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Occupied – Pourquoi vous allez en finir avec les soirées du jeudi soir

Annonce terrible oui. Terriblement bienvenue. Si vous allez en finir avec les bacchanales habituelles du jeudi soir, c’est parce que vous serez bien trop occupés pour ces futilités. A partir de ces jeudis, vissés au fond de votre canapé le plus informe, vous partez en Norvège. Car la Norvège est en guerre. Une guerre qui ne dit pas son nom. Une guerre couvée, cachée à son peuple par un gouvernement démocratiquement élu. Au nom d’intérêts économiques et géopolitiques, l’Union européenne a abandonné un pays allié à l’envahisseur russe. C’est ce que propose le synopsis alléchant d’Occupied, série norvégienne dont la diffusion a démarré jeudi 19 novembre sur Arte, avec deux épisodes inédits.

Vous avez suivi Frank Underwood dans sa conquête du pouvoir, vous, jeunes étudiants passionnés par un monde inaccessible rendu proche par la caméra. Une si grande proximité avec le monde géopolitique, du temps mondial, de stratégies à l’échelle planétaire : c’est ce qui nous donne envie de regarder Occupied. C’est sa qualité qui nous fait rester et attendre les épisodes suivants avec la sensation de manque d’un accro au chocolat qui vient de finir sa boîte de Ferrero bien trop rapidement.

Un pacte avec le diable

Dans un futur proche, où les catastrophes climatiques se font de plus en plus pressantes, la Norvège a élu son nouveau Premier ministre avec un programme de renoncement à toute utilisation d’énergie fossile. Rappelons qu’aujourd’hui, la Norvège, avec ses gisements dans la mer du Nord, est le troisième exportateur de gaz naturel au monde, et le premier fournisseur de la France. L’industrie pétrolière est la première du pays, et a ainsi rapporté environ 48 milliards d’euros à l’État, soit 30 % de ses recettes totales en 2012.

C’est dire le séisme que provoque cette décision unilatérale. Or, dans la série, l’Europe, par trop dépendante, ne peut accepter cette brusque coupure d’approvisionnement, et conclut donc un pacte avec le diable. Abandonnant la Norvège, pays allié, l’Union européenne laisse alors la Russie intervenir et contrôler par le biais de l’armée le retour de la production norvégienne. C’est ainsi que l’occupation commence.

Nouveau blockbuster d’Arte ?

Nous suivons alors les débuts de cette atteinte à la souveraineté d’un Etat en empruntant le regard d’un journaliste, d’un garde du corps du Premier ministre norvégien, et finalement dudit Premier ministre. Leurs points de vue se croisent, donnant un éclairage pluriel à chaque évènement, dans un faisceau admirable de maîtrise scénaristique. Les personnages sont complexes et les acteurs, dont nous vous passerons les noms imprononçables, parfaits dans leurs rôles. Même le plus froid et neutre d’entre eux, le garde du corps, fait montre d’une profondeur inattendue et bienvenue dans un genre où l’on se concentre trop souvent uniquement sur les seuls personnages de pouvoir (oui c’est toi que je regarde Edward Meechum).

Occupied est donc la nouvelle série blockbuster d’Arte (n’ayons pas peur de l’oxymore), et les deux premiers épisodes apparaissent prometteurs. La tension grandissante à mesure que l’ombre russe s’étend sur le pays est déjà palpable, et l’annonce d’une division entre réalistes résignés et résistants passionnés est attendue.

La possibilité d’un visionnage gratuit et d’une VOST norvégienne est un plaisir indéniable qui nous permet une plongée dans un pays si proche par le mode de vie, et pourtant si mal connu. Je ne sais donc pas ce que vous ferez ce jeudi soir, mais personnellement, je serai les yeux scotchés à mon écran de 15 pouces avec du fårikål et un verre de GlöggFarvel !

Romain Dupont

Les premiers épisodes par là : http://www.arte.tv/magazine/occupied/fr/episodes-01-02-occupied

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