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Le LOSC féminin : avec un « elles » comme Lille

Elles auront attendu, mais ça y est. Soixante-et-onze ans après la création du LOSC, les footballeuses lilloises sont enfin mises à l’honneur et inaugurent, cette année, la branche féminine du club Dogue. Devenant le huitième club de l’élite française à ouvrir sa section féminine (après Lyon en 1970, Guingamp en 1973, Saint-Étienne en 1977, Toulouse en 1980, Montpellier en 1990, Paris en 1991 et Marseille en 2011, ndlr), le LOSC tourne une page décisive dans son histoire et dans celle d’un football féminin plus que jamais en expansion en France.

Désormais, le LOSC se conjugue aussi au féminin. Un petit pas pour la femme mais un grand pas pour son sport. C’est l’un des plus grands clubs français qui a ouvert, en juillet dernier, sa section féminine, tournant ainsi une page nouvelle de son histoire. Comme pour l’équipe des hommes, la naissance provient d’une fusion, un peu particulière celle-ci puisque pour créer sa section féminine, le LOSC a tout simplement « avalé » un club de la Ligue Nord-Pas-De-Calais, le FF Templemars-Vendeville. L’organigramme, les quelques 130 licenciées des différentes catégories d’âge, les joueuses : toute la base du LOSC reprend celle de l’ancien club de Templemars, à l’exception que celui-ci dispose désormais de l’identité visuelle mais surtout des moyens d’un des clubs les plus puissants de Ligue 1 (5e budget de France avec 70 millions d’euros pour la saison 2015-2016, ndlr). « L’effet de cette fusion s’est ressenti très rapidement », confiait l’entraineur Jérémie Descamps à Cœurs de foot. « Dans un premier temps avec l’image renvoyée à travers toute la communication qui a été mise en place, et dans un deuxième temps avec la possibilité de développer nos structures d’entraînements, qui sont excellentes ».

La fusion avec le FF Templemars permet également au tout nouveau LOSC féminin de faire sa rentrée footballistique en deuxième division, plutôt que de partir de zéro. Un facteur qui prend tout son sens dans la mesure où les ambitions du club ont été immédiatement affichées : faire du LOSC, à l’instar de l’équipe masculine, une valeur sûre du football féminin. Comme Paris, Lyon, Montpellier, Saint-Étienne ou Guingamp, Lille a créé sa section féminine avec l’idée à court terme que ses deux équipes tutoient l’élite du football national. Mais il n’est pas question de précipiter les choses : le club, tout juste créé, ne veut pas brûler les étapes, et assurer tranquillement son ascension puis son maintien en division d’ici deux à trois ans : « Cette année l’objectif sera de conforter notre place en Division 2, puis assez rapidement de monter en Division 1 pour avoir nos deux équipes au plus haut niveau », déclarait le président du LOSC Michel Seydoux. Et pour le moment, les objectifs sont remplis : cinquième de son groupe après sept rencontres (3 victoires, 1 nul, 3 défaites), le LOSC réalise un début de saison, et d’histoire, plus qu’honorable.

Surfer sur la vague

Un président qui n’a par ailleurs pas manqué de souligner l’importance de la création de cette section féminine : « Qu’il y ait une équipe féminine au LOSC est quelque chose qui me paraissait important et aujourd’hui, c’est chose faite ». « Important » et « aujourd’hui », le président a bien choisi ses mots. Car avant 2011 et la performance remarquée des Bleues au mondial allemand, peu de monde avait grand chose à foutre du foot féminin. Mais aujourd’hui, avec un intérêt de plus en plus grand porté à une équipe de France féminine qui sait briller lors des grands rendez-vous, la hype est devenue inévitable. « L’intérêt pour le foot féminin a grandi en proportion à la déception vis-à-vis des garçons », constate l’entraîneur de la section féminine de l’OL Gérard Prêcheur (Sport & Vie, n°150). « Il y a eu une sorte de transfert affectif, répercuté par l’augmentation considérable de licenciées dans les catégories des moins de 8 aux moins de 13 ans ». Comme le handball sous l’influence des « Experts », le football féminin est en train de connaître en France un véritable tournant que les clubs sont bien inspirés d’exploiter.

L’histoire l’a parfois prouvé, le développement du sport féminin suit avec quelques trains de retard le chemin emprunté par ses aînés masculins. Et le foot semble emprunter la même voie. Sur le terrain, la différence physique amène à un jeu plus technique, plus léché, proche du football pratiqué dans les années 70-80 par les hommes. En dehors, le foot féminin profite d’une médiatisation de plus en plus accrue, des pages qui sont consacrées à la Division 1 dans les journaux sportifs à des Unes dans L’Équipe à l’occasion de la dernière Coupe du Monde, qui a eu lieu cet été. Certaines joueuses accèdent également à une véritable notoriété : les joueuses américaines (notamment les plus renommées comme Hope Solo, Alex Morgan ou Abby Wambach), championnes du monde en titre, bien plus reconnues en leurs terres que l’équipe masculine de soccer, ou certaines joueuses françaises dont le nom et le visage sont désormais entrés dans le paysage médiatique et dans les têtes (Laure Boulleau, Eugenie Le Sommer ou Amandine Henry sont des exemples parmi d’autres).

En France, l’apport du Paris Saint-Germain et de sa manne financière inégalée apporte une nouvelle compétitivité sportive, mais aussi de nouveaux moyens et de nouveaux phénomènes au football féminin que les hommes ont connus il y a déjà quelques temps, notamment concernant les transferts. Cet été, le record du plus gros transfert du foot féminin français a été battu, non pas par le PSG mais par Lyon, qui a déboursé 100 000 euros pour s’offrir la dénommée Griedge Mbock. Ça reste 940 fois moins cher que Cristiano Ronaldo, mais c’est un bon début.

Alexandre Aflalo

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