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Elections C.A. #4 : Aurélien Le Coq, tête de liste « SUD-Solidaires Etudiant(e)s »

Ce n’est pas un, mais bien trois membres de la liste « SUD-Solidaires Etudiant(e)s » que La Manufacture a rencontrés. Aurélien Le Coq, 1A et tête de liste était accompagné d’anciens élus au Conseil d’Administration : Yvain Labrousse, 2A FIFE et Rémy Pourquier, 4A PPE. Pourquoi trois ? Pour montrer qu’il s’agit d’une tête de liste groupée dont l’objectif est de renouer avec son cheval de bataille : l’avancée sociale collective au sein de l’IEP.

La Manufacture : Bonjour Aurélien, tu viens tout juste d’arriver à Sciences Po Lille. Qu’est ce qui t’a amené à te présenter en tête de liste aux élections du Conseil d’Administration cette année ?

Aurélien Le Coq : Rien ne m’a amené moi à me présenter. La liste a été faite par l’ensemble du syndicat et ceux qui en font partie. On s’est dit que ça pourrait être pas mal d’avoir des premières années en tête de liste pour renouveler et redonner un peu de dynamisme. Le syndicat fonctionne de manière autogestionnaire, donc les discussions sont internes. Je ne me suis pas autoproclamé tête de liste. Il n’y pas eu non plus de bataille pour savoir qui est en haut des listes et qui est en bas. Ça s’est fait de manière assez naturelle, les anciens élus ont estimé qu’il fallait laisser une place aux plus jeunes. Sur la liste, les deux premiers sont donc sans expérience mais les suivants sont des anciens.

Yvain Labrousse: Notre fonctionnement veut qu’on ait toujours des réunions préalables avant chaque C.A. et avant chaque commission de la vie associative. On pouvait donc se permettre de mettre des 1A qui n’ont jamais siégé en tête de liste. Ce qui importe c’est de préparer les Conseils de manière collégiale.

La tête de liste est donc une tête groupée ?

A.L.C : Oui, on ne se présente pas sur notre nom ou notre bonne tête. Il y aura à chaque fois des préparations collégiales au C.A., qui peuvent d’ailleurs être ouvertes à tous ceux qui se sentent proches de SUD. De toute façon, on vote sur mandat impératif. C’est mis dans le programme. Le collectif décide donc du vote. La personnalité de la tête de liste n’intervient presque pas.

Quelle est selon vous la priorité de l’IEP ?

A.L.C : Ce qu’on met en avant c’est le social. Le statut de l’étudiant salarié fait partie de nos mesures phares. On pense que l’enseignement doit être ouvert à tous et à toutes de manière gratuite. L’une de nos luttes principales est celle contre la hausse des frais d’inscription.

Y.L. : Les frais d’inscription, ça a été notre enjeu principal pendant deux ans. Maintenant ce n’est plus à l’ordre du jour, parce que les frais d’inscription ont déjà été augmentés. Mais ça reste dans ce qui nous tient le plus à cœur. C’est difficile de mettre en avant une mesure phare plus qu’une autre, notamment parce que ce ne sont pas les étudiants qui ont le contrôle de l’agenda au C.A. L’ordre du jour est décidé par la direction. C’est donc plutôt difficile et assez hypocrite pour une liste de dire : « on veut mettre ça en avant ». C’est faisable, mais c’est un travail de fond.

Aurélien, tu as parlé de l’étudiant salarié, mais c’est un point abordé dans le programme d’autres listes, comme « Déclic ! » ou UNEF. Finalement, comment vous distinguer des autres listes sur ce point ?

A.L.C : Ça a été abordé principalement l’année dernière. Le sujet a été mis sur la table. Les syndicats s’en sont emparés puisque SUD et UNEF se sont réunis de manière intersyndicale pour faire une proposition. Il y a eu un vrai investissement entre nos membres. Cette proposition est reprise dans notre programme et dans celui de l’UNEF. On propose d’aller plus loin, par exemple de faire un statut salarié pour que les élèves puissent utiliser 8 heures de contrat et non pas 15, comme c’est le cas maintenant.

Dans le programme de l’année dernière, vous aviez mentionné clairement l’importance de l’intégration de l’étudiant dans le processus décisionnel. Aujourd’hui, vous n’abordez plus cet aspect dans le programme. Qu’en est-il vraiment ?

Rémy Pourquier : En fait, il y a un problème qui concerne d’abord l’IEP. Il y a relativement peu de personnes intéressées par ce qui se passe au sein des débats qui concernent l’IEP, en dehors de la campagne. On lance des thématiques comme le salarié étudiant par exemple, on fait des campagnes de sensibilisation sur des sujets comme le sexisme. Les réunions que l’on fait au sein de notre liste sont ouvertes à tous et on souhaite que tous les étudiants viennent, mais on ne va pas les forcer à participer. On est pas totalitaires.

A.L.C : On ne va pas mentir. On ne va pas dire qu’on peut permettre à tous les étudiants de voter les décisions du C.A. On ne voit pas comment on pourrait révolutionner le système, uniquement avec les élections au C.A. mais on essaie au maximum d’intégrer les étudiants dans ce processus. Ça passe par l’information et la retransmission des comptes-rendus, ce que SUD a fait l’année dernière. On essaie de rendre publiques certaines questions. Si les étudiants décident de s’investir et de suivre SUD, ils ont la voix des élus SUD.

Y.L. : D’abord, toutes les listes sont d’accord pour intégrer l’étudiant dans le processus décisionnel. Mais à coté de ça, et c’est quelque chose qui n’a pas l’air d’être à l’ordre du jour, si on s’aperçoit qu’il y a une question qui intéresse la majorité des étudiants, on veut que ce soit entendu. Les simples réunions de C.A. ne conviendront plus, donc on essaiera de convoquer des assemblées générales délibératives. Ça s’est fait par le passé, sur les frais d’inscription par exemple.

À ce propos, certaines listes proposent une consultation avec les étudiants pour élire le nouveau directeur. Qu’en pensez-vous ?

R.P. : « Déclic ! » propose en effet une consultation par les candidats. Cette proposition est reprise par plusieurs listes. Il faut savoir que ce n’est rien de nouveau. Très souvent, lors des élections pour la direction, il y a une consultation étudiante. C’est ce qui s’était dit au C.A. du 9 octobre où clairement, le directeur nous avait dit : « on attend des élus au C.A. qu’ils puissent présenter un programme ». Donc, ça paraît évident qu’on est pour ce processus. On ne va pas le redire dans une proposition. On ne va pas faire un axe là-dessus.

A.L.C : Des points consensuels comme celui-ci, il peut y en avoir des dizaines et des dizaines. Ça ne nous différencie pas des uns des autres. Quelque part, c’est un peu démagogique de dire « nous, nous allons faire ça », alors que de toute façon, tout le monde veut le faire et tout le monde est d’accord.

De façon plus générale alors, qu’est ce qui vous différencie des autres listes ?

R.P. : Ce sont les modes de fonctionnement déjà, et le fait que la tête de liste ne soit pas la personne la plus importante.

A.L.C : Des critères sociaux peuvent nous différencier de toutes les listes apolitiques et listes de droite. Il y a aussi le fonctionnement du syndicat : le mandat impératif, l’autogestion interne dans le syndicat.

Y.L. : Ce qui nous a différencié des autres listes, globalement, ça a été une présence tout au long de l’année. Avec la campagne, une cinquantaine de personnes sont impliquées dans les listes ou ailleurs. Après la campagne, nous avons continué à faire des comptes-rendus, à aller aux conseils d’administration. On a créé une sorte de collectif inter-associatif avec d’autres associations écologiques de l’IEP, en invitant bien sûr les gens des autres listes. Mais ceux-ci ne s’en préoccupaient pas trop. On a jamais trop su ce qu’ils en pensaient puisqu’ils ne venaient pas. Il y a des listes qui disaient vouloir faire un travail d’information, mais qui ont surtout fait un travail d’opacité sur le CA.

Quel bilan tirez-vous des actions menées par SUD l’an dernier ?

Y.L. : Dès le début de notre mandature en décembre, après une campagne qui s’était axée sur «  ah ouais, les horaires et l’offre de la cafétéria CROUS sont pas géniaux », ce qui n’était pas forcément dit par tout le monde, on a été à l’initiative d’une motion adressée en C.A. qui interpelle le CROUS sur le fait que la cafèt’ est peut être un petit peu encombrée, que les personnels étaient surchargés de travail et que l’offre n’était pas suffisante. On a rédigé tous seuls cette motion et elle a fait consensus. On a réussi à obtenir ce qu’on voulait de la part du CROUS. C’est quelque chose qui est assez hasardeux, mais si on ne l’avait pas fait, ça n’aurait probablement pas eu d’effet. Il y a aussi le travail inter-associatif sur la question environnementale à l’IEP, notamment sur les nouveaux locaux. Les nouveaux locaux sont déjà aux normes, donc il n’y a pas trop de souci à se faire, mais on s’est posé une question : quelle place donner aux associations à but environnemental dans les nouveaux locaux ? On pensait notamment aux Jardins de l’IEP ou au Collectif cycliste palien. Pour les cyclistes à l’IEP, c’est quand même assez difficile, parce qu’il n’y a pas de garage à vélos, il y a un râtelier à vélos tout pourri. Bon, on a lancé ces questions, elles ont été prises en compte, mais maintenant on va essayer de maintenir la pression pour avoir un meilleur accès pour les vélos.

R.P. : Sur le statut de l’étudiant salarié, SUD a remarqué que dans le bilan de « Déclic ! », il est écrit que le statut de l’étudiant salarié a été une initiative commune, ce qui peut nous choquer un peu, car ça a été essentiellement porté par SUD et écrit par un mec de l’UNEF. Après, le problème qu’on a rencontré, c’est que la direction a modifié ce statut puisqu’il est valable à partir de 12 heures par semaine, alors que SUD avait proposé 8 heures par semaine. L’enquête sociale que nous avons réalisée a montré que la moitié des étudiants salariés travaillent plus de 8 heures par semaine, donc c’est un peu ignorer ces gens-là. J’ai eu une remarque comme quoi le statut du salarié étudiant avait mené à une précarisation de l’étudiant. Ce n’est pas du tout ça en fait. C’est l’inverse. Parce que les frais d’inscription ont beaucoup augmenté, des étudiants ont été obligés de se salarier. Ce statut a été fait pour les protéger et aménager les horaires.

A.L.C : Rémy a évoqué l’enquête sociale. On peut l’ajouter au bilan. C’est SUD qui a repris ce qui avait été fait l’année dernière, c’est-à-dire une enquête sociale sur l’ensemble des étudiants pour mieux comprendre les problèmes sociaux à l’intérieur de l’IEP et suivre leur évolution. Autre chose, SUD a été la seule association à siéger à la commission aide sociale, c’est à prendre en compte dans notre bilan. Cette commission est composée de professeurs, d’étudiants et d’élus étudiants. Toutes les listes étaient conviées, mais un seul élu y a siégé, c’est l’élu SUD. Il n’y avait qu’un seul prof en face. On a donné à tous les étudiants une date, en disant qu’il y avait une commission aide sociale qui allait s’occuper de verser des bourses et des aides sociales aux étudiants et l’élu qui est venu, c’est l’élu SUD. Elle a permis d’aider une vingtaine d’étudiants.

Mais alors, quelles difficultés avez-vous rencontré pour mettre en œuvre les projets que vous avez évoquez ? Des difficultés avec l’administration ou avec les étudiants ?

A.L.C : On peut commencer par la motion qui a été présentée sur la présence des mutuelles étudiantes à la rentrée. SUD souhaite interdire qu’on vienne faire de la pub à l’intérieur de l’IEP parce qu’on pense que ces mutuelles n’ont pas leur place. Cette motion aurait très bien pu être soumise au vote pour qu’il puisse y avoir une décision et faire consensus. Le président du C.A. Louis Dreyfus a refusé de soumettre notre motion à l’ordre du jour. Elle a été évoquée en C.A., mais n’a pas pu être votée. C’est sans doute un problème auquel on va encore devoir se confronter, c’est-à-dire soulever des questions, essayer de faire bouger les choses et finalement avoir en face des gens qui refusent et qui bloquent même le fait qu’il y ait un débat ou un vote.

Y.L. : Dans les difficultés, il y a la passivité des élus profs aussi. Ils sont souvent élus parce qu’il n’y a qu’eux qui sont titulaires et qui ont la possibilité de siéger sur le long terme. En général, ils font ça depuis 4, 5 ou 6 ans. Sur les questions pédagogiques, ils ont des avis en général. Mais ce sont des avis qui tournent autour du « les étudiants, de toute façon, ne viennent pas en cours, ils ne sont pas intéressés, donc il faut restreindre le nombre d’absences possible ».

R.P. : Le problème que l’on rencontre souvent concerne les listes qui ne siègent pas forcément. Il y a souvent des absences au CA. Il y a aussi des élus qui ne font pas trop leur boulot. Les listes qui portent souvent des projets et qui les appliquent sont SUD et Déclic. Là, en fait, on a des éléments moteurs, mais ce n’est pas réparti de manière égale. C’est un problème, parce qu’il y a des projets, mais il faut qu’il y ait d’autres personnes qui s’impliquent davantage.

Après, au niveau des élus étudiants, c’est compliqué, parce que le paysage des élus de Sciences Po est très fragmenté. Là, cette année, on a deux listes syndicales, SUD et Unef, deux listes apolitiques, qu’on appelle les « corpos », IEP et Déclic!, et une liste de droite corpo. C’est assez large. C’est assez représentatif des paliens. Mais du coup, pour faire des campagnes communes, c’est plus difficile, parce que les thèmes que vont porter SUD seront directement considérés comme des revendications syndicales par les autres listes.

A.L.C : Déjà, SUD est une organisation politique. Il y en a qui refusent le terme d’organisation politique. On ne se dit pas apolitique, car évidemment, on pense que ces élections sont politiques. On l’affirme et on le répète. Avec des listes apolitiques, quand on propose des motions sociales, on est coupés et cassés. Au niveau des étudiants, les membres de SUD font ce qu’ils peuvent pour essayer de les mobiliser et de les intéresser, mais il n’y a pas une volonté énorme des étudiants pour s’impliquer. Il y a pleins d’étudiants qui considèrent que les élections ne sont pas importantes. Ils ne veulent pas lire le programme, car de toute façon ils ne voteront pas. On continue à se mobiliser pour informer et faire en sorte que les choses bougent, mais il n’y a pas une implication importante des étudiants.

Y.L. : Ça s’est vu sur le plus long terme, quand on a fait des assemblées générales. Sur les frais d’inscription il y a deux ans ou sur le budget de l’an dernier, les seuls présents étaient les personnes des listes.

Propos recueillis par Clémence Bragard

Liste : SUD – Solidaires Etudiant – e – s

1 LE COQ Aurélien 1A

2 BOUCHE Salomé 1A

3 LABROUSSE Yvain 2A FIFE

4 POURQUIER Rémy 4A FG (PPE)

5 BOUHIER Roseane 2A FG

6 GENDREAU Cécile 5A CED FIFB

7 LAURENT Antonin 2A FG

8 BERGER Diane 3A (Osaka – Japon)

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