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Conférence de Bruno Le Maire : les 5 phrases qu’il fallait retenir

Bruno Le Maire, député de l’Eure et ancien Ministre de l’Agriculture sous Nicolas Sarkozy, répondait lundi 28 septembre à l’invitation de l’Arène de l’IEP, et a ainsi donné une conférence organisée pour les étudiants de Sciences Po Lille. Devant une salle comble, l’homme de quarante-six ans a exposé pendant plus d’une heure sa vision de la France et du monde, insistant sur les thèmes de l’éducation, du renouveau de la classe politique et du contexte international. Cinq phrases ont attiré notre attention.

Sur l’action de la France en Syrie : « Je trouve pathétiques ces bombardements lancés à la dernière minute, (…) c’est trop tard, c’est trop peu »

C’est un sujet sur lequel Bruno Le Maire s’est engagé avec détermination. Favorable à une intervention militaire au sol en Syrie par le biais d’une coalition internationale, l’ancien conseiller du Ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac déplore l’attentisme franco-allemand dans ce dossier. « On n’a pas agi, c’est l’Iran et la Russie qui agissent », explique t-il alors que la Russie a réitéré, au siège des Nations unies, son souhait de mener une coalition internationale contre Daech incluant le dirigeant syrien Bachar Al-Assad. « Il est un des responsables de Daech, il a bombardé sa population et continue à faire semer la terreur », explique quant à lui Bruno Le Maire, qui souhaite d’abord vaincre Daech puis, dans un second temps, réorganiser le pouvoir syrien avec ou sans M. Al-Assad.

Sur l’Europe et les migrants : « Ne pas traiter la cause des départs est une faute majeure, (…) l’Europe portera une lourde responsabilité »

L’autre versant de la crise en Syrie, ce sont ces milliers de migrants arrivant aux portes de l’Europe. Pour le député, si l’Europe est pleinement responsable de cet afflux de migrants, l’accueil de réfugiés ne doit pas être considéré comme une contrainte mais comme un choix. « Les Français doivent se dire que c’est un choix et non le fruit de l’inefficacité des politiques européennes », dit-il, en précisant néanmoins son souhait que les déboutés du droit d’asile ne restent pas en France.

Sur les grandes écoles  : « Je n’ai rien contre les énarques, j’en suis un, mais chacun a sa place »

L’essentiel est de mettre à bas la « France des privilèges » comme l’appelle l’ancien élève de Sciences Po Paris et de l’ENA. Pour Bruno Le Maire, l’accès aux grandes écoles ne doit pas être l’apanage des étudiants des grandes classes préparatoires. « Qu’on ne cloisonne pas entre ceux qui sont en faculté et ceux qui sont dans les grandes classes préparatoires », dit-il. Le député propose que tout diplômé de l’ENA reste dix ans dans la fonction publique avant d’intégrer un grand corps de l’administration, et qu’il soit recruté par un grand corps de l’Etat au lieu qu’un poste lui soit attribué en fonction de son classement.

Sur l’éducation : « Il faut un système éducatif qui garantisse les mêmes chances pour chacun »

La sélection à tout-va, voilà une méthode que le député ne veut plus concevoir. « On ne peut pas sélectionner, trier tout le temps, (…) il faut passer d’une société qui trie à une société qui valorise », explique t-il. Le candidat non déclaré à la primaire du parti Les Républicains (LR) en 2016 souhaite favoriser l’apprentissage tout autant que les filières générales, afin de ne pas reléguer les voies professionnelles à de simples solutions de repli. Le tout dans le cadre d’un nouveau collège, plus diversifié. « Le tout c’est que chacun trouve ce qui lui plaît, (…) c’est un changement de mentalité complet », admet-il.

Sur le renouveau de la classe politique : « On ne peut pas être haut fonctionnaire et ministre, député ou sénateur »

Quoi de mieux que d’avoir soi-même quitté la haute fonction publique pour critiquer ceux qui la couplent avec un rôle politique ? Pour Bruno Le Maire, l’indépendance de la fonction doit être préservée. C’est le choix qu’il a fait en 2012, en démissionnant de son poste de haut fonctionnaire. « Cela donne une liberté et une force intérieure incroyables », dit-il. Dans le cadre de son « renouveau démocratique », le député propose de limiter à trois mandats nationaux successifs les fonctions de député et sénateur. Mais aussi d’organiser un référendum pour la réduction du nombre de mandats et du nombre de parlementaires, ainsi que la démission systématique des hauts fonctionnaires de la fonction publique lorsqu’ils entrent en politique.

Valentin Depret

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