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Focus sur Réfu’job : une rencontre entre paliens et personnes réfugiées

Tu es perdu au milieu de toutes les associations paliennes ? Aujourd’hui, La Manufacture a décidé de décrypter « Réfu’job ». Un projet ambitieux, des étudiants motivés, des personnes réfugiées en recherche d’emploi, des lettres de motivation et autres curriculum vitae… Réfu’job c’est tout ça et beaucoup plus.

Réfu’job est l’un des projets les plus jeune menés au sein de Sciences Po Lille, créé en 2012 par Aurore Mayard et d’autres 4A d’alors. Après une année de mise en place du projet, de prise de contacts et d’élaboration de la charte ; Réfu’job commence son activité à la rentrée 2013.

 Réfu’Job c’est :

  • 1 équipe sur-motivée
  • 25 étudiants bénévoles
  • 10 personnes réfugiées suivies
  • Plusieurs ateliers de formation
  • Des rendez-vous individuels, plusieurs fois par mois
  • 1 partenariat avec une structure lilloise

Comme l’explique Aurore Mayard, au début de l’aventure Réfu’job, elle a été en contact avec Patrick Denele, responsable de l’antenne lilloise d’Accueil Insertion Rencontre (AIR). Association active dans le domaine du travail social depuis une quarantaine d’années, c’est aujourd’hui la seule plate-forme d’accueil des personnes réfugiées dans le Nord-Pas-de-Calais. Elle œuvre dans l’accompagnement, l’hébergement des demandeurs d’asile, ainsi que dans leurs démarches administratives.

Emballé, Patrick Denele s’est engagé à aider les étudiants porteurs du projet Réfu’job. AIR a fourni les contacts avec les réfugiés, la possibilité d’utiliser gratuitement leurs locaux ainsi qu’une formation au travail social. Désormais en partenariat avec AIR, Réfu’job se consacre à la recherche d’emploi et de formations, au suivi et l’accompagnement professionnel des personnes réfugiées.

Au sein de Sciences Po Lille, Réfu’job innove. Ni humanitaire, ni entrepreneuriat social, Réfu’job est le seul projet à caractère purement social de l’IEP et d’ENACTUS, duquel il dépend.

Pour Camille Le Baron, chef de projet Réfu’job de 2013 à 2014, « l’objectif de Réfu’Job est d’aider à l’intégration des réfugiés dans la communauté lilloise en favorisant la reconnaissance d’un statut qui est souvent méconnu en France ». Les personnes qui demandent le droit d’asile sur l’Hexagone et qui arrivent à l’obtenir sont contraintes de quitter leur pays pour différentes raisons, surtout lorsqu’elles craignent pour leur sécurité.

« Des actions très modestes mais en mesure de faire la différence »

Réfu’job structure son action autour de deux axes principaux : les ateliers de formation et les rendez-vous en trinôme.

Les ateliers sont réalisés par les étudiants. Le premier, sur le droit du travail a été conçu en collaboration avec des étudiants en droit de Lille II. Ouverts à l’ensemble des personnes réfugiées accompagnées, ils permettent de faire un point sur des notions théoriques ou techniques, comme la structure d’une lettre de motivation ou celle d’un CV, sujets du deuxième atelier. D’autres sont prévus au second semestre.

Le trinôme est au cœur de l’action de Réfu’job. Il est composé de deux étudiants et d’une personne réfugiée. Lors de rendez-vous réguliers, environ deux fois par mois, ils fixent des objectifs et font le point sur la situation professionnelle de la personne réfugiée. Les profils étant très divers, les étudiants s’adaptent en fonction des besoins de la personne réfugiée. Il y a une réelle individualisation de l’accompagnement.

Concrètement, les rendez-vous consistent en une mise au point sur les souhaits de la personne réfugiée et une définition de ce qu’elle a envie de travailler. En fonction de cela, le trinôme peut élaborer un plan d’attaque pour améliorer les compétences du réfugié. Alizée Fruleux et Juliette Tronchon, respectivement en deuxième et première année, suivent un ancien footballeur qui souhaite se reconvertir dans la coiffure. Alizée résume leur action : « on aborde avec lui le secteur dans lequel il souhaite travailler, on recherche des centres de formation, on l’aide à la rédaction de son CV et de sa lettre de motivation et on en vient aussi à expliquer les ‘codes sociaux du travail en France’ », en somme, tout ce qui constitue les coutumes, les exigences, comme la ponctualité, ou encore la façon de se présenter en entretien.

C’est en cela que les étudiants aident concrètement les personnes réfugiées, par leur connaissance du fonctionnement du marché du travail français. Les personnes réfugiées viennent souvent de pays avec une culture différente et dans lesquels les codes sociaux et du travail ne sont pas les mêmes. C’est ce qui est confirmé dans les propos de Deborah Buisson, actuelle chef de projet, « nous avons l’habitude des CV, des lettres de motivation, notamment lorsque nous recherchons des petits boulots ou des stages. Aussi, nous connaissons bien la langue française. Nous menons des actions très modestes mais qui sont en mesure de faire la différence».

Enrichissement mutuel et échange humain

Le constat de Deborah Buisson est réaliste : « on ne va pas changer la vie des personnes réfugiées, on le sait bien. En revanche, on se place dans une démarche d’échange et d’enrichissement mutuel : les étudiants découvrent des réalités qui leur sont souvent étrangères, tandis que les personnes accompagnées bénéficient de l’expérience des étudiants. C’est une expérience qui permet l’enrichissement culturel des étudiants». Cela rejoint les propos de Christine Aubourg, présidente d’AIR, pour qui « les étudiants sont un plus dans le parcours des personnes réfugiées ».

La richesse des échanges se dégage de l’expérience Réfu’job. Si on devait trouver un mot pour définir le projet, ce serait le mot « équipe ». Une équipe à multi-niveau, entre les étudiants, entre les structures et Réfu’job et surtout entre les étudiants et les personnes réfugiées. Les étudiants, eux aussi en recherche d’emploi ou de stage, se retrouvent aussi bien « sur un pied d’égalité », selon Deborah Buisson, que dans une position asymétrique, car les personnes réfugiées sont plus âgées. Elles ont souvent une expérience professionnelle très riche. Mais une fois en France, du fait du manque d’équivalences elles doivent recommencer à zéro. C’est le cas de cette femme, originaire de Mongolie et ayant obtenu le statut de réfugiée, qui est aussi bien juriste que diplômée en comptabilité dans son pays, qu’elle a dû quitter. En France, ses diplômes n’ont pas de validité. Elle doit donc revoir ses espérances à la baisse.

Des évaluations d’impact ont été mises en place, basées sur l’évolution des compétences des personnes réfugiées. Pour l’instant, il est encore trop tôt pour évaluer l’impact réel de Réfu’job. Néanmoins, on en retire, selon les témoignages, que l’expérience est plus qu’enrichissante. Pour Victorien, réfugié rwandais : « grâce à Réfu’job, je sais utiliser un ordinateur, mais surtout j’ai été orienté pour trouver un emploi, une formation. Ils nous ont expliqué la différence entre les différents types de contrat, comment faire un CV et une lettre de motivation. Le travail fourni avec Réfu’job est très bénéfique ». Romane, l’étudiante avec qui il était en lien, souligne un autre des aspects de Réfu’job : l’échange humain. « Les rendez-vous individuels sont des moments d’échange très constructifs. L’expérience Réfu’job est très enrichissante du point de vue relationnel, ça permet de rencontrer des personnes avec qui on n’aurait pas l’occasion de parler dans la vie quotidienne ».

L’équipe de Réfu’job a prévu différents évènements. Save the date ! L’occasion d’aller à leur rencontre, d’en apprendre plus sur l’assoc’ et de participer à ce beau projet.

–  Scène ouverte au Macondo, le vendredi 20 février (pour plus d’infos : la page Facebook de l’évènement)

–  Un SciencesPopote à venir

–  Des ventes de gâteaux pour les plus gourmands !

Leur page Facebook : https://www.facebook.com/Refujob?fref=ts

 

Maryam EL HAMOUCHI

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