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Présidentielle 2017 : Il n'est pas trop tard

Philippine Malloggia • 3 Mai 2017

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Christophe Barbier – L’hypocrisie pour… « faire du fric » ?

Mardi 17 Février, République réformiste invitait à Sciences Po Lille Christophe Barbier. Connu pour être « l’homme à l’écharpe rouge » à l’origine de nombreuses controverses, sa carrière de journaliste n’est pas en reste. Actuel directeur de l’Express et chroniqueur sur I-Télé, il est venu répondre aux problématiques que posent les différentes formes de journalisme au sein d’une société pleine de contradictions et en quête d’immédiateté.

L’actualité récente et sa couverture médiatique parfois maladroite,souvent borderline, ont alimenté le débat actuel sur l’immédiateté de l’information pratiquée par les chaînes d’information en continu (BFM TV, I-Télé, LCI). Pour Christophe Barbier, il y a un nécessaire partage de responsabilités entre informateurs et informés.Côté informateurs, en tant que journaliste de « l’intérieur », il insiste sur le fait que ces chaînes, qui se sont dotées d’un média « chaud » avec un système de « Breaking News », ne doivent pas, dans leur volonté de saisir l’information au plus vite, tomber dans l’erreur. Il y a, d’après lui, une réflexion technique et déontologique à avoir sur l’information, et cela passe d’abord – et tout bêtement – par sa vérification. Côté informés, il souligne également la contradiction présente chez les téléspectateurs qui se plaignent de cette immédiateté, mais sont outrés lorsqu’une information arrive avec 10 minutes de retard.

« La neutralité absolue c’est de ne rien penser »

Christophe Barbier est connu pour sa volonté de publier de manière engagée mais non partisane. Là-dessus, il affirme que la « neutralité journalistique n’a jamais existé » et qu’un journal doit répondre à « l’exigence de subjectivité ». D’après lui, la « neutralité absolue, c’est de ne rien penser« , en témoigne d’ailleurs le slogan de l’Express  : « Dire la vérité telle que nous la voyons ».

La vraie neutralité serait donc selon lui de ne pas imposer son point de vue, mais simplement de le donner. Reste alors aux citoyens de se forger leur point de vue en multipliant les sources, ce qu’ils font, à en croire Christophe Barbier, quoi qu’il en soit.

L’hypocrisie justifiée ?

Christophe Barbier semble donc accorder une importance toute particulière à l’arbitrage du lecteur et à la « vérité ». Un arbitrage qu’on pourrait juger orienté lorsqu’on jette un oeil aux unes de l’Express, dont la baisse de langage est visible et la volonté de provoquer réelle. Barbier se défend : les médias n’attisent pas la peur, au contraire, ils auraient des fonctions d’alerte et « peu importe la taille des flammes, il faut crier quand le feu commence ».

Cela justifierait donc les unes chocs comme celle de l’Express en 2006 sur l’immigration et représentant une femme voilée avançant vers la Caisse d’allocations familiales. D’après lui, le lecteur convaincu que l’immigration est un problème achètera le journal et, avec un peu de chance, changera d’avis en lisant l’enquête alimentée de chiffres démontrant que l’immigration apporte finalement beaucoup à la France. Et d’ajouter : « il faut appâter le poisson. Donc on fait l’hypocrite parce qu’il faut être lu. »

L’intérêt avant le principe

Provoquer pour mieux comprendre, chercher l’immédiateté tout en essayant de rester juste, alerter audacieusement…Christophe Barbier semblait sincère dans l’évocation de ces grands principes. Prophète à l’écharpe rouge diront certains, opportuniste rationnel diront d’autres. Mais Christophe Barbier est avant tout directeur de publication. Parodiant Franz-Olivier Giesbert, il admet qu’un journal c’est aussi, « pour faire du fric », le but étant de rester indépendant des actionnaires, quitte à publier des unes relativement aguicheuses et provocatrices. Un point de vue compréhensible mais déontologiquement bancal. La vérité est un besoin. La dire objectivement, une nécessité.


Relire notre article sur Franz-Olivier Giesbert

© Photo : République Réformiste

Certains propos de cet article ont été clarifiés après publication dans le but d’éviter tout malentendu. 

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