidemment, on ne peut pas nous confondre avec SUD et l’UNEF mais sur les projets on sait très bien qu’on ne pourra pas les mener seuls, c’est donc sur la démarche qu’on se distingue véritablement. Expliquer comment on agit, pourquoi on agit est essentiel. Dans cette démarche, nous voulons être transparents afin d’aider les élus étudiants futurs à bien saisir les enjeux. C’est notre nouvelle vision du C.A. : ne pas balancer des idées comme ça sur une semaine pendant la campagne, mais plutôt dire « voilà comment on envisage les choses et surtout, comment on va vous faire participer et mobiliser un maximum de nos capacités ».

On veut construire des projets pour les années à venir, sur une méthode de co-création avec les étudiants et surtout sur des dynamiques ouvertes et pragmatiques en lien avec le maximum de personnes. Notre objectif est de faire que tout le monde puisse prendre part aux décisions et essayer d’avoir une plus large participation. On sait qu’on n’est pas des super-héros et qu’on ne pourra  peut-être pas tout mettre en œuvre mais on fera remonter les idées et on sera à l’écoute et proche des étudiants, on sera là pour proposer de nouvelles solutions pour Sciences Po et faire de notre école un établissement ambitieux qui rayonne en France et à l’international.

Propos recueillis par Laura Lavenne

Liste « Des Paroles aux Actes avec les Affranchis »
1 DEKIMPE Teddy 5A

2 DELEPIERRE Geoffrey 4A

3 SUCHET Mathilde 4A

4 FOURNIER Margaux 1A

5 LE BORGNE Gaëlle 2A

6 VLOËBERGH Dylan 1A

7 JOLY Aurélie 4A

8 GAUDEAU Pierre-Valery 4A

9 THISSE Pauline 5A

*Légende photo : de gauche à droite Teddy Dekimpe (tête de liste), Aurélie Joly, Mathilde Suchet, Pierre-Valéry Gaudeau, Geoffrey Delepierre, Margaux Fournier, Pauline Thisse, Gaëlle Le Borgne, Dylan Vloëbergh 

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