Skip to content
Slider

Carnet de 3A – Northeastern Illinois University : l’université arc-en-ciel

Petite université du nord de Chicago (c’est relatif), Northeastern Illinois University a fait de la diversité sa spécialité. Sur son blog Black America, Etienne Lwamba relate ses débuts de 3A et son premier mois d’immersion au sein d’une université unie dans sa diversité.

Etienne Lwamba, depuis Chicago (Etats-Unis)

Cheap mais chic

Northeastern est ce qu’on appelle ici une  « petite université » avec ses quelques 12 000 étudiants bien loin des énormes campus qu’on voit dans les séries ou les universités les plus prestigieuses. Elle séduit d’abord par ses frais de scolarité bien moins élevés que dans les autres universités de la ville en avoisinant les 20 000 $, ce qui reste bien moins cher qu’il n’y paraît aux Etats-Unis. Certes son principal campus se trouve à 45 minutes du centre mais elle dispose de nombreuses antennes un peu partout autour de Chicago. Elle ne dispose d’ailleurs pas non plus des masters les plus prestigieux bien que la qualité des enseignements ne soit pas à remettre en cause avec ses 80 diplômes niveaux Graduate et Undergraduate. Mais dans ce cas, qu’est-ce qui fait la force de Northeastern ? Créée en 1867, Northeastern est restée une jeune université en s’appuyant sur sa meilleure force vive : les étudiants. En effet on compte de nombreuses associations et clubs en tous genres animés par les étudiants eux-mêmes allant d’une chaîne radio, avec WZRD, à un club de cuisine, en passant par les associations sportives ou la dizaine de sororités et fraternités. Northeastern mise donc sur ses étudiants pour garantir son prestige et ils le lui rendent bien.

A l’école de la diversité

La diversité, c’est l’atout majeur de cette université. Une diversité qui se décline à toutes les échelles : une diversité culturelle tout d’abord avec une centaine de pays représentés par les différents étudiants internationaux qui arborent ses couloirs. Marcher dans les couloirs de Northeastern, c’est se trouver au croisement de multiples lignes d’horizon : au-delà d’un large dégradé de couleurs de peau, c’est par la langue que la diversité est la plus visible, l’anglais devenant finalement une langue commune qui fait la liaison entre des idiomes bien différents. Il n’est donc pas étonnant d’entendre parler portugais, espagnol, arabe, français ou encore polonais dans les différents espaces peuplés par les étudiants.

Il s’agit aussi d’une diversité de genres avec à peu près autant d’hommes que de femmes dans un rapport de 43 à 57 %. Elle se retrouve d’ailleurs dans les nombreuses associations centrée autour des différents débats sur le genre comme les associations féministes ou LGBT. Cette mise en avant de l’ouverture permet alors une plus libre expression des orientations sexuelles et il n’est plus surprenant d’être abordé pour le soutien du mariage homosexuel dans certains Etats, d’être accueilli par un transsexuel au sein d’une administration ou simplement de parler d’orientations sexuelles diverses sans tabou.

C’est enfin une université basée sur la diversité générationnelle avec l’une des moyennes d’âge les plus élevées du pays à 27 ans. Aller en cours à Northeastern, c’est parfois se trouver assis à côté d’un étudiant qui a l’âge de tes parents et lui parler d’un temps que les plus de vingt ans ne sont pas censés connaître… C’est donc par sa déclinaison large du terme de diversité que Northeastern Illinois University peut se vanter d’être l’université la plus ouverte des Etats-Unis.

« Countries and States inside the United States »

Comme l’histoire d’un pays n’est jamais mieux racontée que par ses habitants, cette université n’est jamais mieux décrite que par ses étudiants qui semblent unanimes quant à l’avantage de cette ouverture culturelle et générationnelle où chacun semble trouver son compte. Pour Helena, étudiante d’origine mexicaine, c’est le contraste avec l’Amérique actuelle qui est le plus intéressant : « There is a kind of racism from the white people who is up in the power, so it is great to see the other side where you can see literally students from each country » (« Il y a un certain racisme qui émane des blancs au pouvoir, alors c’est génial de se trouver de l’autre côté, de rencontrer littéralement des étudiants de tous les pays »). Pour Scott, fraîchement arrivé de Corée du Sud, c’est par le contact avec des cultures différentes qu’on en apprend le plus sur sa propre culture et le monde qui nous entoure : « I think it is a great chance to learn many different cultures ! Also, interesting thing is that even though we lived in totally different environments, we do have similar feelings and attitudes » (« Je pense que c’est une vraie chance d’apprendre de plusieurs cultures différentes ! Aussi, c’est intéressant de constater que, bien que nous ayons vécu dans des environnements complètement différents, nous partageons les mêmes sentiments et attitudes »).

Jocelyn, qui étudie à Northeastern depuis plusieurs années, apprécie l’esprit de communauté qui y règne au quotidien : « We are a very accepting university whether it be religiously, gender based, or sexual orientation. People who have to pray during school have special rooms, people with disabilities can work and be normal: it’s a great community » (« Nous sommes une université très tolérante, qu’il s’agisse de religion, de genre ou d’orientation sexuelle. Ceux qui doivent prier pendant les journées de cours ont des salles spéciales, ceux qui sont handicapés peuvent travailler et vivre normalement : c’est une communauté incroyable »). Katarina, étudiante internationale allemande, relève qu’au-delà de la diversité affichée et revendiquée par cette école, il ne faut pas oublier la qualité des enseignements proposés aux étudiants. « I think most of the students at NEIU have an immigrant background and I also see how peaceful and respectful everybody gets along with each other. I was also surprised by how large the course offered at the university is and to be honest, I didn’t expect such a level in the courses » (« Je pense que la plupart des étudiants de NEIU viennent de familles immigrées et je remarque à quel point tout le monde s’entend bien, de manière pacifique et respectueuse. J’étais aussi surprise du nombre d’enseignements proposés par l’université et, pour être honnête, je ne m’attendais pas à un tel niveau dans les cours »). C’est par cet esprit de communauté et d’enrichissement commun que Northeastern est si spécial.

Arrêt à la frontière ?

La diversité de l’université se retrouve jusque dans ses cours où tous les thèmes sont abordés : on peut alors très bien prendre un cours sur les Gender Studies, l’étude du racisme en philosophie ou les violences faites aux femmes… Cependant, si pour certains cette diversité est l’atout de cette université, d’autres y voient quelques limites. Morgan, étudiant français en échange, relève dans certains cas une tendance au communautarisme entre les différentes palettes composant la population de cette université. « Cette diversité est une bonne chose, même si je trouve ça dommage que ce soit aussi sectaire. Finalement les gens viennent de plein d’horizons différents mais tendent à rester en communauté ». Il se dit également étonné par certains thèmes d’étude qui ne se présenteraient pas de la même façon dans son pays d’origine : « Un des cours de psycho disponible s’intitule « latino psychology », en France on ne pourrait pas se permettre une étude de ce genre ». Il s’agit alors de trouver le juste équilibre afin que le melting pot ne devienne pas salad bowl et que Northeastern puisse continuer de compter sur sa différence pour fonder son unité.

Retrouvez tous les articles de notre rubrique Carnets de 3A sur notre page Facebook !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *