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Kid Wise, les terribles enfants sages

Après ce difficile weekend, rien de tel que de se changer les idées. Du 16 au 20 novembre, le festival Le père Noël est-il un Rocker ? s’est déroulé à Lille. Le principe ? Pour une place de concert achetée, un jouet est distribué à un enfant défavorisé de la métropole lilloise. Dans le cadre de ce festival, les talentueux membres du groupe Kid Wise se sont confiés à la Manufacture lors d’une petite entrevue. Rencontre avec ces « Kids », qui n’ont pas fini de grandir et de faire parler d’eux.

« Ceci est un message aux responsables de cette ignominie : on ne va pas s’arrêter de vivre, on ne va pas s’arrêter de faire des concerts. On ne s’arrêtera jamais ». Les cordes du violon se mettent à vibrer, le clavier retentit, les basses et la guitare nous envoûtent. La voix d’Augustin (chanteur et claviériste du groupe) s’élève, et on se laisse emporter, les sens se perdent. A la fois euphorique et poétique, rempli de rage mais aussi de douceur, puissant tout en étant léger, Kid Wise, c’est un instant d’harmonie, hybride et audacieux. Les six Toulousains (Augustin Charnet au chant et au clavier, Clément Libes au violon, Léo Faubert à la batterie, Théophile Antolinos et Vincent Dinis à la guitare, Anthony Leliard à la basse) nous entraînent dans un périple qui passe  d’une « invitation à la pensée psychédélique », à des moments beaucoup plus pop, dans lesquels on ne peut se retenir de danser et de planer. L’énergie qu’ils dégagent est contagieuse et, malgré leur jeune âge, la maturité musicale ne fait aucun doute.

Moins d’une heure avant, je les rencontrais dans leur loge. L’ambiance est décontractée, le saucisson et le vin trônent sur la table basse. Certains sont affalés sur le canapé, d’autres dans leur monde, à regarder des vidéos sur internet. On rigole, on se taquine, une joyeuse bande de potes, entre deux âges, pas tout à fait adulte, et loin d’être totalement enfant. Une chose est sûre, leur succès croissant ne leur monte pas à la tête. C’est sur un petit air de guitare que l’interview commence.

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Crédits photos : Le père Noël est-il un Rocker ?

La Manufacture : Racontez-nous l’histoire de Kid Wise. Comment ce groupe est-il né ?

Augustin : Au départ c’était un projet solo. J’ai commencé en 2012 dans mon coin, c’était un peu plus dans l’électronique, et je faisais ça sans ambition. J’ai voulu enregistrer un premier album « La Sagesse », il a donc fallu que je m’entoure de musiciens, qui sont tous des amis. Puis ça a bien marché, maintenant on continue sans trop se poser de questions.

Avez-vous des influences, des modèles ? Comment qualifieriez-vous votre musique ?

Vincent : De toute façon dès que je prends la parole les autres me jettent des pierres… Mais pour ma part, je dirais The Edge, le guitariste de U2 (soupir général de la part des autres), mais aussi Django Reinhardt. Et puis Elvis Presley pour la danse (rires).
Augustin : C’est assez difficile de donner un modèle, nous sommes tous différents, avec des influences éclectiques. Ce qui est important de préciser, c’est que nous faisons de la pop progressive. C’est un mélange entre la pop, qui, par définition est populaire, au format court, et quelque chose de plus progressif, à la Pink Floyd. Finalement, on a envie de relier ces deux mondes : faire du progressif sous un format pop qui parle à tout le monde, et ne pas rester dans un univers trop fermé et perché dans sa bulle.

Quand on voit vos différents clips on se rend compte qu’une attention particulière est donnée à l’aspect visuel. Votre musique est-elle indissociable de l’image ?

Augustin : En effet, c’est beaucoup plus important aujourd’hui. Avec internet, les blogs, les photos, on peut mélanger de nombreux objets artistiques, c’est une bonne opportunité. C’est donc avec soin que l’on choisit les personnes qui s’occupent des clips et des artworks. On leur laisse carte blanche, une liberté artistique totale.

Entretenez-vous ainsi un rapport particulier avec le cinéma ?

Augustin : Xavier Dolan est un cinéaste que nous apprécions tous beaucoup, qui possède un univers qui nous parle. Sinon, un truc qui nous plairait bien, c’est composer des bandes-son de films. On a commencé récemment avec un court métrage, et on aimerait bien continuer dans ce domaine.

Quels sont vos projets, rêves, ambitions ?

Augustin : On est tous sur plein de projets différents. Par exemple, Clément est sur six projets à la fois, on cherche vraiment à en faire le plus possible. En commun, on a notamment After Marianne. On aime également faire des collaborations, comme on a pu le faire avec Disiz, Hyphen Hyphen (dont on vous a déjà parlé ici) et Son Lux, pour des remix. D’autres sont à venir mais on n’en dit pas plus pour l’instant !
Léo : On a aussi plein de rêves en tête, faire des beaux festivals, un joli nouvel album…
Augustin : On avance par étapes, on ne se projette pas trop. Pour le moment, le seul rêve qu’on a, c’est que ça ne s’arrête jamais.

Pourquoi L’Innocence (titre de leur dernier album sorti le 2 mars 2015) ?

C’est surtout dû à la manière dont on a construit l’album. Avec HOPE, on a commencé à avoir plus de visibilité, et de pression aussi. Du coup, quand on a composé l’album au départ, on a cherché à faire le buzz, tout le monde nous disait que ça ne marcherait pas autrement. Chacun a fait des maquettes de son coté, mais ça n’a rien rendu, c’était nul, on sentait l’aspect commercial mais il n’y avait rien à l’intérieur. Au final on a tout recommencé, avec innocence, en cherchant simplement à faire la musique qu’on aime, pour nous, quelque chose qui nous parle et qui est spontané. C’est L’Innocence parce que, quand on fait de la musique, on est comme des gamins qui découvrent le monde pour la première fois. Et on en a besoin.

Passons aux anecdotes maintenant. Quel est le pire, et le meilleur souvenir que vous avez pu avoir sur scène ?

Le pire souvenir, c’était Garorock en 2014. Il était prévu qu’on passe le samedi soir sur la grande scène à 22h, il y avait des grandes têtes d’affiche, le truc de dingue. Un quart d’heure avant, le concert a été annulé parce qu’il y a eu une alerte de la préfecture qui prévoyait un orage violent. On a passé la soirée dans un bistrot à Marmande à se dire « les gars, là dans 10 minutes on devrait être en train de passer », et terminer ça à l’Ibis, sachant qu’au final il n’y a même pas eu d’orage. Le bad.
Le meilleur souvenir, sans hésiter, c’était le Montreux Jazz festival qui est un des meilleurs festivals de rock, en Suisse. On a pu jouer sur scène avec Foals qui est un groupe qu’on adore, on logeait dans un hôtel 5 étoiles et on a fait la fête avec eux, c’était dingue.

Qu’est-ce que cela représente pour vous de jouer ici ce soir en raison des évènements survenus il y a trois jours ?  La musique a un rôle à jouer selon vous ?

Théophile : C’est vraiment symbolique de jouer ce soir. D’ailleurs je suis un peu déçu, j’ai cherché un disquaire pour trouver un t-shirt des Eagles of Death Metal et le mettre pour jouer, mais j’ai rien trouvé.
Augustin : On va jouer pour ça. C’est la première fois qu’on remonte sur scène depuis les évènements, et ça a une signification particulière. Cette attaque, c’est aussi une attaque à la culture. On se sent investis d’un rôle différent maintenant, pas seulement lié à l’amusement. Le Bataclan a été attaqué car considéré comme satanique, perverti. Eh bien nous, dans ce cas, on est fier d’être pervertis, on sera pervertis jusqu’à la moelle. On jouera jusqu’au bout, et très fort, pour donner un peu d’air.

En assistant à leur prestation, on ne peut que les croire. Quand « Hope » retentit dans le Splendid, que les mains se lèvent, et que la foule, comme un seul homme, chante le refrain en sautant avec effervescence, on se sent imbattable. Non, les Kids ne s’arrêteront jamais, et non, ils ne se laisseront pas faire. C’est beau, et ça fait du bien. On en ressort le baume au cœur et rempli d’espoir. Plus que jamais le vers de Paul Valéry prend toute sa signification : « Le vent se lève !… il faut tenter de vivre ! ». Merci, Kid Wise.

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Propos recueillis par Mathilde Hochard

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