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« On aimerait que les élus étudiants puissent porter une vision ». Interview CA #1 : liste Up!

Comme chaque année à la même période, c’est bientôt l’heure de l’élection des représentants étudiants au Conseil d’Administration de Sciences Po Lille. Pour vous aider à comprendre les enjeux et à faire un choix éclairé, la Manufacture vous propose donc, c’est la tradition, des entretiens avec des membres de chaque liste en compétition. On commence avec Up! : issue d’une fusion entre Déclic! et Liste IEP, dont les élus forment la majorité sortante, la liste défend ici son bilan, son programme, et insiste sur son indépendance.


La Manufacture : Bonjour à vous trois et merci d’avoir accepté de participer à cette série d’entretiens CA. Ma première question est aussi la plus simple : est-ce que vous pourriez vous présenter ? Histoire de savoir qui vous êtes, en quelle année, et pourquoi vous avez décidé de participer à cette élection avec la liste Up!…

Lauréline Chrétien : Je m’appelle Lauréline Chrétien et je suis en deuxième année, filière générale. Je suis également membre du BDE et j’ai décidé de me joindre à la liste Up! dans la continuité de mon engagement chez Déclic!, une des deux listes ayant fusionné pour former cette nouvelle liste. A mon sens, Up! est la seule liste qui soit réellement apartisane, la seule qui ait un bilan derrière elle et la seule qui ait des projets solides.

Yannis Makoudi : Je m’appelle Yannis Makoudi et je suis en quatrième année, master APGBC, spécialité MAP (Métiers de l’action publique). Je suis en filière générale et j’étais déjà élu étudiant en deuxième année dans la liste Déclic!. Pourquoi j’ai décidé de me réengager cette année ? Parce que je pense que la liste Up! est la plus en mesure de porter les aspirations des étudiants, de la manière la plus indépendante et réaliste qui soit.

Alexandre Misplon : Je suis pour ma part en troisième année FIFA (filière franco-allemande), aussi en MAP. Je viens de la liste IEP. Pourquoi la liste Up! ? On est partis du principe qu’il y a de nombreux enjeux autour de Sciences Po Lille aujourd’hui. Il y a des enjeux externes avec la création d’un 11ème IEP en 2017 et la refondation complète du modèle Sciences Po Paris ; et il y a des enjeux internes avec la nouvelle direction, le renouveau du corps administratif et professoral, des élus étudiants, des personnalités extérieures, le déménagement, ainsi que le dégel des frais d’inscription. Tout cela nous a inspiré non seulement un projet mais des mesures précises qui en découlent et nous semblent répondre aux attentes des étudiants.

Vous en avez déjà un peu parlé mais comment parleriez-vous de la liste Up! en quelques mots ? Pourquoi cette fusion entre les précédentes listes Déclic! et IEP, pourquoi le changement de nom ?

A.M. : On va commencer sur la fusion. La liste IEP et Déclic! avaient quelques différences par le passé, notamment sur les frais d’inscription en 5A CFI ou sur le Bachelor (voir plus bas). Mais les deux listes ont souvent travaillé ensemble l’an dernier. Que ce soit dans l’organisation des rencontres des candidats à la direction avec les étudiants, ou dans un groupe de travail avec les responsables associatifs de l’IEP (qui a généré 10 propositions pour améliorer l’associatif dans l’école). Entre le travail en commun et les idées qu’on partageait, on a décidé de s’unir autour d’un projet – avec aussi des étudiants en 1A, 2A, non issus d’anciennes listes.
Ce projet s’articule autour de trois axes : premièrement, développer l’identité de Sciences Po Lille, ce qui fait sa différence et sa force. Deuxièmement, améliorer la condition étudiante, pour que le cadre soit à la fois optimal pour nos études et l’engagement associatif. Et troisièmement, nous souhaitons insister sur la professionnalisation.

Y.M. : Pour reprendre très brièvement, je dirais que la fusion s’est faite pour accentuer notre présence au CA. On aimerait que les élus étudiants puissent enfin porter une vision. On sait bien que tout ce nous proposons ne sera pas fait en un an. On a une vision sur 4 ans, et c’est aussi l’idée de cette fusion. Pourquoi 4 ans ? Cela correspond à la durée du mandat de M. Lengaigne à la tête de l’IEP. On s’est rassemblés pour maintenir une continuité dans le projet.

A.M. : Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que sur 30 personnes au CA, les élus étudiants ne disposent que de 9 sièges, moins d’un tiers. C’est pour cela qu’on se rassemble, afin d’avoir un plus grand poids face à l’administration et d’être une vraie force de proposition.

Vous avez déjà été élus étudiants. Qu’est-ce qui va changer selon vous avec la nouvelle direction ? Est-ce que vous pensez qu’elle vous permettra de mieux faire entendre votre voix, sachant qu’on pourrait considérer que les revendications des élus étudiants au CA n’ont pas toujours été beaucoup entendues ?

Y.M. : L’année dernière, Déclic! et Liste IEP ont pu rencontrer les candidats à la direction lors de réunions individuelles. A cette occasion, les deux listes ont pu parler à M. Lengaigne de leurs projets pour les prochaines années. On a eu des retours, on sait que l’ensemble de nos propositions sont réalistes et on connait celles pour lesquelles la direction est favorable. D’autres seront plus difficiles à mettre en place, on sait que pour l’année de césure ça ne sera pas simple. Mais on sait aussi que plus les élus étudiants seront unis sur certains projets, et plus ils auront de voix, plus celle-ci sera entendue.

A.M. : Étant donné que le CA est renouvelé en grande partie, il sera peut-être aussi plus facile de lancer de nouveaux projets et de nouvelles idées. Et on aura clairement notre rôle à jouer.

Déclic! a été la liste majoritaire au CA ces dernières années. Est-ce que vous avez un bilan à défendre ? Est-ce que vous avez quelque chose à présenter aux gens qui ont voté pour vous en 2013, 2014 et une raison à leur donner pour qu’il votent Up! cette année ?

Y.M. : Bien sûr, nous avons absolument un bilan à défendre. Je le résumerais en quelques points, qu’on peut trouver sur notre site. Le premier, c’est notre lutte contre la baisse de dotation versée à l’IEP par l’Etat. Déclic! s’est toujours battu a ce sujet, nous avons même contacté la Voix du Nord pour protester contre la situation. Un deuxième point, c’est le statut d’étudiant salarié, dont j’ai participé à la mise en place en février 2014. Le troisième point, c’est la mise en place de commissions associatives. Ce sont les élus étudiants qui entendent aujourd’hui les associations et qui proposent des subventions, et c’est un système mis en place sous l’impulsion de Déclic! et des autres élus étudiants. Enfin, un dernier point de bilan sur lequel je reviendrais, c’est le groupe inter-associatif auquel Déclic! a pu participer l’année dernière. C’est ce groupe qui a permis de faire entendre les propositions des associations en juin dernier. Ce n’est pas exhaustif, mais voilà des points qui montrent qu’on a mis en place un certain nombre de mesures ces dernières années.

L.C. : Une autre chose que Yannis n’a pas mentionné, c’est qu’à l’époque de l’élection du nouveau directeur, les listes IEP et Déclic! ont mis en place un système pour que les étudiants rencontrent les 5 candidats en lice et puissent leur poser des questions.

Au sujet du statut d’étudiant salarié, on a vu qu’il n’était pas encore très bien défini et que certaines améliorations pouvaient y être apportées – mais concernant la baisse de dotation, qu’est-ce que les élus étudiants au CA peuvent faire à part mettre en lumière le problème ?

Y.M. : À notre échelle, ce n’est pas facile. Mais ce qu’on peut faire par exemple, c’est l’organisation d’évènements comme la journée « IEP mort » d’il y a 3 ans. Les IEP s’étaient mobilisés, les médias avaient été appelés pour que les étudiants montrent leur désaccord avec cette baisse. Nous avons voté contre tous les budgets incluant une baisse de dotation de l’Etat, et nous restons mobilisés.

A.M. : Non seulement on poursuivra cette mobilisation, mais on s’intéressera aussi à la recherche de financements extérieurs, via la fondation Sciences Po Europe par exemple.

Y.M. : Celle-ci a été créée en 2013 avec plusieurs autres IEP, et on voudrait demander à l’administration où on en est. Quel est l’objectif de Lille et des autres avec cette fondation ? Comment aller chercher des financements en France et à l’étranger ? C’est un formidable moyen mais on doit l’utiliser à sa juste valeur.
Dans un autre ordre d’idée, ce sera sans doute difficile à mettre en place mais depuis la loi LRU, les financements privés sont possibles et on pourrait très bien voir apparaître une fondation lilloise de fundraising. C’est quelque chose que nous proposerons à l’administration dès le lendemain de l’élection CA, car il faut vraiment insister sur cette question du financement.

Je souhaiterais maintenant revenir sur le fameux débat sur les panneaux d’affichage qui a fait beaucoup de bruit à l’IEP ces dernières semaines. Est-ce symptomatique d’une direction qui n’est pas à l’écoute des étudiants ? Il y a eu cette pétition signée par plus de 200 personnes, et finalement on a l’impression que la question a été rapidement balayée par la direction…

A.M. : Ce n’est pas aussi simple… La modification des panneaux d’affichage a été faite après un changement des normes sécuritaires. Le souci principal ce n’est pas la disparition des panneaux en liège, et nous pensons que c’est l’occasion de montrer que le système d’affichage était défaillant de toute manière.
C’était vrai hier et ça l’est encore : les affiches ne sont pas toujours affichées en temps et en lieu voulu, elles sont souvent cachées au deuxième étage, masquées parfois par d’autres affiches qui ne sont pas liées aux associations étudiantes.
Nous souhaitons une autonomisation et une responsabilisation des associations étudiantes là-dessus, pour pouvoir gérer nous-mêmes les panneaux d’affichage, enlever les affiches qui n’ont plus besoin d’être là, etc. Mais je ne pense pas que les panneaux en verre soient liés à une volonté de censure de la part de l’administration – il faut juste trouver une autre solution.

Concrètement, est-ce que vous pensez que la direction accepterait vraiment de prêter les clés des panneaux d’affichage à un comité associatif ? Qui s’occuperait des clés ?

A.M. : C’est toute l’importance des élus étudiants qui ressort ici, c’est à eux d’impulser la création de ce genre de comités étudiants. Pour nous c’est tout à fait possible et ça rentre dans une optique de responsabilisation des étudiants, à nous de démontrer qu’on en est capables.

Au-delà de la question de l’affichage, je m’interroge en fait surtout sur le climat global entre l’administration et les associations. Entre ça, les polémiques sur le BDE…

A.M. : C’est pour cela que nous souhaitons ancrer davantage le milieu associatif à Sciences Po Lille, en renforçant notamment le rôle des bureaux. Le BDE doit évoluer, en prenant en charge par exemple l’organisation de tutorats inter-étudiants, en accentuant ses liens avec l’associations des Anciens. Le BDS doit à terme devenir une association sportive qui proposerait de vrais entraînements, ce qui demanderait davantage de moyens et de reconnaissance, et la libération d’une plage horaire complète pour le sport le jeudi après-midi…
Nous devons repenser la vie associative à l’IEP, et c’est pour cela que nous prônons une institutionnalisation qui va bien au-delà des panneaux d’affichage.

Sur un autre sujet, quelle est votre position exacte sur les frais d’inscription ? On sait qu’il seront « dégelés » cette année, vous ne pensez pas qu’une nouvelle augmentation est à craindre ?

Y.M. : Nous proposons d’en rester à un plafond maximum de 3200 euros. Nous voterons contre toute augmentation. Maintenant, il faut bien comprendre qu’il y a environ 24% de boursiers à l’IEP, et 27% de personnes qui paient les frais maximum. Au sein de ces 27%, on note qu’il existe un écart énorme en terme de revenus des parents. Et on veut mettre un terme aux effets de seuil qui peuvent exister.

Vous vous basez sur quels chiffres ici ?

Y.M. : Sur ceux de l’IEP qui nous ont été transmis lors du CA sur le budget. Bref, ce qu’on veut c’est mettre un terme à ces effets de seuil qui sont vraiment problématiques – pour quelques euros de différence, on se retrouve avec 500 euros de frais en plus. On voudrait donc se baser sur le modèle de Sciences Po Bordeaux. Ils ont des frais maximum de 6300 euros, mais on peut le faire avec 3200 euros. Il faudrait mettre en place des tranches intermédiaires, progressives, qui permettraient de s’adapter à tous les revenus.

Mais c’est quelque chose qui risque d’être refusé net par l’administration, parce que techniquement ça veut dire que moins de gens paieraient la tranche des 3200 euros…

Y.M. : Après la dernière réforme des frais d’inscription, l’administration a été étonnée de recevoir un montant bien plus élevé que ce que leur disaient leurs prévisions – et je parle de 40, 50% plus élevé. Cela veut dire qu’on peut très bien diminuer les frais d’inscription sans pour autant mettre en danger le fonctionnement de l’administration.

Maintenant, sur des points précis de votre programme : j’ai vu par exemple que vous souhaitiez mettre l’accent sur l’importance des partenariats internationaux. Seulement, quel poids peut avoir le CA sur l’augmentation du nombre de partenariats ? Vous pouvez dire à l’administration que cela vous tient à coeur, mais est-ce que vous avez vraiment de l’influence là-dessus ?

Y.M. : C’est sûr qu’on n’a pas la plus grande des influences là-dessus. Cela dit c’est un enjeu primordial, de surcroît pour une école qui essaie de développer à l’international. On se demande pourquoi, par exemple, il existe des zones « noires » : l’Asie du Sud-Est, l’Afrique, le Moyen-Orient. On aimerait qu’il y ait plus de partenariats dans ces zones, et on va mettre la pression à la direction des Relations Internationales pour qu’ils développent cet aspect de leur stratégie.

A.M. : De plus notre poids ne se trouve pas uniquement en réunions du CA, on discute avec l’administration hors de ces rendez-vous pour parler de ces choses-là. D’ici la fin de semaine, nous allons envoyer un certain nombre de dossiers sur lesquels nous avons travaillé à M. Lengaigne, nous discutons avec le BDE, le BDS, et c’est quelque chose qu’on avait déjà fait bien en amont. Sur les partenariats, on peut essayer de guider l’administration, d’être le relais des attentes étudiantes au-delà d’une simple présence en réunion CA.

Parlons un peu de la question de la professionnalisation. Vous êtes en faveur de l’instauration d’un Bachelor à Sciences Po Lille, comme ce qui se fait à Paris. Le hic c’est qu’il s’agit d’une mesure que l’on voit souvent dans les programmes, et j’ai l’impression qu’il existe clairement un blocage à ce niveau. Qu’est-ce qui changerait cette année ?

A.M. : Déjà, on souhaiterait voir apparaître un Bachelor, et non une Licence. La différence est importante, d’un point de vue légal il serait impossible pour Sciences Po d’octroyer une Licence sans l’accord de Lille 2 et cela complique énormément les choses.

Je me fais faussement naïf là-dessus, mais pourquoi Lille 2 refuserait l’octroi d’une licence ? Après tout, les étudiants de l’IEP sont techniquement des étudiants de Lille 2…

A.M. : C’est un refus de Lille 2 mais pas seulement, il arrive que l’administration ne partage pas nos vues. Mais l’important déjà c’est qu’on ait ce Bachelor, qui soit un Bachelor Sciences Po Lille et pas un Bachelor Lille 2. Ce ne serait pas tant un diplôme supplémentaire qu’une reconnaissance de Sciences Po Lille, de ce qui fait sa différence et la spécificité de ses enseignements. Parce qu’on constate notamment qu’après 3 années d’études, ce n’est pas toujours lisible pour les employeurs.

Encore une fois, vous pensez que l’administration serait favorable à une telle mesure ?

L.C. : Il est possible qu’elle craigne un départ de certains étudiants après 3 ans, oui. Et c’est pour cette raison qu’il s’agit d’une mesure compliquée à mettre en place. Mais nous pensons qu’il est absolument primordial que les étudiants aient quelque chose après trois ans d’études, quelque chose à montrer sur leur CV et pour leurs stages. Et nous allons nous battre pour défendre cette mesure.

Y.M. : Ici aussi, plus les élus étudiants seront unis sur cette question et plus on a de chances d’être entendus. Si on se présente à deux, ça ne servira à rien. Si on est davantage, les chances de réussite sont plus élevées, surtout avec un projet détaillé comme celui du Bachelor. On sait que cela ne se fera pas en un an, peut-être pas en deux, mais c’est quelque chose d’important sur le long terme.

A.M. : C’est mon opinion personnelle, mais je trouve qu’on touche ici à la vision de ce qu’on veut faire de Sciences Po Lille. Concernant le Bachelor : il y a déjà des gens qui partent de l’IEP avant la fin des 5 ans, on ne va pas se mentir. Et oui, le Bachelor pourrait leur permettre d’avoir une reconnaissance des années qu’ils y ont passé, de payer la taxe d’apprentissage, d’être dans le réseau des anciens. En même temps, cela permet d’attirer de nouveaux profils.
C’est un débat important qu’il faut avoir : est-ce qu’on reste dans l’optique grande école, dont on ne sort qu’avec le diplôme en 5 ans ? Ou est-ce qu’on s’adapte aux enjeux universitaires actuels, aux exigences internationales ? Séparer vraiment le premier et le second cycle d’études à l’IEP nous paraît très important, et il faudrait permettre aux étudiants qui veulent faire autre chose, après trois ans généralistes à Sciences Po Lille, de leur laisser le choix de réaliser leur projet.

Justement, pour revenir sur le côté généraliste des enseignements et la professionnalisation : vous savez que depuis le changement de maquette, les spécialités de chaque master sont mélangées pendant le premier semestre, et c’est un point qui a soulevé beaucoup de critiques des étudiants. Ces critiques ont même été adressées en réunions pédagogiques, mais j’ai vraiment l’impression qu’il existe une grosse divergence de vision avec l’administration sur ce point. Cette dernière considère qu’il est important de conserver des enseignements très généralistes en premier semestre de master, alors que beaucoup d’étudiants aimeraient commencer à se spécialiser…
Du coup, quel est votre position sur la question ?

Y.M. : On est pour une professionnalisation du master qui mettrait totalement de côté le premier cycle généraliste. On est au courant que la transformation des masters ne date que de quelques années. Ce qu’on veut, c’est mettre en place un comité de réflexion entre administrateurs, enseignants et étudiants, pour qu’ils puissent réfléchir ensemble et établir une feuille de route. Dans ce comité, on aurait les élus étudiants mais aussi des étudiants volontaires qui voudraient donner leur avis.
Et on voudrait effectivement donner à terme l’opportunité d’une spécialisation dès le premier semestre de master. Ce serait complexe, mais nous pensons que les conférences de méthode doivent être établies dès le départ par majeure et non pas par master. Quant aux séminaires, nous souhaiterions qu’ils soient ouverts à l’ensemble des majeures. De cette manière, un étudiant en Affaires Publiques qui souhaiterait faire du droit européen pourrait choisir un séminaire a priori plutôt orienté Affaires Européennes, mais pas incohérent avec son parcours. Il n’aurait ainsi pas à attendre le deuxième ou le troisième semestre pour avoir ce type de cours.
On pense que c’est faisable, cela se fait dans d’autres IEP. Le but c’est simplement d’améliorer notre formation, pour que les recruteurs voient que nous avons des compétences. Notre position sur l’alternance est dans le même ordre d’idée : c’est important et logique à mettre en place, c’est déjà fait en CFI, on a la confirmation que ce sera le cas pour les MIC l’année prochaine, et il faut continuer comme ça (notamment dans les majeures MRPP ou CPC).

Quelques dernières questions sur les années de césure et sur les stages. Est-ce que vous ne trouvez pas que la fin du stage obligatoire de 3A est un recul pour la professionalisation des étudiants de l’IEP ? Et est-ce que ça ne va pas dans la même veine que les restrictions très sévères sur les années de césure ?

A.M. : il faut bien savoir que c’est de plus en plus dur d’obtenir un stage après la deuxième, troisième année. C’est ce qui a motivé cette décision de l’administration. Mais on ne peut pas se poser la question de la professionnalisation uniquement à partir d’un stage de plus effectué ou pas en troisième année.
Concernant l’année de césure, le problème principal que la direction rencontre est d’ordre logistique et financier. Or actuellement l’étudiant en césure n’est plus inscrit à l’IEP, donc il n’a pas de convention de stage, il ne paie pas de frais d’inscription. Ce que nous proposons c’est que l’étudiant en césure paie un pourcentage de frais d’inscription, avec un plafond. C’est un système que proposent déjà Sciences Po Rennes et Paris. On définirait également un nombre maximum d’étudiants en césure, ce qui permettrait de tester cette mesure sur un an, deux ans.
Certains étudiants ont envie de se lancer dans un, deux grands stages ou dans des expériences professionnelles longues. L’année de césure permet vraiment à des étudiants de mieux savoir ce qu’ils veulent faire, en plus de remplir leur CV. C’est quand même plus intéressant à faire qu’un petit stage de 3 mois en été.

Comment vous pensez répondre à l’administration, qui considère qu’elle ne dispose pas des moyens ou du personnel pour s’occuper des étudiants en césure ? Parce que l’IEP a sans doute déjà pensé à une solution avec des étudiants qui paient quand même des frais d’inscription…

Y.M : C’est vrai, mais il n’y a jamais eu de test. Il n’y a jamais eu trop de débat avec les élus étudiants ou les étudiants tout court, non plus. Là aussi ça ne se fera pas en un jour, mais nous sommes confiants et nous pensons qu’à terme et avec le déménagement, l’IEP ne dira plus que c’est un problème d’argent, de salles ou de professeurs. On est au courant que les moyens sont limités, mais justement, réfléchissons ensemble à des façons d’améliorer la professionnalisation avec ces moyens.

L.C. : On sait très bien que l’administration sera difficile à convaincre. Il faut prouver à la direction que non, une année de césure ce n’est pas juste pour voyager, trop chère ou trop compliquée à mettre en place.

Merci à vous trois pour vos réponses. Quelques mots pour conclure ?

A.M. : Tout simplement, si les étudiants ont des questions ou des remarques sur notre programme, on est ouverts au débat et on attend leurs retours.

L.C. : Et que quelle que soit la liste pour laquelle ils comptent voter, qu’ils se mobilisent en masse le 26 novembre.

Propos recueillis par Charles Carrot

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