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Déménagement de l’IEP : déjà du retard ?

On nous le fait miroiter depuis une dizaine d’années mais, depuis le temps, le déménagement de l’IEP relevait plus du mythe que de la réalité. Pourtant, depuis décembre dernier et le coup de pioche désormais légendaire de notre ancien directeur Pierre Mathiot, les travaux de rénovation de l’ancienne faculté de Lettres sont officiellement lancés, et la rue Angellier est plus accessible que jamais. La Manufacture fait le point pour vous.

14 décembre 2014 : Pierre Mathiot lance officiellement le chantier de nouvel IEP.
14 décembre 2014 : Pierre Mathiot lance officiellement le chantier du nouvel IEP.

Depuis le fameux coup de pioche, les rumeurs vont bon train quant aux évolutions du chantier, et deux discours s’opposent. Il y a ceux qui maintiennent que la prochaine rentrée aura lieu dans l’ancien quartier latin lillois, loin de la rue de Trévise. M. Lengaigne, par exemple, a vanté aux 1A à la rentrée (ou plus récemment aux parents des 2A lors de la réunion sur la mobilité) l’imminence du déménagement. Et puis il y a ceux qui émettent plus de réserves, sous-entendant que l’amphi A et son confort précaire ont encore de beaux jours devant eux.

Direction tout d’abord rue Angellier pour constater l’avancée des travaux. On est vendredi, il est dix heures et demie et une dizaine d’ouvriers sont au pied d’œuvre. Je m’approche et en appréhende deux d’entre eux afin de leur demander quand est prévue la fin du chantier. « Oulala ! Pas avant seize mois, on a pris du retard, de l’amiante a été retrouvée dans la peinture, il a fallu tout enlever », me répondent-ils. Mais quand le responsable du chantier arrive, il me tient un discours qui n’est plus du tout le même : « Nous n’avons pas de retard, la livraison des locaux aura lieu l’été prochain, comme prévu ». Quant à la question de l’amiante, je n’obtiendrai pour toute réponse qu’un vague : « il n’y a pas d’amiante aujourd’hui dans les locaux ». Oups. Le malaise est palpable, les ouvriers qui venaient de me confirmer des retards ne savent plus vraiment où se mettre, et on me demande gentiment de partir. Bon. Ok.

“Accueillir les étudiants en janvier 2017”

Je commence à me dire qu’avec une telle langue de bois, ça va être difficile d’écrire un papier qui tienne la route. Je crains que l’administration ne soit aussi muette que le responsable du chantier, et qu’on m’envoie à nouveau balader. Mais finalement, je n’ai aucune difficulté à obtenir un rendez-vous avec Jean-François Baton, qui est chargé du relogement de l’IEP. Il me confirme alors ce dont la plupart des étudiants se doutaient déjà : la rentrée prochaine aura encore lieu rue de Trévise, n’en déplaise aux plus optimistes d’entre nous. « Le déménagement se fera pendant les vacances de Noël 2016, pour accueillir les étudiants en janvier 2017 ».

Un avenir de plus en plus proche : Janvier 2017.
Un avenir de plus en plus proche : janvier 2017.

Le déménagement étant initialement prévu à la rentrée 2016, pourquoi ce retard d’un semestre ? Dans les couloirs de l’IEP, beaucoup pensent que ce serait la découverte imprévue d’amiante dans les futurs locaux qui aurait retardé les travaux. La réalité est toutefois un peu différente.

En effet, le désamiantage était prévu depuis le début. Le code de la santé publique l’exige depuis 2006 : « Les propriétaires des immeubles […] doivent rechercher la présence de flocages contenant de l’amiante dans les immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1980. Ils doivent également rechercher la présence de calorifugeages contenant de l’amiante dans les immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 29 juillet 1996 et la présence de faux plafonds contenant de l’amiante dans les immeubles dont le permis de construire a été délivré avant le 1er juillet 1997 ». Bref, l’ancienne faculté de Lettres était concernée. Ainsi, « sans surprise, explique M. Baton, on a retrouvé un peu d’amiante, notamment dans la peinture, c’est normal pour l’époque du bâtiment », construit en 1890.

En revanche, ce qui n’était pas prévu, c’est qu’un deuxième diagnostic d’amiante serait demandé par l’entreprise de gros œuvre qui gère le chantier, Rabot Dutilleul Construction. « Toute entreprise qui intervient sur le chantier peut demander, de droit, un nouveau diagnostic amiante. C’est ce qui a été fait, mais ils n’ont pas retrouvé plus d’amiante que ce que le premier diagnostic avait décelé » et, finalement, c’est cette demande d’un deuxième diagnostic qui est à l’origine du retard.

Une nouvelle bibliothèque pour les partiels du premier semestre ?

Les plus âgés des paliens n'y croyaient plus, mais les travaux sont bel et bien en cours.
Les plus âgés des paliens n’y croyaient plus, mais les travaux sont bel et bien en cours.

Alors que tout devait être terminé à l’été, avec une livraison des bâtiments en juillet, la fin des travaux est désormais reportée de quelques mois, si bien que le nouvel IEP ne sera prêt qu’au mois de septembre ou d’octobre. Mais on imagine mal l’administration octroyer aux étudiants quinze jours de vacances (le temps nécessaire pour déménager de la rue de Trévise vers la rue Angellier) quelques semaines seulement après la rentrée. Le déménagement a donc été décalé aux vacances de Noël. Les paliens auront la joie de découvrir les nouveaux locaux pour plancher sur les partiels du premier semestre…

Quant à la nouvelle bibliothèque de l’autre côté de la rue, là aussi, il y a du retard. « On a raté le coche dès le début, lors de l’étape de conception par les architectes », explique M. Baton. L’appel d’offre est encore en train d’être finalisé, mais les travaux vont bientôt pouvoir commencer, l’idée étant que les deux chantiers (IEP et bibliothèque) soient bien coordonnés, pour que tout soit livré au même moment.

Désormais, seuls les aléas du chantier sont susceptibles de retarder encore les travaux, mais ça, rappelle M. Baton, « on ne le maîtrise pas ».

Valentine Graveleau

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