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« Au CA, on veut tenir une position de raison ». Interview CA #2 : liste Paliens Engagés

La Manufacture a rencontré Aurélie Joly, tête de liste « Paliens Engagés ». Etudiante en 5A en Master Affaires Européennes, et candidate au sein de la liste des « Affranchis » l’an passé, Aurélie se présente cette année au nom d’une liste apolitique. Les « Paliens Engagés » cherchent à mettre en avant des idées nouvelles, non partisanes, et tiennent à faire remonter les préoccupations spécifiques à chaque promo, du classement pour l’année de mobilité à l’insertion professionnelle en passant par une meilleure information lors du choix des masters.


La Manufacture : Bonjour Aurélie, avant de parler « idées » parlons « personnes » : pourquoi te présenter comme tête de liste « Paliens Engagés » pour les élections au Conseil d’Administration ?

Aurélie Joly : Cela vient d’une envie de représenter les étudiants de façon générale. J’étais déjà dans une liste l’an passé : cela m’a permis de voir comment fonctionnait le système de campagne, et en même temps d’envisager quelles étaient les diverses modifications qu’on pouvait apporter à la vie scolaire au sein de l’IEP. C’est ce qu’on voit encore à l’heure actuelle : on a un programme qui est très long, et c’est justement parce qu’on y retrouve cette envie de modifier les petits détails qui ennuient, ou bien alors confirmer ce qui fait plaisir aux étudiants, par exemple le soutien au BDE.

La liste « Paliens Engagés », c’est qui, c’est quoi ?

La liste « Paliens Engagés », dans l’ensemble, ce sont des gens de pratiquement toutes les promos, excepté les 3A, mais cela nous semblait moins justifié dans le sens où aucun n’aurait pu siéger. Sinon, on a de toutes les promos : des 2A, des 1A, le troisième de liste est un 4A, et moi qui suis en 5A. Il y a une véritable envie de représenter tous les panels de la promo. La liste vient d’être créée, c’est la raison pour laquelle on a rassemblé à la fois des gens qui ont l’expérience de la campagne pour le CA, et des gens qui ne l’ont pas. On voulait présenter de nouvelles personnes pour apporter un peu de nouveauté, car souvent on revoit les mêmes têtes, encore et encore, et ça se voit beaucoup sur les autres listes. Nous, on est dans l’idée d’apporter un peu de fraicheur, des idées nouvelles…

Parmi les membres de la liste, est-ce que certains siégeaient déjà au CA l’an passé ?

Non, aucun des membres de notre liste n’étaient élus l’année dernière, mais il y en a qui faisaient partie d’une liste, comme moi. On a été consultés sur quelques points, ce qui nous a permis d’avoir un aperçu de l’après-campagne et du déroulement du CA en interne, même si aucun de nous ne siégeait. D’un autre côté il y a aussi dans notre liste des gens qui sont totalement nouveaux, notamment des ED : cela nous permet de comprendre comment ça se passe quand on arrive et qu’on essaie de s’intégrer, mais aussi d’apporter une vision nouvelle, car eux avaient tout un tas d’espoirs et une certaine vision de l’IEP. Ils peuvent nous apporter la façon dont ils imaginaient l’école, leurs déceptions, ou ce qui leur fait plaisir à l’intérieur de l’IEP… C’est vraiment une vision ambivalente.

J’imagine que c’est la présence des ED dans votre liste qui vous a poussé à évoquer leur intégration scolaire et la problématique d’un classement plus juste ?

C’est effectivement lié à cela. Ce qu’on a souhaité faire dans notre programme, c’était non pas faire des propositions qui n’émanaient que de nous, mais vraiment « faire remonter ». Par exemple on a consulté les bureaux, ce qui peut paraître tout bête, mais on a été les seuls à le faire ; on a d’ailleurs un membre des bureaux avec nous. On a demandé à chaque personne qui représentait sa promo au sein de la liste de prendre le pouls autour d’elle, de voir ce qui ennuyait les élèves de sa promo ou au contraire ce qui les enchantait, de façon à faire remonter les problèmes et les blocages, mais également les points positifs, car le CA ce n’est pas seulement insister sur ce qui ne va pas, mais aussi montrer ce qui va.

Pour revenir sur le programme général de la liste : quelle est la priorité de la liste « Paliens Engagés », le point le plus important sur lequel vous aimeriez mettre l’accent ?

Je ne pense pas qu’on ait « un » point plus important que les autres, je pense qu’on a « des » points réellement importants par dossier, ce qui est très différent. Il est évident qu’on ne peut pas mettre en relation tous les pans du programme. Par exemple, un point qui me tient à cœur sera l’insertion professionnelle : déclarer les taux d’insertion professionnelle par master, ce qui n’est pas forcément accessible à l’heure actuelle pour ceux qui choisissent leur master. Il est évident pour moi en tant que 5A que cela va un peu plus me tenir à cœur, là où un 2A va plus s’intéresser au classement pour le départ en mobilité. Les ED vont s’intéresser à leur intégration, aux bureaux ; en fait on a tous un point qui nous tient particulièrement à cœur. Et de toute façon, les CA étant orientés, cela nous permet de faire ressortir le point qui nous tient à cœur sur thème abordé. Par exemple le 1er CA sera un CA pour les questions de budget : là, on s’intéressera à faire ressortir LE point budget qui nous tient à cœur, et ainsi de suite.

Pour toi, qu’est-ce qui distingue la liste « Paliens Engagés » des autres listes, qui fait que… 

Qu’on irait plus voter pour nous que pour les autres, c’est ça ? (Rires) Je pense qu’on a deux grandes spécificités : la première, c’est la vision d’ensemble. On a vraiment fait remonter tout ce qu’on entendait. C’est la raison pour laquelle notre programme est peut-être un peu plus complet que celui des autres. Et la seconde, justement par rapport au programme : c’est une vision qui n’est pas partisane. Il n’y a absolument aucun élément de notre programme qui puisse être signalé comme étant de droite, ou bien de gauche, ou bien du centre. C’est totalement non-partisan. Je pense que ça fait partie des deux grandes spécificités de la liste en fait : le caractère vraiment complet du programme, dans lequel on a essayé de rassembler toutes les idées possibles et imaginables sur ce qui peut perturber les étudiants dans leur vie à Sciences Po, et le caractère non partisan. On essaie de réfléchir en termes d’innovation, ou en tout cas de modifications, et non pas sur une logique droite/gauche/centre.

A propos de quelques points plus précis de votre programme, par exemple la question de la césure entre la 4A et la 5A : c’est déjà « autorisé » par l’établissement. Que comptiez-vous faire ?

C’est un point technique. Le fait est que certes, il y a déjà une autorisation de césure. Cela a été acté par un règlement, c’est une simple application de la loi pour l’IEP. C’est plus un point sur lequel on voulait insister de façon technique que quelque chose à « mettre en place », pour la simple et bonne raison qu’on a tous eu dans notre entourage au moins une personne qui a pensé à faire une césure, qui s’est tournée vers l’administration, qui lui a présenté son projet de césure, et à laquelle on a donné une réponse négative. A nouveau, ce sont des idées qui ont été remontées par les étudiants ; cela ne va pas révolutionner le monde, on ne va pas non plus créer un nouveau règlement, mais il s’agit simplement d’acter les choses telles qu’elles ont été prévues, notamment par la loi.

Parlons du CRIT : qu’est-ce que vous voulez faire concrètement ? Qu’est-ce que vous pouvez faire valoir comme argument pour convaincre l’administration de maintenir cet événement ?

Je pense que de toutes façon on va se retrouver dans une situation délicate, car on est dans l’après-affaire Chti Bizuth… Mais il ne faut pas oublier que Sciences Po, c’est aussi un réseau, une entente, et que pour créer cette entente, et donc in fine un réseau, encore faut-il souder les élèves, et le CRIT : qu’est-ce qu’il y a de mieux pour souder les élèves ? Vrai ou faux ? Voilà ! (Rires)

Vous évoquez à la fin de votre programme la « restauration du libre affichage », mais qu’est-ce que vous espérez faire ? On a vu que les revendications des étudiants au dernier CA sur ce point n’ont pas été entendues…

Il ne faut pas oublier qu’on a un certain nombre de membres de la liste « Paliens Engagés » qui ont fait partie du processus visant à parer à une restriction des libertés pour les associations. Une action qui avait été menée consistait à inonder l’administration de fiches, et certains de nos membres y ont participé. On n’est pas seulement dans les idées, on est aussi dans l’action. Je pense à mon 3e de liste, ma 2e liste également, donc Aubin et Camille : les deux ont fait partie de ceux qui sont allés voir l’administration pour signaler leur point de vue. A l’heure actuelle notre position est similaire à celle de Sud sur ce point : nous sommes pour un libre accès aux panneaux d’affichage.

Vous avez relativement peu évoqué dans votre liste les questions de financement, or l’IEP de Lille connaît de gros problèmes de financement. Ne serait-ce pas aussi un point à aborder ?

Cela n’a pas été noté mais oui, on y a réfléchi, car effectivement on a eu des coupes budgétaires. Évidemment on est contre toute hausse des frais de scolarité, pour la simple et bonne raison qu’avoir des frais de scolarité relativement bas, si on fait une comparaison avec Paris par exemple, c’est aussi une fierté lilloise ; cela montre notre ouverture à tous les milieux sociaux. On insiste vraiment là-dessus, et je pense qu’on ne lâchera pas. Mais il faut quand même trouver d’autres sources de financement, et là il faut être extrêmement pragmatique : que peut-on trouver comme autres sources de financement ? Nous avons pensé à la formation continue. Je m’explique : à l’heure actuelle, beaucoup d’universités ou de grandes écoles font ce qu’on appelle des « executive masters », ouverts à des gens qui sont déjà insérés dans la vie professionnelle, et qui veulent se former dans un domaine bien précis. Par exemple, ils pourraient avoir entre trois et six heures de cours par semaine au sein de Sciences Po Lille, et se voir au bout d’un an délivrer un diplôme. Cela va nous bénéficier de deux manières. Premièrement, ce sont des masters qui coûtent extrêmement cher, donc cela représenterait de grosses rentrées d’argent. Ce serait déjà intéressant sur ce plan là à mon avis, on en a vraiment discuté entre nous. Et deuxièmement, cela nous permettrait aussi d’accroitre notre réseau d’anciens : il ne faut pas oublier qu’en termes d’insertion professionnelle, cela reste un élément capital.

Est-ce que cela signifierait que des gens déjà en milieu professionnel vont s’inscrire à des masters de Sciences Po ?

Non, c’est un master qui leur serait vraiment réservé. Ce n’est pas comme s’ils participaient à « nos » masters, ce qui serait totalement en décalage avec la réalité, surtout compte-tenu du nombre de cours, cela n’aurait aucun sens. Insister vraiment sur un point précis leur permettrait d’acquérir une vraie spécialisation, par exemple dans le cadre d’une spécificité de Sciences Po Lille. Notre école a comme spécificité les affaires européennes : les former à un grand sujet des affaires européennes peut être un point de départ.

D’accord, donc il s’agirait d’ouvrir d’autres masters plus spécialisés ?

Spécialisés en matière en formation continue. Ce qui permettrait de rapporter du financement ; car on ne peut pas se contenter d’observer les coupes budgétaires et d’attendre que ça se passe. Ça ne peut pas marcher comme ça. Et par rapport aux autres solutions, quand on y réfléchit, celle-là serait peut-être la plus pragmatique, et celle qui nous porterait le moins préjudice voire qui nous apporterait le plus.

Un dernier point : vous parlez des étudiants salariés boursiers et des absences justifiées. Une petite explicitation ?

On nous l’a demandé, effectivement. On ne l’a pas fait encore car on a interrompu la campagne, mais on va publier un livret explicitant chacune de nos propositions. Sur cette notion d’absences justifiées, il faut savoir que lorsqu’on est étudiant boursier, et qu’en plus on est étudiant salarié, ce qui, honnêtement, ne me paraît pas illogique, on peut aller voir l’administration pour essayer de faire justifier ses absences. Le problème, c’est que l’administration refuse, parce qu’on est à la fois étudiant boursier, et salarié. Même si parfois certains arrivent à le faire « en off », de façon officieuse, notre objectif est qu’il soit écrit noir sur blanc qu’à partir du moment où effectivement on est étudiant salarié, peu importe qu’on soit boursier, ou non, on peut se faire justifier nos absences.

Est-ce que tu voudrais mettre quelque chose en avant par rapport à la liste que l’on n’aurait pas évoqué ?

Je ne pense pas, je pense qu’on a été plutôt exhaustif : notre soutien aux bureaux, mais je l’ai dit plusieurs fois, l’insertion professionnelle…

Ah ! Si : vous parlez à plusieurs endroits du renforcement des langues. Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? Compte tenu des difficultés de financement de l’IEP, on imagine que ce sera difficile de doubler le volume horaire de langues…

Non, et puis je pense que ça passerait mal si on annonçait quelque chose comme ça ! (Rires)

Bien sûr, alors quelle serait l’idée ? Car c’est souvent quelque chose dont les étudiants se plaignent…

La première chose, c’est déjà de faire des groupes qui soient vraiment par niveaux. Ça permettrait d’être beaucoup plus adapté en termes d’enseignement. C’est quelque chose qui m’est revenu de deux 2A, qui m’expliquaient qu’ils ne s’étaient pas sentis dans une classe où tout le monde avait le même niveau, et donc que c’était extrêmement difficile d’enseigner de façon correcte les langues quand à la fois d’un côté certains sont pratiquement bilingues (pour schématiser un peu), et de l’autre certains ont fait des langues de façon lambda…

Un autre élément qui nous est revenu, parce qu’on reste encore ouvert à ce que nous font remonter les étudiants, c’est notamment le fait que la langue choisie pour le concours nous soit directement attribuée comme LV1. Et donc ça, ça reste aussi un élément qu’on peut prendre en compte. Vraiment, je ne pense pas qu’on soit une liste fermée, on reste une liste ouverte, à partir du moment où les propositions sont un minimum censées et ne nous semblent pas absolument utopistes à réaliser. On est vraiment en consultation permanente. Il n’y a personne dans la liste qui prenne nos décisions pour les autres, toutes les décisions se prennent toujours à l’unanimité. D’ailleurs, tu me demandais ce qu’on peut mettre en avant comme spécificité, et ça c’est quelque chose qu’on mettrait en avant je pense : le fait que toutes nos décisions se prennent tout le temps à l’unanimité. Peu importe le sujet, que ce soit l’insertion professionnelle (qui va un peu plus me concerner moi, donc dans ce cas-là je donne mon avis) ou autre chose, par la suite, tout le monde donne son avis, et on n’acte pas une décision tant qu’elle n’a pas été prise à l’unanimité.

Ça vaut à la fois pour le programme de campagne, pour la campagne elle-même, pour les élections, mais aussi pour après les élections : au moment où on sera dans le CA, on ne sait pas combien seront élus, mais il y aura toujours un retour des autres, ça permet d’avoir à la fois un retour du reste de la liste (parce que c’est un scrutin de liste, il ne faut pas l’oublier), mais aussi un retour des autres promos, ce qui est aussi intéressant, car ils prennent le pouls des gens qui les entourent.

D’autres éléments à ajouter ?

Non, je ne pense pas qu’on ait d’autres grands éléments. Là, tout de suite, notre point essentiel, c’était vraiment s’axer sur le programme, car au final, on sait très bien qu’il y a un vote de personnalité, il ne faut pas se leurrer… Mais le vote sur le programme reste vraiment notre point d’orgue ! Car on estime qu’une fois arrivé au CA, Lengaigne n’aura que faire du caractère populaire ou non de la personne qu’il a en face de lui. Ce qu’il va vouloir, ce sont des propositions qui se tiennent. Voilà, c’est un vote de popularité, mais, une fois au CA, c’est une position de raison qu’il faut tenir, et je pense que c’est là que la problématique va être la plus ardue.

Propos recueillis par Philippine Malloggia

Liste « Paliens Engagés » :

  1. Aurélie Joly (5A)
  2. Camille Jaffrelo (2A)
  3. Aubin Bernard (4A)
  4. Dylan Vloebergh (2A)
  5. Saveria Daniel (2A)
  6. Thys Sipma (1A)
  7. Camille Sebire (1A)
  8. Emmanuel Legrand (1A)
  9. François Bourgois (2A FIFE)

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