Skip to content
Slider

Rendez Vous Ailleurs : dernière recrue associative de l’IEP à la croisée des cultures

La petite nouvelle de cette année, jusque là discrète mais qui mercredi dernier était sur le devant de l’actualité palienne, c’est “Rendez Vous Ailleurs”. Une association culturelle et solidaire, 4 pôles, 33 membres mais un seul et même objectif : nous proposer un autre regard sur le monde. Rencontre avec Allison Antkowiak, présidente de RDVA, un mois après son lancement officiel et une première conférence au format original, “le 11 septembre chilien – Le coup d’Etat et la dictature de Pinochet, témoignages”.

La manufacture : Bonjour Allison, pour commencer, comment l’idée et l’envie de créer cette association te sont venues ? Qu’est ce que cette association apporte de nouveau par rapport aux associations déjà présentes à Sciences Po Lille?

Allison Antkowiak : Je suis actuellement en 4A, master Carrières européennes et internationales (CEI). L’an dernier, j’étais en 3A à l’université de Laval au Québec et pour mon stage obligatoire, je me suis envolée pour le Togo et plus exactement pour Lomé, la capitale. Mon rôle principal était de rendre compte du contexte politique et économique, en deux mois sur place, dans le but de lancer un think tank. Il se trouve que j’y ai rencontré un ami, originaire de la même petite ville du Val d’Oise que moi, qui est en 2A à Sciences Po Paris. Il est membre de l’ASPA (Association Sciences Po pour l’Afrique) et était là pour le projet annuel de l’association qui consiste à financer un projet solidaire. Cette année, il s’agissait de la reconstruction partielle d’une école. Ce qui m’a paru très intéressant, c’est  qu’ils travaillaient de paire avec des ouvriers locaux. J’ai beaucoup parlé avec eux et je suis même allée les aider sur le chantier.

Je me suis alors dit que c’était quelque chose qui manquait à Sciences Po Lille : promouvoir les cultures étrangères, aller à leur rencontre et créer de vrais partenariats durables. J’y ai réfléchi tout le mois d’Aout. A la rentrée, j’en ai parlé avec des amis qui m’ont motivé et ont eu envie de s’impliquer à mes côtés. Ayant passé leur 3A éparpillés sur la planète, chacun s’est identifié à un pôle et, aujourd’hui, nous en avons créé  quatre : pôle Afrique (dont je suis responsable), pôle Europe de l’Est (Sébastien Thésiger), Pôle Moyen Orient et Afrique du Nord (Fantine Mascarte) et enfin, le pôle Amérique latine (Marie Palitzyne). Nous avons fait une première réunion d’information où 29 paliens de 1A, 2A, 4A ou 5A se sont montrés enthousiastes à l’idée de nous rejoindre. C’était très important pour nous que des étudiants de toutes les années soient représentés. Nous avons même reçu des messages de 3A qui veulent nous aider, de là où ils sont.

Présidente de Rendez-Vous Ailleurs, Allison Antkowiak
Présidente de Rendez-Vous Ailleurs, Allison Antkowiak

Qu’attendez vous de l’association? Quels sont vos projets? Quel visage pour l’association au sein de l’IEP?

Nous aimerions tout d’abord avoir un impact pédagogique auprès des autres étudiants en organisant des conférences autour de thèmes que l’on espère innovants et qui favorisent le partage des cultures (musique, danse, chant, langue, histoire). Nous avons d’ailleurs lancé une page culture sur Facebook où nous présentons des musiques, des films ou même des recettes accessibles pour des petits budgets étudiants ou encore des activités culturelles. Nous nous sommes aussi investis dans un volet solidarité pour l’association c’est-à-dire que nous aimerions avoir un impact positif dans nos zones géographiques respectives mais pas seulement quelques chose de ponctuel. Nous voulons créer de réels liens, durables, afin de générer des partenariats, agir et échanger avec les cultures locales.

Pour l’instant, où en sont vos projets et vos actions? Un tour d’horizon par pôles peut-être?

Comme vous le dites, pour l’instant tout est à l’état de projet. En ce qui concerne le pôle Afrique, une conférence devrait avoir lieu sur le thème de la Centrafrique fin janvier. Pour les projets extérieurs, on se tourne pour l’instant vers d’autres associations ce qui pourrait aboutir à un partenariat avec Bibliothèque sans Frontière et avec les Hirondelles de l’Avenir, qui ont des contacts au Bénin. Au niveau de la culture, nous sommes allés, cela fait maintenant deux semaines, à la rencontre d’une association de danse africaine à 5 minutes de l’IEP ce qui pourrait nous permettre de proposer une activité aux étudiants. On envisage également de créer une semaine de l’Afrique. Enfin, nous avons pour objectif de lancer une correspondance entre une école lilloise et une école sénégalaise.

Ensuite, nous aurons la conférence inaugurale du pôle Amérique Latine. Les responsables essayent de mettre en place une projection de films dans une vraie salle de cinéma et envisagent d’organiser un événement au Macondo autour de danses et musiques latines. En ce qui concerne les projets extérieurs, ils démarchent actuellement des contacts.

Quant au pôle Moyen Orient (dit MENA pour Middle East North Africa), ils ont eu des réponses encourageantes et sont actuellement en contact avec l’Institut du Monde Arabe. Une collaboration avec le pôle Afrique pour le partenariat Bibliothèque sans Frontière est envisagée.

Enfin, le pôle Europe de l’Est va probablement organiser une conférence avec l’association européenne des droits de l’Homme et est actuellement entrain de démarcher pour organiser une projection de films.

Mais si l’association compte certes quatre pôles, nous restons une seule et même association. Nous travaillons tous ensemble et nous voulons montrer que s’il y a des enjeux spécifiques à chaque continent, des connexions se font entre eux d’où l’idée d’une conférence inter-pôles.

Quelles difficultés avez vous rencontré depuis la création de votre association?

L’association existe officiellement depuis le 3 novembre, où nous avons enfin reçu les statuts. Il est donc assez difficile de prouver notre crédibilité auprès des partenaires extérieurs ou même au sein d’organismes qui pourraient nous financer. En effet, nous n’avons pas encore de crédits, on essaye de gagner progressivement de l’importance. C’est pour cela notamment que l’on commence avec de petits projets, on ne veut pas être arrêtés dans notre élan par des contraintes administratives. En plus, nous n’avons pas encore de réel budget. Mais nous sommes optimistes, les rouages se mettent progressivement en place et certaines choses commencent déjà à se concrétiser. La communication au sein de l’association est parfois difficile aussi, je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer personnellement chaque membre, chose que j’essaye de faire en ce moment. Enfin, les quatre responsables des pôles sont en 4A, nous avons nos mémoires à rédiger, nos partiels qui approchent à grands pas, il faut apprendre à gérer et à bien organiser son emploi du temps.

A propos, si vous êtes en 4A, l’année prochaine vous devrez partir au second semestre, avez-vous déjà pensé à la manière dont vous vous organiserez?

Bien sûr, cela a même été une priorité. Nous avons fait en sorte que la relève soit assurée, même si on sera encore là au début de l’année et qu’on ne rompra surement pas nos contacts au second semestre. Nous avons un bureau constitué d’étudiants qui pourront nous relayer et reprendre l’association par la suite, le défi étant d’impliquer plus concrètement nos 3A dans l’association. Nous y travaillons ! Nous voudrions mettre en place un cycle de conférence conséquent et régulier, amener les autres étudiants à s’intéresser à ce que l’on fait, pourquoi pas impliquer les étudiants internationaux, faire dialoguer les cultures, emmener les étudiants en dehors de leur zone de confort et leur faire découvrir plein de choses. Cette année, si on n’aura surement pas les moyens d’envoyer nos premiers étudiants pour des projets extérieurs, on aimerait se trouver une réelle place au sein de l’IEP pour nous  y inscrire dans la durée.

Après un mois d’existence officielle, quel est ton ressenti ? 

Il y a des hauts et des bas. Je n’ai qu’une crainte : c’est d’avoir entraîné des personnes dans mes projets et de les décevoir. La première conférence est passée, et je dois dire qu’elle s’est bien déroulée à mon plus grand soulagement. On commence petit car il vaut mieux un ou deux projets réussis que des dizaines qui n’aboutiront jamais. Mais en tous cas, je suis fière d’être présidente de cette association, avec une équipe motivée. Si nous avons traversé quelques difficultés, je suis heureuse de nos premières réalisations.

Pour terminer, “Rendez-Vous Ailleurs” :  pourquoi ce nom?

Je dois vous avouer que nous avons pensé à des milliers de choses, nous sommes passés par les noms des plus ridicules et improbables ce qui nous a valu beaucoup de fou rires. Cependant, on aimait bien ce thème de l'”Ailleurs”. C’est ainsi que nous avons trouvé, “Rendez-Vous Ailleurs”. Ces deux notions, du rendez-vous et de l’ailleurs, veulent décrire la plateforme que nous aimerions devenir, lieu de rencontre non seulement pour les étudiants mais aussi pour des associations et les cultures, bref, un lieu où tout le monde se retrouve, d’où qu’il vienne.

Propos recueillis par Clotilde Pinoche

Le site web de l’association à retrouver ici.

  1. M M

    L’absence de pôle Asie est-elle un choix? ça manque à l’IEP!

  2. Allison Allison

    L’idée était de créer l’association en commençant par trois pôles, quelqu’un s’est proposé pour prendre en charge un pôle Amérique latine que nous avons donc ajouté à posteriori. Rien n’exclu d’intégrer un 5ème pôle Asie par la suite, mais pour cette année, nous devons déjà gérer tout cela ! 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *