Skip to content

Joséphine Coadou • 18 avril 2018

Anne-Lyvia Tollinchi • 13 avril 2018

Anna Lippert et Anne-Lyvia Tollinchi • 12 avril 2018

Philippine Malloggia • 29 mars 2018

Arrow
Arrow
PlayPause
Slider

Elections C.A. #5 : Alexandre Fernandez, tête de liste « Initiative étudiante pour le Progrès »

La Manufacture a rencontré Alexandre Fernandez, tête de liste « Initiative étudiante pour le Progrès » (IEP), venu accompagné de sept autres de ses colistiers. Étudiant en 5A en Master Affaires Publiques, spécialité gestion des biens communs, Alexandre Fernandez représentait l’année dernière la « Social’Liste » au C.A. Sa liste avait alors recueilli 99 voix et un élu étudiant. Cette année c’est au nom d’une liste apolitique qu’il a décidé de se présenter. Les propositions d’« Initiative étudiante pour le Progrès » mettent l’accent sur la valorisation de la vie associative, la professionnalisation et davantage de consultation étudiante pour plus de justice sociale.


La Manufacture : Bonjour Alexandre, pour commencer cet entretien, est-ce que tu pourrais nous dire ce qui t’a amené à te présenter comme tête de liste « IEP » aux élections du Conseil d’Administration cette année ?

Alexandre Fernandez : Je suis président du Groupe Socialiste Universitaire (GSU) et je préside également le groupe Socialiste Républicain et Citoyen (SRC) à l’Arène des étudiants. Je suis déjà élu sortant au C.A. donc c’est tout naturellement que cette année j’ai décidé de reprendre un nouveau projet. Avec mon expérience d’élu et le fait que je vais bientôt quitter l’IEP, et donc devoir démissionner de mon siège si je suis élu, c’était aussi la possibilité de pouvoir potentiellement siéger avec de nouveaux élus et de pouvoir les former au C.A. pour plus d’efficacité et permettre d’ancrer notre projet dans une continuité.

Pourquoi avoir créé une liste apolitique cette année ? 

Pour crever l’abcès concernant le caractère politique ou non de ma liste, j’ai effectivement monté une liste l’an dernier qui s’appelait la Social’Liste, une liste de gauche clairement assumée. Seulement, quand je l’ai pensé et que j’étais tête de liste, je n’avais pas encore siégé et j’avais une vision du C.A. très politique au sens partisan du terme, pas en terme de faire de la politique mais en terme de clivage gauche/droite. Au fur et à mesure que j’ai siégé je me suis rendu compte que je pouvais très bien me retrouver sur des positions des syndicats comme sur des positions des Affranchis et de Déclic!. Je me suis donc rendu compte qu’il y avait une dichotomie entre le C.A. et la politique politicienne. Il y a une certaine forme de prise de position qui découle plutôt du bon sens plus que d’un programme idéologique.

C’est donc en considérant que si je suis honnête vis-à-vis des étudiants et que je ne vois pas la nécessité de constituer une liste politique, je me devais de faire une liste en regroupant des gens motivés et qui partagent la même vision concernant l’IEP. C’est comme cela que je me suis retrouvé avec des personnes qui ne partagent pas mes idées politiques et idéologiques. Dans ma liste il y a en effet le trésorier du rassemblement centriste, un ancien membre des Affranchis, un autre de Déclic!… L’idée c’était réellement de faire un projet cohérent pragmatique mais surtout réalisable et réaliste, très clairement apolitique et trans-partisan.

Vous vous présentez comme une liste pragmatique, réaliste, apolitique, mais alors, quelle différence avec Déclic! ?

Je vais quand même reconnaître une chose à Déclic!, c’est vrai qu’on s’est pas mal retrouvé sur certains dossiers l’an dernier, je pense notamment à l’essai de négociation sur les frais de scolarité des CFI ou encore le statut de l’étudiant salarié. Il est vrai que nous avons eu des projets communs, mais il y a différents points sur lesquels on ne se retrouve pas. Le premier c’est le pragmatisme. Ils se revendiquent pragmatiques mais pour être pragmatique il faut aussi être réaliste. Les propositions avancées par Déclic! soit sont irréalistes, soit n’ont jamais été impulsées de sorte à être réalisées. Si on regarde leur programme et le programme de l’année précédente encore, on constate que les mêmes points figurent toujours. Sous-entendus, ces points n’ont jamais été présentés en motion de C.A.

Notre liste a un programme qui est très réalisable. C’est un programme qui va être défendu au C.A. mais qui mobilise plus loin parce que l’avenir de l’IEP n’est pas qu’une question de Conseil d’Administration, mais une question qui touche chaque étudiant de l’IEP, d’où la nécessité de les informer. Si on a plus d’un élu (parce qu’avec un seul élu c’est très compliqué), nous organiserons des réunions publiques après chaque C.A. pour informer les étudiants, ce qui n’a jamais été fait, et nous réintroduirons les réunions préparatoires au C.A. qui n’existent plus depuis un an. C’est là où Déclic!, avec quatre étudiants élus, aurait pu représenter une force, un levier pour organiser tout cela, mais ça n’a pas été le cas. Nous on propose de faire des comptes-rendus de C.A de manière manuscrite, ce que font les syndicats et que je trouve être une très bonne initiative.

Autre point : je pense qu’avec Déclic! le problème principal reste les frais d’inscription. Déclic! a une position incohérente. Après avoir voté, avec les Affranchis, la hausse des frais d’inscription, autrement dit le système inégalitaire des seuils qui ne conviennent pas, Déclic! a voté un gel sur trois ans, ce qui suppose l’impossibilité cette année, une nouvelle fois, de pouvoir modifier ce qui ne va pas. Notre position est très claire : l’an dernier en tant que personne, j’ai toujours défendu la baisse des frais d’inscription et cette année, personne dans notre liste n’est pour la hausse des frais d’inscription.

Ni pour le maintien de la situation actuelle, ni pour la hausse des frais d’inscription ?

Les chiffres du bilan financier de l’année dernière montre qu’on a généré plus d’argent que l’IEP n’en a besoin. Cela veut dire que les frais d’inscription sont trop importants ou mal faits, il faut les moduler ou les modifier. L’enquête sociale nous a permis d’avoir déjà un certain aperçu sur la situation. Il ne faut pas attendre le gel de l’année prochaine mais en rediscuter rapidement pour pourvoir anticiper l’avenir.

Pour ce faire, l’ensemble des listes devront mettre en commun leurs compétences pour faire un comparatif et voir où on en est par rapport à l’ancienne situation. Et à terme, les rendre plus justes et mieux les répartir. Les catégories basses, ceux qui sont juste au dessus des boursiers, représentent quasiment 50% des élèves situés entre les frais maximums et les boursiers. C’est une proportion importante et il va falloir renégocier. Mais le problème reste le même : le blocage des votes, parce qu’en face de nous on a souvent un alignement entre les profs et les personnes extérieures au C.A. Si on a la possibilité de le faire, on le fera, on proposera une motion, mais être pragmatique c’est aussi dire qu’il y a des promesses qui ne sont pas faciles du tout à réaliser. Cela pose la question de quel IEP pour quels frais d’inscription. Il faut beaucoup plus de justice sociale dans leur répartition.

Vous vous dites pragmatiques, d’abord qu’est ce que vous entendez par là ? Et donc concrètement, comment comptez-vous vous y prendre pour faire entendre vos idées au C.A. ?

Notre pragmatisme à nous, c’est de se dire que ce n’est pas fini après les élections, après c’est le véritable travail qui commence et ça va commencer très vite avec des vraies priorités au prochain C.A. Cette année et celles qui vont suivre, on va devoir voter des décisions qui vont nous engager à très long terme. On est à un nouveau tournant de l’école, il faut vraiment avoir conscience que les personnes qui vont être amenées à siéger au C.A. vont devoir prendre des décisions lourdes et devoir disposer d’un engagement total.

Pour réaliser des promesses, il y a deux biais. Le biais de la motion : on envoie un document en expliquant au C.A. qu’on veut porter au débat un point de programme, une modification, une rectification ou une mesure additionnelle. A la lumière des procès verbaux des C.A. il ne me semble pas que Déclic! y a eu recours. On va certes me reprocher de ne pas l’avoir fait non plus, mais quand on a quatre élus, on est plus en mesure d’avoir une voix qui porte au C.A. Il y a un autre moyen : on fait beaucoup de promesses aux étudiants, la question ce n’est pas ce que l’on propose, mais comment on va le réaliser.

Déclic! et Les Affranchis proposent l’alternance moitié université, moitié expérience professionnelle en 3A. Ce n’est pas dans notre programme, mais c’est une très bonne idée. Le problème c’est qu’ils proposent cela comme ça. Qu’est ce qu’ils vont faire derrière ? Ils vont la proposer, ce sera rejeté. Nous on veut faire un dossier solide, sur un projet que l’on veut apporter à l’IEP, derrière demander un avis consultatif au C.A. pour prendre la température et ensuite, si on sait que les étudiants et que certains professeurs nous soutiennent, faire une pétition. A un moment donné, on doit associer les gens. Je pense que l’administration, mise face à la réalité de ce que souhaitent réellement les étudiants et le corps enseignant, ne pourra pas ignorer les demandes. L’idée ce n’est pas ce qu’on va proposer mais comment on va réaliser notre programme. On devra aussi, bien entendu, négocier, faire des compromis et mobiliser des outils et les élèves pour faire avancer l’IEP dans le bon sens.

S’il devait y avoir une seule priorité, ce serait quoi ?

Le problème c’est qu’il n’y a pas qu’une seule priorité… Il y a des priorités conjoncturelles et d’autres structurelles. On a l’élection du nouveau directeur qui arrive, le déménagement, il va y avoir le coup de pioche en décembre qu’il va falloir suivre attentivement. Et puis il y a des problèmes structurels : la hausse du nombre d’associations et la concurrence pour les subventions associatives, la continuité des bourses, la professionnalisation. Sur ce dernier point, on se rend compte qu’il y a des masters qui ont été ficelés il y a trois ans et qui ne répondent pas à l’exigence des élèves voire même de certains directeurs de majeures et de masters. Tous ces points font partie de nos priorités.

Par contre notre première mesure sera de développer un comité de réflexion professeurs/élèves sur les masters. J’ai déjà abordé la question avec le directeur, avec mon responsable de majeure, et j’ai demandé aux gens de ma liste de mener une réflexion autour de cette structure de concertation. Et le second dossier, c’est sur la place du réseau des anciens. La présidente des anciens m’a expliqué qu’ils étaient ouverts aux initiatives et c’est à nous d’en faire une richesse, de leur proposer des projets. Les nouveaux anciens, ceux qui ont connu la nouvelle maquette, ont d’ailleurs une certaine expertise à apporter.

Romain Melis (7e sur la liste) : C’est une force que l’on veut exploiter afin de mettre en relation les élèves avec les anciens et que ces derniers soient présents physiquement afin de faciliter la prise de contact avec les étudiants. Il y a des élèves qui ont des idées, sauf qu’il n’y a personne pour promouvoir et porter ces projets. Ils ont donc besoin d’être conseillés et aidés. Cette aide on peut la trouver auprès des anciens qui ont vécu les mêmes situations que nous et qui seraient capables de soutenir ces projets, aussi bien au niveau financier qu’au niveau moral afin de donner la motivation aux étudiants de continuer sur cette voie. Dans cette logique, pourquoi ne pas organiser des sessions de speed consulting ?

Est-ce qu’on peut parler d’un bilan, puisque vous vous revendiquez en rupture avec la Social’Liste ? Et si oui, quel serait-il ?

On revendique plus ou moins le même bilan que Déclic! C’est-à-dire participation sur le dossier des CFI, rédaction du statut de l’étudiant salarié. Sur la question d’Aix en Provence, j’ai, en tant qu’élu étudiant, tenté de coordonner les élus à ce qu’il se passait là bas. J’ai également obtenu l’élargissement des bourses au mérite en France parce qu’à la base il s’agissait seulement de bourses pour ceux partant à l’étranger. Et plus personnellement, j’ai participé à toutes les négociations.

Quelle est votre position sur des points précis comme la situation des FIFB ou le partenariat ESJ… ?

Sciences Po a choisi de rester partenaire avec le Kent et il est vrai que la charge financière est très lourde. Après, l’IEP devrait peut-être trouver avec ses excédents, issus du budget, des solutions pour l’alléger. Evidemment c’est très compliqué, vu la somme, mais nous faisons le choix de rester solidaire de la cause des FIFB, si moyen peut être trouvé, nous serons un soutien.

En ce qui concerne le partenariat ESJ, l’an dernier on a trouvé un compromis avec un rééquilibrage à qui profitent les frais de scolarité. Après au niveau des places, ça a été très simple, M. Mathiot nous a clairement dit, qu’il ne pouvait pas prendre plus d’élèves que ce qu’il y avait déjà parce qu’il n’y avait tout simplement pas d’élèves avec le niveau demandé ; sous-entendu, les élèves doivent être meilleurs. Le vrai problème dans l’histoire c’est qu’il y a énormément de gens déçus, qui n’ont pas le concours, qui viennent en CPC à l’IEP et qui n’ont que très peu de cours de journalisme au final. On en revient à la question des masters. Avant il y avait un master journalisme, le problème c’est qu’il y a beaucoup d’élèves qui viennent à Sciences Po Lille pour le journalisme. Il faut trouver une solution. Et la présence de Louis Dreyfus des deux côtés des négociations les rend très compliquées.

Et sur la vie associative cette fois ? Puisqu’il semblerait que ce soit un des points clés de vos propositions, voire une véritable caractéristique de votre liste. Est-ce sur ce point que vous souhaitez vous distinguer des autres listes ? 

Niels Braley (3e sur la liste) : Cette liste est formée d’étudiants qui sont pour la plupart tous dans des associations, avec des rôles à responsabilité notamment. Marine Lannoy est présidente du BDE, Miléna Wittmann et Lucie Pouliquen sont à Enactus, Romain Melis en est le trésorier, Pierre Launay est président de l’arène de l’IEP, Alexandre Fernandez au GSU et SRC, Emma était pendant sa 2A à Enactus également et moi-même au BDS. L’objectif est de se nourrir de l’expérience des responsables d’assos présents dans la liste pour pouvoir faire en sorte de mieux affecter les fonds qui du coup sont alloués à leurs fonctionnement. Il s’agira alors, au moment du bilan financier du 15 décembre de dire « il faut promouvoir tel ou tel rayonnement« . C’est essentiel de les valoriser, parce que l’ensemble des initiatives étudiantes sont énormes dans cet IEP, elles le font vivre et rayonner, surtout cette année. On a des associations qui ont une belle visibilité à l’étranger comme le MUN ou ENACTUS, d’autres qui organisent des conférences avec des personnalités influentes et qui peuvent agir sur le rayonnement de l’IEP.

Il y a une manne financière qui va arriver cette année et l’idée est de réallouer justement cette somme d’argent vers les étudiants, l’entreprise associative comme réalisation de soi-même, les fonds d’action sociale, les fonds de mobilité pour les gens qui sont dans le besoin. C’est ça la vraie justice sociale et ça ne doit pas être le monopole des syndicats parce que chacun d’entre nous veut réellement donner les conditions matérielles de travail nécessaires et la possibilité à tous les étudiants de réaliser ses études comme il se doit. L’idée est là. Quand on voit que les Affranchis se réclament d’un programme « zéro euro », on se demande : ils ont fait des programmes coûteux quand l’IEP n’avait pas beaucoup d’argent et une fois que l’IEP a de l’argent on ne peut plus l’utiliser pour financer des projets ? L’IEP a de l’argent, on veut qu’il l’alloue vers les étudiants, vers les associations, et ce, de manière optimale.

Emma Gauthier (8e sur la liste): Je pense aussi que ce qui nous distingue c’est notre représentativité. Celle-ci passe à la fois par la parité qu’il y a dans la liste et par le fait qu’on vienne tous de masters, de spécialisations, d’orientations, d’associations et de visions politiques différentes, ce qui nous confie une représentativité maximale.

 

Propos recueillis par Laura Lavenne

 

Liste : IEP (Initiative Etudiante pour le Progrès)

1 FERNANDEZ Alexandre 5A

2 LANNOY Marine 2A

3 BRALEY Niels 2A

4 WITTMANN Miléna 4A

5 MISPLON Alexandre 2A FIFA

6 POULIQUEN Lucie 1A

7 MELIS Romain 4A

8 GAUTHIER Emma 4A

9 LAUNAY Pierre 2A

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *