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Grande Synthe, le paradis des écolos dans le Nord !

Tu croyais qu’une ville durable n’était qu’utopie ? Que nenni, l’AMAP (l’Association du Master des Affaires Publiques de l’IEP) nous a emmenés en visiter une, dans l’agglomération de Dunkerque. Petit retour sur la visite d’une ville durable et adorable.

Grande Synthe est une petite commune de 21 000 habitants, dans la communauté urbaine de Dunkerque. La vie n’est pas simple dans cette ville, qui s’était développée grâce à la pétrochimie. Aujourd’hui l’industrie de la région fait défaut : 24 % de la population est au chômage et 30 % des foyers vivent en-dessous du seuil de pauvreté. La ville est d’ailleurs composée à 64 % de logements sociaux (l’obligation légale étant de 25 % aujourd’hui, sous peine d’amendes). Il est bien difficile pour M. le Maire, Damien Carême, de trouver des solutions pour créer des emplois. En tant que vice-président de la communauté urbaine de Dunkerque, il aimerait pourtant « développer les éoliennes en mer, ce qui permettrait une reconversion de l’industrie dunkerquoise ». Complètement démolie en 1944, la ville ne possède pas de patrimoine. Aujourd’hui, « le patrimoine de Grande Synthe », déclare M. le Maire, « c’est l’environnement ».

Des logements sociaux basse consommation à Grande Synthe
Crédits : Sara Terraz, responsable partenariats de l’AMAP

La démocratie participative à l’honneur

Depuis plusieurs années, Grande Synthe est devenue l’exemple de la ville durable dans le Nord. Elue capitale de la biodiversité en 2010, la ville ne cesse d’étonner par ses initiatives. L’AMAP a organisé une visite de cette ville singulière le 1er octobre dernier. M. le Maire et un de ses adjoints nous ont conduits à travers la ville, pour nous expliquer les changements mis en place, les difficultés rencontrées mais aussi la réception des habitants vis-à-vis de ces projets en faveur du développement durable.

En 1973, lorsque le maire n’était autre que le père de Damien Carême, la ville de Grande Synthe a été l’une des premières à mettre en place une démocratie participative, autour de la formation de ZACs (zones d’aménagements concertés) sur la commune. Sous les mandats de Damien Carême, maire depuis 2001, les citoyens ont été sollicités plusieurs fois, notamment pour la création de jardins partagés. L’idée était de rendre l’espace entre les immeubles à la fois utile et agréable. La mairie a donc créé des jardins que les habitants peuvent utiliser pour cultiver des légumes. Deux conditions sont nécessaires à l’attribution d’un jardin : ne pas le laisser en jachère, mais bien s’en occuper, et ne pas utiliser de produits chimiques. Cette initiative permet à des populations modestes d’avoir leurs propres légumes, bios et sains.

Crédits Sara Terraz responsable partenariats de l'AMAP
Crédits : Sara Terraz, responsable partenariats de l’AMAP

Des cantines 100% bio et des poneys en fleurs

La mairie a également consulté les habitants pour l’élaboration du plan des bandes cyclables dans la ville, et plus récemment pour la création d’un nouvel éco-quartier. M. Carême adopte une « approche systémique » du développement durable, en l’intégrant dans tous les domaines touchant à la ville. Désormais, les cantines de Grande Synthe ne servent ainsi que des produits 100% bio. Une réserve naturelle régionale de 157 ha va prochainement être sanctuarisée, ce qui signifie qu’on ne pourra pas toucher à cet espace pendant 99 ans. Et la ville est très verte dans le sens premier du terme : au sein de la ville, de grands espaces sont laissés à la nature, des arbres fruitiers sont plantés dans toute la ville à la place de platanes, et leurs fruits sont à disposition des citoyens. Un verger pédagogique a été créé dès 1990, dans lequel les habitants peuvent cueillir fruits et légumes. De nombreux ronds-points sont également surmontés de magnifiques créations florales représentant des animaux (un paon, une grenouille, un poney…).

Vous l’aurez compris, Grande Synthe est réellement devenue une ville durable, où les habitants participent au changement et l’acceptent avec enthousiasme. Mais la ville reste pauvre. C’est pourquoi la mairie a pris beaucoup d’initiatives pour offrir à ses habitants un cadre de vie agréable, même quand les moyens manquent. Ainsi, des logements sociaux basse consommation, ou logements passifs (qui ont une consommation énergétique extrêmement basse), ont été créés, et l’éco-quartier qui verra bientôt le jour dans la ville sera également composé de logements sociaux.

Crédits : Sara Terraz
Crédits : Sara Terraz

La ville a réellement su intégrer les trois piliers du développement durable (économique, social et environnemental). Le maire précise que « beaucoup de projets ne coûtent pas plus cher que des projets non durables ou écologiques ». Grande Synthe, c’est donc un réel intérêt pour la ville, pour ses habitants, et pour la planète !

Marianne Barret

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